Votre prochain smartphone milieu de gamme ne sera pas mieux équipé.
Selon les analystes de Counterpoint Research, sur un téléphone équipé de 8 Go de RAM LPDDR5X et de 256 Go en UFS 4.0, ces deux éléments représentaient déjà 14 % et 11 % du coût total de fabrication au premier trimestre. En 2026, il faudra donc se rendre à l’évidence : payer le même prix vous offrira un design vieillot et des composants en retrait, et la situation risque de ne pas s’arranger de sitôt.
L’intelligence artificielle ne se limite plus à la création d’images ou de textes : elle absorbe littéralement les réserves mondiales de mémoire. Face à cette pénurie qui entraîne une hausse des coûts, les fabricants de smartphones préparent une réponse radicale : réutiliser des technologies anciennes pour préserver leurs marges.
Le marché de la technologie connaît une période de turbulences sans précédent. Avec l’essor de l’intelligence artificielle, les entreprises du secteur se précipitent pour acquérir tous les composants de mémoire disponibles. Cette demande a provoqué une augmentation spectaculaire des prix de la RAM et du stockage. D’après les analystes de Counterpoint Research, pour un téléphone doté de 8 Go de RAM LPDDR5X et de 256 Go en UFS 4.0, ces deux composants représentaient 14 % et 11 % du coût total de fabrication au premier trimestre. De plus, ces chiffres pourraient encore grimper de 20 % et 16 % au trimestre suivant.
Cette crise de la DRAM impacte sérieusement les smartphones d’entrée et de milieu de gamme. Pour éviter de dissuader les consommateurs avec des prix exorbitants, les fabricants n’ont d’autre choix que de réduire les coûts. Selon des sources référencées par les leakers Digital Chat Station et Repeater 002 sur le réseau social Weibo, l’industrie se prépare à des compromis significatifs. L’équation devient de plus en plus difficile : un ensemble de mémoire de nouvelle génération (LPDDR6 et UFS 5.0) coûterait maintenant plus cher que le futur processeur Snapdragon 8 Elite Gen 6 Pro. Il est donc nécessaire de simplifier les spécifications techniques.
L’ère des fiches techniques généreuses à prix attractifs touche à sa fin. Les configurations haut de gamme avec 12 Go de RAM devraient disparaître au profit d’options 8 Go / 512 Go sur le milieu de gamme, tandis que l’entrée de gamme devra souvent se limiter à 4 Go. La seule consolation à cette restriction de mémoire est que les développeurs d’applications devront sérieusement optimiser leurs codes. Par ailleurs, face aux coûts élevés du stockage interne, le port MicroSD, avec un tiroir hybride pour la carte SIM, devrait faire son retour pour alléger la facture.
Cependant, les sacrifices esthétiques risquent d’être particulièrement difficiles. Les fuites suggèrent un abandon partiel des écrans ultra-fluides à 120 Hz, remplacés par des dalles de 90 Hz, moins coûteuses à produire. Plus étonnant encore, l’encoche en forme de goutte d’eau, apparue fin 2017 et récemment réservée aux modèles ultra-abordables tels que le Redmi 15C ou le Galaxy A17, va réapparaître sur des appareils beaucoup plus chers, à la place des poinçons discrets.
Les finitions haut de gamme seront également compromises. Les châssis en aluminium laisseront place à des bordures en plastique ou en polycarbonate, assorties de lecteurs d’empreintes digitales optiques qualifiés de « à focale courte ». Ce retour en arrière concernera principalement le segment des smartphones à moins de 500 euros. En 2026, il sera donc clair que payer le même prix entraînera un design désuet et des composants inférieurs, et la situation ne semble pas prête à s’améliorer.

