Test du Polti RollySteam : quel est le bilan du balai laveur vapeur ?
1. Le Polti RollySteam, pesant seulement 4,2 kg, est l’un des nettoyeurs vapeur les plus légers de sa catégorie, mais son esthétique est jugée peu flatteuse en raison de ses matériaux majoritairement en plastiques noirs et gris mats.
2. Le prix du Polti RollySteam est d’environ 600 euros et il est disponible chez Amazon, Boulanger, Cdiscount et Fnac Darty.
Avec la démocratisation des balais laveurs, nos intérieurs connaissent une petite révolution en matière de ménage. L’aspirateur balai classique cède progressivement sa place au nettoyeur de sol tout-en-un capable d’aspirer les débris et de laver le sol en un seul passage. Ce segment, autrefois de niche, est maintenant le terrain de jeu de géants asiatiques tels que Tineco, Roborock ou encore Dreame, qui rivalisent d’ingéniosité pour s’imposer dans les foyers.
C’est dans cette arène saturée que se présente Polti. La marque n’est pas novice : elle a popularisé le nettoyage à vapeur avec son célèbre Vaporetto dans les années 90. L’idée d’intégrer cette technologie dans un balai laveur sans fil, comme le Polti RollySteam, semble donc promise à un grand succès. La vapeur permet de se passer de détergents chimiques, de tuer 99,9 % des bactéries et de dissoudre les graisses.
Cependant, intégrer une chaudière miniature et une batterie dans un châssis maniable représente un défi d’ingénierie. Tineco, leader du marché, a récemment tenté avec succès de relever ce défi grâce au S7 Steam, mais a été surpassé sur son propre terrain par le Roborock F25 Ultra, qui offre actuellement la proposition la plus complète sur le marché.
Le RollySteam s’efforce de proposer cette technologie dans un format légèrement plus accessible. Mais en cherchant à faire des compromis, Polti ne s’est-il pas égaré ? Après deux semaines de test intensif sur carrelage et parquet, voici notre verdict.
Fiche technique
Ce test a été réalisé à partir d’un produit fourni par la marque.
Un design léger mais peu flatteur
Sur le plan esthétique, Polti adopte une approche radicalement différente de ses concurrents asiatiques. Oubliez les finitions brillantes « piano black » ou les inserts chromés des autres fabricants, le RollySteam opte pour la sobriété, voire l’austérité.
Visuellement, l’appareil présente une esthétique fonctionnelle. La coque est principalement composée de plastiques noirs et gris, mats et durs. Au toucher, l’impression est mitigée : elle paraît moins premium et moins dense que les standards actuels. Les matériaux semblent creux et l’assemblage montre parfois un léger jeu, surtout à la jonction entre le manche et le corps principal. On est loin de la rigidité monolithique d’un Tineco.

Cependant, ce choix de matériaux présente un avantage évident : la légèreté. Avec un poids de seulement 4,2 kg, le RollySteam est l’un des nettoyeurs vapeur les plus légers de sa catégorie. C’est une prouesse quand on sait qu’il embarque une batterie et un module de chauffe pour la vapeur. Lorsque certains concurrents deviennent lourds au bout de 15 minutes de ménage, le Polti se manœuvre avec une grande facilité. Ce design témoigne donc d’une volonté de réduire la fatigue de l’utilisateur, un compromis qui séduira ceux qui privilégient le confort physique à l’esthétique.
Les réservoirs sont situés de part et d’autre du corps : l’eau propre (0,6 L) à l’arrière, et l’eau sale (0,8 L) à l’avant. Leur manipulation est facile, bien que les mécanismes de clipsage en plastique dur nécessitent parfois un peu de force, accentuant cette impression d’une finition à améliorer.
Une fois le manche en main, l’expérience ergonomique s’avère quelque peu déroutante. La poignée, bien que confortable, abrite des commandes dont la logique m’a laissé interrogatif, tant et si bien que j’ai eu du mal à comprendre comment lancer et arrêter l’aspirateur. Il n’est pas toujours clair combien de pressions sont nécessaires pour démarrer l’aspiration, commencer le lavage ou activer la vapeur. Faudrait-il un clic ? Un appui long ? La réactivité des boutons est molle, et l’on se retrouve fréquemment, lors des premières utilisations, à tapoter plusieurs fois en attendant que le moteur démarre ou que la vapeur se manifeste. C’est un coup de main à prendre, mais une interface plus directe, plus « clic-and-go », aurait été appréciable, surtout pour un appareil destiné au grand public.

