Un appel du pied de Draghi à Lagarde?

En exhortant les gouvernements qui en ont les capacités budgétaires à agir pour renverser la vapeur économique en zone euro, le président sortant de la BCE semble préparer le terrain pour la directrice du FMI, au profil politique, qui lui succèdera fin octobre.

Les gouvernements dotés de marges budgétaires « devraient agir de manière efficace et rapide » face à la dégradation de la conjoncture en zone euro, a déclaré jeudi à la presse le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi.

Nouvelle, cette formule est une allusion à l’Allemagne, première économie de la région monétaire, qui a entamé cette semaine l’examen de son budget 2020 et accumule les excédents des comptes publics depuis 2014 malgré les appels de plus en plus pressants de ses partenaires à dépenser plus.

« Il y a eu unanimité » au sein du conseil des gouverneurs « sur le fait que la politique budgétaire devrait être le principal instrument » de soutien à l’économie, a insisté M. Draghi.

Par ailleurs, il a réitéré son souhait que les Etats de la zone euro poursuivent leurs réformes structurelles, comme il le martèle depuis des années, une phrase qui vise cette fois plutôt les pays du Sud.

La coordination de la politique monétaire avec celle des Etats est depuis des années un enjeu en zone euro, tant les analystes craignent que la BCE ait épuisé ses cartouches en descendant ses taux à leur plancher historique et en rachetant massivement de la dette.

Ce chantier est l’un des principaux laissés à la directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, qui succèdera fin octobre à Mario Draghi: ancienne ministre, elle présente un profil plus politique et est très attendue sur sa capacité à convaincre les gouvernements.