Une PME belge sur trois est au bord du gouffre

Les petites entreprises, 100 % belges, n’ont plus les moyens de couvrir leurs dettes.

La crise du coronavirus met de plus en plus à mal la santé financière des PME. Une enquête menée par Befius révèle en effet qu’une PME belge sur cinq risque rapidement de manquer de liquidité en conséquence des mesures de confinement actuelles.

« Selon notre étude basée sur la situation financière des petites et moyennes entreprises (PME) avant la crise, 20,3 % des entités présentent une liquidité insuffisante menaçant leur survie à très court terme. Leurs actifs à court terme (créances, valeurs disponibles…) ne suffiraient pas pour couvrir leurs dettes à court terme (fournisseurs…) », indique Belfius.

À moyen terme, 30,8 % de ces entreprises pourraient tout simplement disparaître des suites d’une solvabilité insuffisante. « Les sociétés concernées sont en effet sous-capitalisées (ou trop endettées) c’est-à-dire ne disposent pas de fonds propres suffisants pour absorber le choc économique qu’elles subissent actuellement. »

La proportion d’entreprises présentant à la fois une faiblesse en liquidité et en solvabilité atteint 14,6 %. « Ces dernières entreprises sont majoritairement actives dans le commerce de détail et de gros, la restauration, la réparation automobile, la construction et le transport. Il est à noter, qu’en raison des mesures de confinement, il s’agit d’activités particulièrement impactées par les fermetures temporaires. »

Ce qui inquiète particulièrement le groupe bancaire, c’est la nature de ces sociétés, typiquement belges, qui ne font donc pas partie de grands groupes. « Elles exercent une activité économique réelle (leur objectif principal n’est pas la prise de participation dans d’autres sociétés) avec des moyens bilantaires de maximum 43 millions d’euros et en occupant au minimum deux employés. »

S’intéresser à ces entreprises n’est pas anodin. En effet, selon Eurostat, ces acteurs économiques sont à considérer « comme l’épine dorsale de l’économie européenne ».

En Belgique, selon les autorités fédérales, pas moins de 99 % des entreprises assujetties à la TVA sont considérées comme des PME. Il s’agit donc d’un pan essentiel de notre économie qui figure en première ligne face au ralentissement économique consécutif aux mesures sanitaires prises par les pouvoirs publics dans la lutte contre le Covid-19.

« Il est donc primordial que la crise économique soit la plus courte possible et que les mesures de compensation prévues par les pouvoirs publics belges puissent s’appliquer à un large panel de ces sociétés dans cette période d’activités réduites. L’enjeu sera de vérifier si ces interventions publiques seront suffisantes pour assurer la pérennité du modèle belge de PME après ce ralentissement temporaire de notre économie. »