Transformer les voies ferrées en centrales solaires : projet audacieux de la SNCF
La SNCF a annoncé avoir signé un accord avec Sun-Ways, une start-up suisse, pour étudier l’installation de panneaux solaires entre les rails dans le cadre d’un projet pilote débuté en avril 2025 à Buttes, en Suisse. Le groupe ferroviaire prévoit que cette source d’énergie puisse couvrir jusqu’à 20 % de ses besoins électriques d’ici la fin de la décennie.
Des voies ferrées françaises pourvues de panneaux solaires ? Cette idée surprenante pourrait devenir réalité. La SNCF s’y intéresse, puisqu’elle a récemment officialisé un partenariat avec une start-up suisse qui pourrait l’aider à réaliser ce projet.
La SNCF mise considérablement sur l’énergie solaire pour diversifier son mix électrique. Le groupe prévoit notamment d’installer des panneaux photovoltaïques sur les toits des gares, dans les parkings, ou sur certaines portions de ses vastes terrains. Il est important de noter que l’entreprise est le plus grand propriétaire foncier de France après l’État.
Un autre emplacement, plutôt inattendu, pourrait également accueillir des panneaux solaires : les voies ferrées. Cette possibilité est en cours d’étude par le groupe. Il y a quelques semaines, la SNCF a annoncé la signature d’un accord avec Sun-Ways, une start-up suisse dont l’objectif est de transformer les infrastructures ferroviaires en centrales photovoltaïques fonctionnelles.
Le concept développé par Sun-Ways consiste à installer des panneaux solaires dans l’espace situé entre les rails. Dans le jargon du secteur, ce type d’installation est désigné par le terme « ferrovoltaïque ». Les modules utilisés sont conçus pour être amovibles grâce à un système d’accroche breveté, facilitant ainsi la maintenance des équipements et l’inspection régulière des voies.
Cette technologie fait déjà l’objet d’un test en conditions réelles. En avril 2025, un projet pilote a été mis en service à Buttes, dans le canton de Neuchâtel en Suisse. L’installation s’étend sur environ 100 mètres de la ligne 221. Elle comprend 48 panneaux solaires amovibles, chacun ayant une puissance de 380 watts. Sur ce tronçon, une trentaine de trains passent chaque jour à une vitesse maximale de 90 km/h. L’objectif est donc de vérifier si les panneaux peuvent coexister durablement avec l’exploitation ferroviaire.
Grâce à son partenariat avec Sun-Ways, la SNCF pourra suivre de près cette expérimentation réalisée à Buttes. L’accord lui permettra notamment d’accéder directement aux données collectées sur le projet pilote.
Différents retours d’expérience sont attendus : la facilité d’installation et de retrait des panneaux, la production réelle d’électricité, ainsi que le comportement des modules face aux contraintes mécaniques liées au passage fréquent des trains. Le groupe analysera aussi l’impact éventuel de l’installation sur le fonctionnement du réseau ferroviaire, afin de déterminer si ce type de centrale pourrait, à terme, perturber l’exploitation des voies. Le test doit durer trois ans, conformément à la durée minimale exigée par l’Office fédéral des transports avant toute éventuelle généralisation du concept.
À long terme, le projet pourrait ainsi aider la SNCF, premier consommateur d’électricité en France, à optimiser ses infrastructures pour accroître la part du solaire dans ses consommations. Le groupe prévoit en effet que cette source d’énergie couverture jusqu’à 20 % de ses besoins électriques d’ici la fin de la décennie. Pour atteindre cet objectif, près de 1 000 hectares de panneaux photovoltaïques pourraient être déployés sur ses différentes emprises.

