Une association de consommateurs réclame plus d’un milliard de livres sterling à Google

La Cour Suprême britannique examine mercredi un recours de Google contre une plainte en nom collectif lancée par une association de consommateurs et accusant le géant américain d’avoir collecté illégalement des données personnelles d’utilisateurs de l’iPhone.

La plus haute juridiction au Royaume-Uni va se pencher sur cette affaire durant deux jours, avant de rendre sa décision ultérieurement sur la poursuite ou non de cette procédure contre Google.

L’association « Google You Owe Us » (Google, tu nous dois quelque chose), menée par l’ancien dirigeant de l’association de consommateurs « Which? », Richard Lloyd, tente d’obtenir au moins un milliard de livres d’indemnisations pour plus de quatre millions d’utilisateurs en Angleterre et au Pays de Galles.

En première instance, la Haute Cour de Londres avait refusé en octobre 2018 d’autoriser une telle procédure, avant que la Cour d’appel en octobre 2019 n’en décide autrement et permette à la procédure de se poursuivre.

Ce revers a conduit Google à faire appel devant la Cour Suprême afin d’empêcher que l’action de groupe ne puisse aboutir, estimant que l’accusation n’a pas montré de preuve que les utilisateurs avaient été pénalisés.

Trois personnes indemnisées en 2015

L’association accuse Google d’avoir contourné les options de sécurité de l’iPhone et collecté des données personnelles entre août 2011 et février 2012 en utilisant le navigateur Safari.

Des informations concernant l’origine sociale ou ethnique, la santé, les opinions politiques, les préférences sexuelles des utilisateurs ou encore leurs habitudes d’achat avaient été collectées, selon l’accusation, ajoutant que ces informations étaient ensuite compilées puis proposées à des annonceurs.

« Google a illégalement fait un mauvais usage des données de millions d’utilisateurs de l’iPhone sans leur consentement et nous voulons qu’il rende des comptes », a estimé M. Lloyd dans une déclaration avant l’audience de la Cour Suprême.

De son côté, une porte-parole du géant américain a estimé que la plainte porte sur « des événements qui sont survenus il y a dix ans auxquels nous avons répondu à ce moment-là ».

Une affaire semblable avait été portée devant la justice britannique en 2015 par trois personnes. Ces dernières avaient obtenu un accord resté confidentiel mais qui avait ouvert la porte à une action collective, selon Google You Owe Us.