L’écran LED intégré sur le corps de l’appareil remplit son rôle. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une dalle haute définition, il affiche les informations essentielles : niveau de batterie, mode enclenché (vapeur/standard) et alertes de réservoirs. Il est suffisamment lumineux pour être lisible debout. En revanche, contrairement à certains modèles, l’écran est situé sur le moteur et non sur le manche, mais les grands caractères le rendent parfaitement lisible lors de l’utilisation.
Sur le terrain, le RollySteam se montre plutôt agile. La brosse principale est articulée pour pouvoir se faufiler autour des pieds de table sans trop d’efforts. La traction vers l’avant est facilitée, malgré l’absence de roues motorisées.
Nous saluons particulièrement la présence d’une bande de LED sur la tête de brosse. Même si l’éclairage n’est pas rasant, il permet de repérer les miettes ou les poils d’animaux dans les zones sombres, sous les chaises ou le long des couloirs peu éclairés.
Enfin, l’appareil dispose d’une position « parking » : il tient debout tout seul si vous devez lâcher le manche pour déplacer un meuble ou répondre au téléphone. Attention cependant, l’équilibre est précaire. Une légère bousculade suffit à le faire vaciller, donc prudence si vous avez des animaux de compagnie turbulents autour de vous pendant le ménage. De plus, le RollySteam ne peut pas laver à plat, contrairement à la plupart des balais laveurs actuellement disponibles.
Un nettoyage en profondeur
C’est sur le terrain de l’efficacité que l’on attendait le Polti RollySteam. La promesse de la marque italienne est attrayante : combiner la puissance de désincrustation de la vapeur à l’aspiration des déchets, le tout en un seul passage. Si le défi est relevé sur le plan thermique, la gestion des fluides laisse cependant à désirer.
Il est essentiel de préciser que si vous achetez ce produit, c’est pour l’utiliser en mode vapeur. C’est ici que le RollySteam justifie son existence et se distingue des laveurs de sol à l’eau froide. Après environ 30 secondes de préchauffage, la vapeur est injectée directement sur le tissu du rouleau. L’effet sur les sols durs est immédiat et convaincant.

Face à des tâches tenaces, telles que du café séché, des traces de sirop collant ou des empreintes de pattes boueuses, la vapeur s’avère redoutable. Là où un modèle classique nécessite trois ou quatre allers-retours pour diluer mécaniquement une tâche sucrée, le Polti parvient à la dissoudre littéralement en un seul passage lent. On sent que le sol est assaini sans avoir recours à aucune goutte de détergent chimique. Sur le carrelage de la cuisine ou de la salle de bain, le résultat est impeccable : ça brille, c’est propre, et ça sèche rapidement grâce à l’évaporation naturelle de l’eau chaude.
Cependant, la conclusion est moins favorable en mode lavage/aspiration classique. Privé de son avantage thermique, le RollySteam redevient un laveur de sol ordinaire. En effet, sans vapeur et sans détergent, il peine à éliminer les taches et laisse derrière lui des traces. Une fois le sol sec, les coups de rouleau sont bien visibles, formant des zébrures peu esthétiques à contre-jour.

En termes d’aspiration, le RollySteam effectue un travail correct. Il absorbe sans difficulté poussières, poils d’animaux, miettes de pain et même des débris plus lourds, tels que des grains de litière ou des coquillettes. La séparation air/eau fonctionne bien, et la puissance est suffisante pour ne laisser rien derrière.
Concernant le nettoyage le long des plinthes, le constat est mitigé. La brosse décentrée sur le côté droit tente de laver au plus près du mur, mais il reste une bande de quelques millimètres que le rouleau n’atteint pas. C’est mieux que les appareils d’il y a trois ans, mais moins performant que les systèmes rabotant le mur de manière impressionnante.
Mais le point le plus frustrant, celui qui risque d’agacer au quotidien, concerne l’étanchéité du circuit lors de l’arrêt de la machine. C’est un problème de conception hydraulique que l’on pensait résolu sur des appareils de cette gamme de prix.

