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Xiaomi SU7 : les nouveautés pour rivaliser avec la Tesla Model 3

Xiaomi a lancé la SU7 restylée, présentée en conférence de presse à Pékin, deux ans après la première génération de la berline électrique. La nouvelle version inclut un moteur V6s Plus, capable de monter à 22 000 tr/min, avec des puissances allant de 299 à 690 chevaux selon les modèles.

Xiaomi a récemment présenté sa nouvelle voiture électrique, la SU7 restylée. Nous avons eu l’occasion de l’essayer à Pékin. Voici notre premier avis sur cette redoutable concurrente de la Tesla Model 3.
La Xiaomi SU7 édition 2026.
La Xiaomi SU7 édition 2026. // Source : Nicolas Declunder pour Frandroid

Deux ans après avoir bouleversé le marché des berlines électriques en Chine, Xiaomi introduit sa première mise à jour majeure de la SU7. Présentée lors d’une conférence de presse à Pékin, à laquelle nous avons assisté, cette version améliorée ne se limite pas à quelques ajustements esthétiques.

Il s’agit d’une refonte touchant la motorisation, la recharge, la sécurité, la technologie embarquée et même la structure du véhicule. Voici ce qui change réellement, basé sur notre première prise de contact avec cette SU7 restylée dans la région de Pékin.

Un design essentiellement inchangé.

Xiaomi n’a pas voulu révolutionner le design de la SU7, ce qui est compréhensible, car la berline avait déjà une silhouette bien aboutie dès sa sortie. Les changements extérieurs sont subtils. La SU7 restylée s’harmonise avec les standards de la YU7 et conserve également les blocs optiques de la SU7 gen1.

Le changement le plus notable se situe à l’avant : la calandre adopte un nouveau design en forme de U et intègre un radar à ondes millimétriques 4D de 40 mm. Un détail important : le jet haute pression est désormais activé pour nettoyer les caméras avant et arrière du système de vision à 360 degrés. Il n’est plus nécessaire de sortir de la voiture pour les nettoyer.

Côté couleurs, la palette s’enrichit désormais de neuf teintes, dont trois exclusives au lancement : le Coastal Blue, un bleu profond plus élégant que l’Aqua Blue de la première génération, ainsi que le Blazing Red et le Dawn Pink, cette dernière étant partagée avec le YU7.

Les rétroviseurs extérieurs sont désormais disponibles en noir ou en finition carbone pour la version Max. C’est probablement l’élément visuel qui distingue le plus aisément les deux versions. Je me positionne ici entre la nouvelle SU7 en teinte Coastal Blue et l’ancienne en teinte Aqua Blue.

Les jantes évoluent également, avec six designs disponibles en 19 ou 21 pouces. La pièce maîtresse de cette offre est la nouvelle jante forgée à double couche « Blossom », présentée comme un élément haut de gamme inédit dans ce segment.

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Les jantes à double couche Blossom sur la nouvelle SU7 Max. // Source : Nicolas Declunder pour Frandroid

Une autre nouveauté discrète mais pratique est que le coffre avant passe désormais en mode entièrement électrique. Dans la première génération, la trappe se déverrouillait via le panneau de commande, mais l’ouverture et la fermeture restaient manuelles.

Cela appartient désormais au passé et représente un réel atout au quotidien, notamment lorsque vos mains sont pleines ou si votre voiture est garée de manière à rendre le coffre arrière inaccessible, ce qui m’arrive souvent dans les parkings souterrains en Chine.

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Enfin, à l’arrière, la SU7 conserve un aileron qui se déploie automatiquement (en fonction de la vitesse) et inclut une plaque affichant les spécifications du nouveau moteur. Les lumières bleues indiquant l’activation du système de conduite autonome sont désormais présentes. De plus, sur le modèle représenté, la SU7 Max est dotée d’inserts en fibre de carbone pour les diffuseurs arrière (qui sont malheureusement uniquement décoratifs).

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Motorisation : le moteur V6s Plus

C’est l’un des changements les plus importants de cette mise à jour. Les moteurs V6 et V6s de première génération sont désormais remplacés par le nouveau moteur V6s Plus, capable d’atteindre 22 000 tr/min contre 21 000 précédemment.

Cela ne constitue pas un bouleversement, mais la hausse de puissance est uniforme sur toute la gamme. Les versions Standard et Pro passent de 299 à 320 chevaux, tandis que le modèle Max bimoteurs augmente de 673 à 690 chevaux (507 kW).

Le 0 à 100 km/h pour le Max reste autour de 3 secondes, le Pro se fait en 5,7 s et le Standard en 5,28 s. À noter que Xiaomi communique désormais ces chiffres sans le rollout, c’est-à-dire sans l’avance mécanique à basse vitesse, rendant ces données plus honnêtes que celles fournies pour la génération précédente.

Recharge et autonomie : la révolution 800V

C’est sans conteste la mise à jour la plus attendue, et la plus significative d’un point de vue commercial. La première SU7 (Standard et Pro) était limitée à une architecture de 400 volts, un choix conservateur qui la désavantagerait face à ses concurrents, bien que la version Max atteignait 800 volts. La version 2026 change la donne.

Les versions Standard et Pro adoptent une architecture de 752V, tandis que la Max atteint 897V. Concrètement, la Max peut désormais accepter une puissance de charge maximale de 530 kW et récupérer 670 km d’autonomie en seulement 15 minutes (contre 510 km pour la génération précédente).

La recharge de 10 à 80 % ne nécessite que 12 minutes pour la Max, et entre 20 et 21 minutes pour les versions Standard et Pro. C’est acceptable, même si cela reste en deçà de la capacité de charge rapide de BYD.

