Volkswagen ne mise plus sur ses technologies maison contre BYD en Chine.
Volkswagen confie l’architecture de toutes ses voitures électriques et hybrides vendues en Chine au constructeur chinois Xpeng d’ici 2030. En 2025, Volkswagen a dégringolé à la troisième place en Chine, dépassé par BYD et Geely, avec une chute des immatriculations de 8 % sur l’année.

Dans l’usine d’Anhui, loin de ses bastions allemands de Wolfsburg, Volkswagen organise silencieusement sa transformation en Chine. L’annonce faite à Reuters cette semaine constitue un tournant capital : d’ici quatre ans, tous les modèles destinés au marché chinois reposeront sur l’architecture CEA, co-développée avec Xpeng. Cela révèle un échec manifeste pour un groupe qui était encore perçu comme une référence en Chine il y a quelques années.
Les chiffres sont éclairants. Cette plateforme permet de produire 30 % plus rapidement et 40 % moins cher que l’architecture MEB développée en Allemagne. Le délai entre le concept et la production ? Seulement 18 mois. De quoi susciter des froncements de sourcils à Stuttgart et Wolfsburg, où l’ingénierie allemande est traditionnellement vantée.
Finn Cemmasson, responsable de l’intégration logicielle et matérielle, le reconnaît clairement : le groupe a dû « s’adapter à la vitesse chinoise et aux attentes des clients chinois ». En d’autres termes : les méthodes allemandes ne sont plus efficaces sur ce marché extrêmement concurrentiel. La première voiture issue de ce partenariat, l’ID. Unyx 07, est sortie des chaînes la semaine dernière. Une dizaine de modèles supplémentaires sont prévus pour l’année prochaine, y compris des véhicules à moteur thermique.
Deux alliances, deux stratégies
Tandis que Volkswagen s’en remet à Xpeng pour la Chine, le groupe met en œuvre une stratégie différente avec l’américain Rivian. L’alliance RV Tech, dotée d’un budget immense de 5,8 milliards de dollars, cible les marchés européen et américain avec un objectif distinct : développer une solution logicielle à licencier à d’autres constructeurs.

Cependant, cette double stratégie met en lumière les contradictions au sein du groupe. Rivian développe exclusivement des logiciels pour véhicules entièrement électriques, tandis que Volkswagen doit prolonger la production de moteurs thermiques plus longtemps que prévu.
En conséquence, Cariad, la filiale logicielle qui devait être dissoute, subsiste à un coût exorbitant pour combler ce vide technologique. Ce coût considérable impacte inévitablement la rentabilité.
Le naufrage chinois
Les divers partenariats ne cachent pas l’essentiel : Volkswagen s’effondre en Chine. En 2025, le groupe est tombé à la troisième place, dépassé par BYD et Geely. Les immatriculations ont chuté de 8 % sur l’année, mais la débâcle est particulièrement marquée sur le segment électrique : -44 %, alors que le marché global a progressé de 32 %.
Cette chute s’explique par une lenteur face à l’accélération de l’électrification du marché chinois. Les fabricants locaux ont pris une avance technologique significative sur les logiciels, l’autonomie et l’expérience utilisateur. D’ailleurs, Xpeng a annoncé fin 2024 l’ouverture de sa partie logicielle d’aide à la conduite autonome aux partenaires commerciaux. Premier client : Volkswagen, bien entendu.

