32 pays débloquent 400 milliards de barils de pétrole stratégique
Les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont décidé de libérer 400 millions de barils de pétrole issus de leurs réserves stratégiques. La France dispose d’« un peu plus de 100 millions de barils disponibles », soit 108 jours d’importations nettes, et a proposé de débloquer jusqu’à 14,5 millions de barils.
A situation d’urgence, mesures d’urgence… Les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont décidé, mercredi, de libérer 400 millions de barils de pétrole provenant de leurs réserves stratégiques. Cette mesure exceptionnelles vise à atténuer les tensions sur l’approvisionnement causées par la guerre au Moyen-Orient et par le blocage du détroit d’Ormuz. « Un maximum », a souligné le président français Emmanuel Macron, précisant que ce volume équivaut à environ vingt jours de flux pétrolier habituellement transitant par ce passage stratégique. Annoncée par la presse, cette décision n’a eu qu’un effet limité sur les marchés, avec le Brent et le WTI terminant finalement en hausse.
Cette décision représente le déstockage le plus important jamais réalisé par l’AIE depuis sa création en 1974 suite au premier choc pétrolier. L’organisation, qui comprend 32 pays membres, a pour mission d’assurer la sécurité énergétique mondiale. Chaque État doit détenir des réserves équivalentes à « au moins 90 jours d’importations nettes de pétrole », stockées sous forme de brut ou de produits raffinés tels que l’essence, le gasoil ou le fioul. Ces réserves sont destinées à être utilisées uniquement en cas de crise majeure.
Les stocks stratégiques répondent à un objectif défini : protéger les économies contre les ruptures d’approvisionnement. La consommation mondiale s’élève à environ 100 millions de barils par jour, principalement dans le transport et l’industrie pétrochimique. Dans ce contexte, les pays, en particulier ceux qui ne produisent pas de pétrole, cherchent à disposer d’un filet de sécurité pour « atténuer les impacts économiques négatifs » des perturbations sur le marché, selon l’AIE.
La mise en œuvre d’un tel déstockage repose sur un mécanisme coordonné. « La libération des stocks a deux objectifs : soit répondre à des situations de rupture d’approvisionnement, soit apporter des produits pétroliers sur le marché en période de tension et ainsi avoir un effet de détente des prix », a indiqué Roland Lescure, du ministère français de l’Économie. Concrètement, l’AIE propose un volume total à libérer puis répartit entre les États un quota « en fonction de leur consommation et de leurs réserves », chaque pays décidant ensuite des volumes et des produits qu’il mettra sur le marché.
Les réserves détenues par les membres de l’AIE sont considérables. L’organisation estime à « plus de 1,2 milliard de barils de stocks publics d’urgence » les volumes détenus directement par les États, auxquels s’ajoutent « environ 600 millions de barils » conservés par les industriels sous obligation gouvernementale. Plusieurs pays ont déjà précisé leur contribution : le Royaume-Uni prévoit de libérer 13,5 millions de barils sur les 76,6 millions qu’il détient, tandis que l’Allemagne et l’Italie envisagent de prélever environ 12 % de leurs réserves.
La France dispose pour sa part d’« un peu plus de 100 millions de barils disponibles », soit 108 jours d’importations nettes, selon Roland Lescure, et a proposé de débloquer jusqu’à 14,5 millions de barils. Les États-Unis ont également annoncé qu’ils prélèveraient « un peu » de pétrole sur leurs réserves stratégiques, ce qui « fait baisser les prix », selon Donald Trump.

