Un an après le crash de Lion Air, oral crucial du patron de Boeing au Congrès

Dennis Muilenburg, le patron de Boeing, passe, ces mardi et mercredi au Congrès américain, un oral crucial à la fois pour son avenir à la tête de l’avionneur et pour regagner la confiance du grand public après deux crashs du 737 MAX ayant fait 346 morts.

Ces auditions, qui portent sur le développement et la certification du 737 MAX, débutent un an jour pour jour après le crash d’un appareil de ce type de la compagnie à bas coûts indonésienne Lion Air ayant tué les 189 personnes à bord, en mer de Java au large de l’Indonésie.

M. Muilenburg s’est rendu lundi à l’ambassade d’Indonésie dans la capitale fédérale Washington D.C « pour présenter ses condoléances au peuple indonésien, aux amis et familles des victimes« , selon un communiqué.

Le MCAS au cœur des interrogations

Les parlementaires américains entendent l’interroger sur le système automatique de pilotage MCAS, qui a été mis en cause dans l’accident de Lion Air et également dans le crash d’un 737 MAX d’Ethiopian Airlines, survenu le 10 mars dernier tuant 157 personnes.

Le MCAS a été conçu par Boeing spécifiquement pour le 737 MAX, concurrent de l’A320neo de l’avionneur européen Airbus lancé un an auparavant, pour empêcher l’avion de partir en piqué, notamment en cas de perte de vitesse.

Dennis Muilenburg, accompagné de John Hamilton, ingénieur en chef chez Boeing, apparaîtra dès ce mardi vers 10H locales (14H GMT) devant la commission du commerce, des sciences et des transports du Sénat.

« Améliorations dans la conception de futurs avions »

Le lendemain, mercredi, les deux hommes sont attendus vers 10H locales également devant la commission des transports de la chambre des représentants. « Nous avons déjà tiré les leçons et continuons d’en tirer de ces accidents« , devrait-il déclarer aux sénateurs, selon le texte de ses propos liminaires publié lundi soir.

Ces leçons « vont se traduire par des améliorations dans la conception de futurs avions« , devrait-il ajouter.

« Nous savons que nous avons fait des erreurs et avons eu faux sur certaines choses. Nous en endossons la responsabilité et allons corriger le tir« , dirait encore Dennis Muilenburg.

Sur le fond, le dirigeant ne céderait rien, campant sur la ligne de défense déployée depuis de nombreux mois, à savoir que le MCAS n’a pas de défaut de conception.

La crise du 737 MAX est une des plus graves dans les 103 ans d’histoire de Boeing. Elle lui a déjà coûté une dizaine de milliards de dollars, déclenché de multiples enquêtes des autorités américaines et une cascade de plaintes des familles de victimes des deux tragédies.

La date de retour de cet avion, cloué au sol depuis plus de sept mois et première source de revenus de Boeing, est incertaine.