Une Tesla avec FSD obtient son permis à Lyon.
Une Tesla équipée du FSD a passé un examen blanc du permis de conduire à Saint-Priest, près de Lyon, avec un score de 20,5 points sur 31. Malgré ce score honorable, la Tesla a été recalée en raison de deux fautes éliminatoires, dont une intervention de l’inspecteur dans un rond-point et l’utilisation d’une voie réservée aux bus.

Le Full Self-Driving (FSD) de Tesla est beaucoup discuté aux États-Unis, mais son arrivée sur les routes européennes suscite un mélange d’enthousiasme et d’inquiétude parmi les passionnés de technologie. Dans une stratégie visant à inciter les régulateurs, Tesla teste certains de ses véhicules sur le vieux continent, y compris en région parisienne.
La chaîne YouTube La Chaine EV a eu l’idée originale de soumettre le FSD d’Elon Musk à un examen blanc du permis de conduire, avec un véritable moniteur de conduite à côté.
Ce test a eu lieu à Saint-Priest, près de Lyon, sur les parcours officiels utilisés par les candidats au permis. L’objectif était que le FSD démontre sa capacité à maîtriser les commandes, à respecter le code de la route et à gérer les situations à risque, sans triche ni parcours préenregistré.
Un naturel déconcertant et une « conduite à l’indonésienne »
La première surprise pour Sébastien, le moniteur agissant en tant qu’examinateur, a été la fluidité de la conduite. Le système ne se comportait pas comme un robot rigide. Il s’adapte, hésite dans des situations de visibilité réduite, et respecte les priorités avec une précision quasi parfaite, marquant les stops avec une rigueur qu’on observe peu chez de nombreux conducteurs. De plus, la voiture semble avoir assimilé les comportements sociaux.
Lors d’un croisement compliqué avec une Renault 5 mal garée, la Tesla a opté pour ce que l’on appelle un « croisement à l’indonésienne », c’est-à-dire qu’elle a choisi de passer devant l’autre véhicule plutôt que derrière.

Selon l’examinateur, la Tesla semble conduire comme un conducteur ayant dix ans d’expérience : elle s’adapte à son environnement, même si cela l’amène à flirter avec les limites de la légalité. « C’est vraiment une vraie conduite humaine en tout cas », a commenté le vidéaste assis à l’arrière. Les commandes ont d’ailleurs été notées 5/5, ce qui reflète une remarquable douceur dans le freinage et l’accélération, même dans les ronds-points congestionnés de la région lyonnaise.
Le verdict : « Elle est recalée »
Avec un score de 20,5 points sur 31 (une note qui pourrait potentiellement permettre d’obtenir le permis), la Tesla a néanmoins commis deux fautes éliminatoires. La première a été une intervention verbale de l’inspecteur dans un rond-point alors que la voiture s’insérait de manière trop autoritaire devant un autre véhicule. La seconde, plus classique, a vu la Tesla finir sur une voie réservée aux bus, une erreur fréquente lors des examens.
Le système a également montré ses limites face à la signalisation temporaire. En effet, à un moment donné, la voiture a ignoré un panneau « route barrée » ainsi qu’un sens interdit en raison de travaux, tentant de s’engager là où l’accès était physiquement impossible. Elle n’a pas non plus réduit sa vitesse à proximité de deux intersections avec priorité à droite. « Elle est recalée », a tranché Sébastien, l’enseignant de conduite.
De plus, le FSD n’a pas vérifié si son passager était attaché avant de démarrer, un oubli qui, même s’il n’est pas éliminatoire, ternit l’image d’un système censé incarner la sécurité absolue.

Le FSD, bien que techniquement impressionnant, capable de lire des panneaux à messages variables et d’anticiper des manœuvres complexes, lui manque encore cette subtilité de « conscience du risque » qui permettrait de ralentir préventivement devant une priorité à droite sans visibilité.
En résumé, bien que la Tesla conduit de manière satisfaisante, elle n’est pas encore prête à devenir un élève modèle pour l’administration française. Il est à noter que ce n’est pas du niveau 3 en conduite autonome, mais plutôt un équivalent de niveau « 2.9 », soit une conduite supervisée qui nécessite une vigilance constante avec les mains sur le volant.
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