A New York, Meryame Kitir rencontre le tout premier syndicat chez Amazon

En marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, la ministre de la Coopération au développement, Meryame Kitir (Vooruit), a rendu visite, mardi, au tout premier syndicat constitué chez Amazon aux Etats-Unis. En mars 2020, une grève improvisée dans l’entrepôt JFK8 d’Amazon, situé à Staten Island, avait marqué le lancement d’une campagne pour former un syndicat. A la surprise générale, 2.654 travailleurs du dépôt avaient voté, le 1er avril 2022, en faveur de la formation de l’Amazon Labor Union (ALU). 2.131 s’étaient exprimés contre.

Avec plus d’un million d’employés, Amazon est le deuxième employeur privé des Etats-Unis. L’entreprise est depuis un certain temps critiquée en raison des plaintes des travailleurs concernant des conditions de travail pénibles, mais elle a toute de même réussi à maintenir les syndicats à l’écart de ses sites américains pendant un quart de siècle. Aux Etats-Unis, à peine 10% des travailleurs sont syndiqués.

Les médias américains ont donc logiquement qualifié le vote à JFK8 de l’une des plus grandes victoires syndicales depuis des décennies. Mais le chemin des syndicats n’a pas été facile pour autant. Un vote à un autre dépôt de Staten Island a échoué. Amazon a refusé de reconnaître l’ALU et a déposé une série d’objections au vote auprès des autorités du travail, ce qui a incité le syndicat à mener des campagnes de grève dans d’autres dépôts.

Pour l’ancienne représentante syndicale de Ford Genk qu’est Meryame Kitir, il est « très bizarre de constater qu’un syndicat est remis en question (…) J’ai connu le contraire. Le syndicat était présent et cela n’a pas été remis en question. Des solutions collectives étaient proposées afin que personne ne soit laissé de côté », a déclaré la ministre. « Aujourd’hui, je suis ici dans une multinationale où les conditions de travail sont totalement différentes et où il n’y a aucune organisation pour ne serait ce qu’entamer un dialogue social afin d’améliorer les conditions de vie des travailleurs », a-t-elle encore déploré.

Si l’ALU parvient à s’imposer, Amazon sera obligé d’entamer des négociations sur des salaires plus élevés ou de meilleures conditions de travail.