Le scénario est le même : vous nettoyez votre salon, tout se déroule correctement. Vous éteignez l’appareil ou le mettez en position verticale parking pour déplacer une chaise. À ce moment précis, le RollySteam relâche souvent une petite quantité d’eau sale (un mélange de l’eau du rouleau et des résidus d’aspiration) à l’endroit exact où il s’arrête. Vous vous retrouvez donc avec une petite flaque grisâtre au milieu d’une zone récemment nettoyée. C’est frustrant et oblige à tenter d’arrêter l’appareil sur sa base, ou à avoir un essuie-tout à disposition pour éponger la bavure finale.
Côté sonore, le RollySteam n’est pas un modèle silencieux, produisant environ 78 dB. Bien qu’il ne soit pas insupportable, son niveau sonore est suffisant pour couvrir une conversation.
En ce qui concerne l’autonomie, comptez environ 30 à 35 minutes en mode standard et environ 20 minutes en mode vapeur. Cela peut suffire pour nettoyer une pièce très sale, mais cela reste trop juste pour réaliser le grand ménage de printemps d’une maison entière à la vapeur sans avoir à recharger. Par ailleurs, la recharge est relativement longue, prenant près de 4 heures.
Un entretien fastidieux
L’entretien d’un aspirateur laveur est souvent perçu comme une corvée. Les marques tentent d’automatiser ce processus. Le Polti RollySteam est livré avec une station d’accueil qui permet la recharge et l’auto-nettoyage.
Une fois posé sur sa base, on peut démarrer un cycle de rinçage du rouleau. Cette opération dure environ deux minutes. Le système envoie de l’eau propre, fait tourner le rouleau à haute vitesse et aspire l’eau sale. Le résultat est acceptable pour un entretien régulier : le rouleau ressort visuellement propre.

Cependant, contrairement à ses concurrents, le RollySteam ne propose ni séchage centrifuge efficace, ni séchage à l’air chaud. Le rouleau reste donc humide après le cycle. À moins de le sortir manuellement pour le faire sécher à l’air libre, vous risquez de vous exposer à des odeurs de moisissure en moins de 24 heures. C’est un retour en arrière technologique regrettable pour un confort d’utilisation.
Démonter les réservoirs est simple, mais leur conception rappelle une fois de plus le caractère « cheap » de l’appareil. Le réservoir d’eau propre (0,6 L) est suffisant, mais son orifice de remplissage est étroit. Le réservoir d’eau sale (0,8 L) est équipé d’un filtre HEPA qu’il est nécessaire de laver régulièrement. Le système de séparation des déchets solides (cheveux, poussière) et liquides est rudimentaire : on doit souvent plonger les doigts dans la saleté pour vider correctement le bac.

Enfin, l’entretien physique de l’appareil (démontage du capot de brosse, nettoyage des conduits) s’effectue sans outils, mais les mécanismes de clips en plastique dur suscitent des inquiétudes. On hésite à forcer pour déclipser le couvercle du rouleau, craignant de casser une patte de fixation. La durabilité de ces pièces mobiles semble être le point faible structurel de la machine.
Prix et disponibilité
Le Polti RollySteam est proposé au prix d’environ 600 euros chez Amazon, Boulanger, Cdiscount et Fnac Darty.
Ce tarif est relativement cohérent avec la concurrence, voire légèrement plus abordable comparé aux Tineco S7 Stretch Steam et Roborock F25 Ultra. Bien que ces concurrents ne proposent pas tous la vapeur, ils offrent souvent une meilleure qualité de finition, une application mobile (absente chez Polti) et une qualité de lavage globalement supérieure.

