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Vidéo : ce drone 3D ne bat jamais le record de vitesse mondial

Luke et Mike Bell, deux Youtubers, ont enregistré une vitesse de 657,59 km/h avec leur drone Peregreen V4. L’ingénieur australien Benjamin Biggs avait précédemment choqué tout le monde avec son drone Blackbird, flashé à 626 km/h, il y a à peine un mois.


Vous pensiez que votre DJI Avata était rapide en mode Sport ? Détrompez-vous. Luke et Mike Bell, un duo de YouTubers, viennent de battre le record du monde avec le Peregreen V4, enregistrant une vitesse de 657 km/h.

Ce record n’a pas duré longtemps. Dans le monde du FPV (First Person View) de vitesse, la concurrence est féroce. Il y a à peine un mois, l’ingénieur australien Benjamin Biggs avait surpris en atteignant 626 km/h avec son drone Blackbird, un coup dur pour Luke et Mike Bell, qui détenaient le titre précédent.

La réponse des Bell n’a pas tardé. Avec le Peregreen V4, ils ont non seulement récupéré leur couronne, mais ils ont également établi un nouveau record impressionnant de 657,59 km/h.

### La guerre des moteurs et de la chauffe

Pour atteindre de grandes vitesses, la propulsion est essentielle. Logiquement, on penserait à utiliser le moteur le plus puissant possible. L’équipe a testé trois modèles : l’AOS Supernova 3220, l’AMX 2826 et le T-Motor 3120.

Sur le banc d’essai, l’AOS affichait une poussée supérieure de 9 à 15 %. Sur le papier, ce choix semblait évident. Cependant, la réalité en vol diffère.

Lors des essais à 90 % de puissance, les moteurs les plus puissants surchauffaient dangereusement. Ils ont donc choisi les T-Motor, qui offraient une poussée inférieure, mais une fiabilité thermique optimale. Avoir de la puissance est inutile si le moteur surchauffe avant de franchir la ligne d’arrivée.

Concernant l’aérodynamisme, Mike Bell (le père) a consacré des heures à des simulations CFD (mécanique des fluides numérique). Il a ainsi conçu un corps plus large et paradoxalement plus aérodynamique, minimisant la traînée. Ils ont même poncé le corps du drone, en fibre de carbone nylon, pour obtenir les derniers km/h.

### L’impression 3D au cœur du réacteur

Une particularité fascinante du Peregreen V4 est sa méthode de fabrication. Loin des composites moulés en autoclave de l’aviation, tout a été réalisé avec une imprimante 3D grand public, la nouvelle H2D de Bambu Lab. Cela est crucial, car la double extrusion a permis de mélanger les matériaux dans une seule pièce.

Ainsi, le corps est rigide pour la structure, tandis que la queue et les supports de caméra intègrent du TPU flexible. En cas de crash, ce qui à cette vitesse est catastrophique, le drone a plus de chances de survivre. Ils ont même dû imprimer un second drone « caméraman » pour suivre le principal, équipé d’une caméra 360° intégrée dans la queue, afin de capturer l’action sans perturber l’aérodynamisme.

Piloter un engin à 650 km/h est un défi extrême. Même Darren, un pilote expérimenté appelé en renfort, a eu du mal à contrôler la machine. Avec des hélices à pas ultra-élevé et un angle d’attaque agressif, le Peregreen V4 ne vole pas : il fend l’air.