L’autonomie progresse sur l’ensemble de la gamme. La SU7 Standard gagne 20 km pour atteindre 720 km CLTC (environ 630 km WLTP). La Pro réalise le changement le plus spectaculaire, passant de 830 à 902 km CLTC (de 720 à 790 km WLTP) et la Max, dont le double moteur pèse davantage sur la consommation, progresse de 800 à 835 km CLTC (de 690 à 730 km WLTP). À titre comparatif, Xiaomi propose 15 à 20 % d’autonomie supplémentaire par rapport à une de ses concurrentes directes, la Xpeng P7 Next.

Pour garantir ces performances sur le long terme, Xiaomi a soumis une SU7 Max à un test d’endurance de 24 heures en novembre 2025, durant lequel la berline a parcouru 4 264 km à une vitesse moyenne de 240 km/h, un nouveau record homologué pour une voiture de série, surpassant sa grande sœur la YU7, l’Xpeng P7 et la Porsche Taycan.

Technologie embarquée

C’est l’une des décisions les plus marquantes de cette mise à jour : le LiDAR devient standard sur l’ensemble de la gamme SU7, y compris dans les versions d’entrée de gamme. Dans la première génération, seul le Max en bénéficiait.

Associé au nouveau radar 4D 40 GHz et à des caméras avec revêtements anti-reflets, la SU7 restylée dispose d’une suite de capteurs complète, comparable à celle proposée jusqu’ici uniquement par le YU7.

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La puissance de calcul dédiée à la conduite autonome fait un bond considérable, passant à 700 TOPS pour toute la gamme, contre seulement 84 TOPS pour le Standard et 508 TOPS pour le Pro et Max de première génération. Ce saut est rendu possible grâce à l’adoption de la plateforme NVIDIA DRIVE AGX Thor-U.

Le nouveau système Xiaomi HAD (Hyper Autonomous Driving) remplace l’ancien Xiaomi Pilot Pro. Une puissance de calcul suffisante, mais restant inférieure à celle proposée par NIO et XPENG.

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Bien que le système multimédia soit assuré par le Snapdragon 8 Gen 3, son intégration a été améliorée pour faciliter l’utilisation par les utilisateurs d’iPhones.

Le contrôle vocal extérieur permet désormais de demander à la voiture d’ouvrir le coffre ou de déverrouiller les portes sans toucher le téléphone, ce qui peut s’avérer très pratique au quotidien, même si je ne l’utiliserais pas tous les jours. À l’arrière, on trouve désormais un réfrigérateur et le même écran amovible présent sur la YU7, ce qui est appréciable!

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Sécurité

Xiaomi a considérablement révisé la structure de caisse. L’acier à ultra-haute résistance a progressé de 2 000 à 2 200 MPa dans les zones critiques, couvrant les montants A à C ainsi que les traverses anti-choc avant. Ce niveau de résistance est parmi les plus élevés du segment, partagé (selon Xiaomi) uniquement par Great Wall dans cette catégorie. Au total, l’acier haute résistance représente 90,3 % de la structure totale.

La batterie est dotée d’une traverse anti-accrochage en acier, positionnée comme première surface de contact sur sa face inférieure. Le nombre d’airbags est passé de 7 à 9 avec l’ajout de deux coussins gonflables à l’arrière, pour mieux protéger les passagers de la banquette arrière.

Un sujet particulièrement sensible en Chine, suite à plusieurs accidents médiatisés impliquant des voitures électriques, est les poignées de porte.

Pour aller plus loin
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La SU7 restylée répond directement à ces préoccupations. Elle intègre désormais un mécanisme de déverrouillage mécanique de secours activable par traction forcée, une alimentation de secours indépendante pour les serrures électriques (une à l’avant, une à l’arrière) et un bouton d’urgence rouge clairement visible à l’intérieur de la cabine. Des équipements que la première génération ne possédait tout simplement pas.

Ce qui ne change pas

La silhouette générale reste inchangée : aérodynamique et racée. L’écosystème Xiaomi, l’une des réelles forces du modèle, demeure intact avec sa compatibilité Apple et son ouverture aux accessoires tiers. Les trois déclinaisons, Standard, Pro et Max, sont conservées à l’identique en termes de structure de gamme.

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Notre verdict sur ce premier aperçu

La SU7 restylée n’est pas simplement un lifting : c’est une mise à niveau substantielle qui corrige les lacunes de la première génération sur des points essentiels.

La recharge rapide 800V était une nécessité pour rester compétitif : elle est maintenant intégrée. Le LiDAR rendu standard sur toute la gamme est une affirmation forte. La sécurité renforcée répond à des attentes réelles. Et l’autonomie record sur la Pro repositionne la SU7 comme l’une des berlines les plus endurantes, aux côtés de la Mercedes CLA et de la BMW Série 3 (i3).

Dans un marché chinois qui évolue rapidement, Xiaomi réagit avec efficacité, à peine deux ans après ses débuts. Étant donné les performances et le positionnement, il est probable que cette SU7 2026 présente des avantages certains face à la Xpeng P7 Next, la Mercedes CLA et la future Exeed Terra ES. Zeekr et Avatr ne sont pas à négliger non plus.

Pour aller plus loin
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Rendez-vous dans notre second article pour mon essai sur route entre Pékin et les montagnes du Tangalulu, où nous avons pu tester en conditions réelles la nouvelle SU7 Max. J’aborderai également l’intérieur du véhicule et les nouveaux tarifs, qui restent très compétitifs face à ceux de Tesla, comme nous l’avons vu dans l’article d’annonce. Nous constaterons que le concurrent américain subit une pression sur le rapport qualité/prix.