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Test du Polti RollySteam : évaluation du laveur vapeur italien.

Le Polti RollySteam pèse seulement 4,2 kg, ce qui en fait l’un des nettoyeurs vapeur les plus légers de sa catégorie. Son réservoir d’eau propre a une capacité de 0,6 L et celui d’eau sale de 0,8 L.

Avec l’essor des balais laveurs, nos espaces de vie connaissent une petite révolution en matière de nettoyage. L’aspirateur balai traditionnel cède progressivement sa place au nettoyeur de sol tout-en-un, capable d’aspirer les déchets tout en lavant le sol en un seul passage. Ce marché, qui était autrefois de niche, est désormais dominé par de grandes marques asiatiques telles que Tineco, Roborock et Dreame, qui rivalisent d’ingéniosité pour s’implanter dans les foyers.

C’est dans ce contexte compétitif que la marque Polti fait son entrée. N’étant pas une nouvelle venue, Polti a déjà popularisé le nettoyage à la vapeur dans les années 90 avec son emblématique Vaporetto. L’intégration de cette technologie dans un balai laveur sans fil comme le Polti RollySteam semble donc, en théorie, prometteuse. En effet, la vapeur permet d’éviter les détergents chimiques, d’éliminer 99,9 % des bactéries et de dissoudre les graisses.

Cependant, le défi d’incorporer à la fois une chaudière miniature et une batterie dans un format maniable est un enjeu d’ingénierie complexe. Tineco, leader du marché, a tenté récemment ce défi avec le S7 Steam avec succès, mais a été surpassé par le Roborock F25 Ultra, qui offre la solution la plus complète actuellement sur le marché.

Le RollySteam vise à proposer cette technologie dans un format légèrement plus accessible. Mais, en cherchant à faire des compromis, Polti n’a-t-il pas perdu un peu de son objectif ? Après deux semaines de tests intensifs sur carrelage et parquet, voici notre analyse.

Fiche technique

Ce test a été réalisé à partir d’un produit fourni par la marque.

Un design léger mais peu flatteur

Sur le plan esthétique, Polti a choisi une approche différente de celle de ses concurrents asiatiques. Exit les finitions laquées « piano black » ou les détails chromés brillants, le RollySteam opte pour une sobriété, même austérité.

Visuellement, l’appareil présente une esthétique fonctionnelle. La coque est principalement faite de plastiques noirs et gris, mats et durs. Au toucher, l’impression est mitigée : elle paraît moins premium et moins robuste que les standards actuels. Les matériaux émettent un son légèrement creux et l’assemblage présente parfois un léger jeu, notamment à l’endroit où le manche se fixe au corps principal. On est éloigné de la rigidité monolithique d’un Tineco.

Hagop Kavafian pour Frandroid

Cependant, ce choix de matériaux présente un avantage indiscutable : la légèreté. Avec seulement 4,2 kg sur la balance, le RollySteam est l’un des nettoyeurs à vapeur les plus légers de sa catégorie. Cela est impressionnant étant donné qu’il intègre une batterie et un module de chauffage pour la vapeur. Tandis que certains concurrents deviennent pesants au bout de 15 minutes de nettoyage, le Polti se manipule avec une aisance remarquable. Ce design vise donc à réduire la fatigue de l’utilisateur, un compromis qui séduira ceux qui privilégient le confort à l’esthétique.

Les réservoirs sont situés de chaque côté du corps : l’eau propre (0,6 L) à l’arrière et l’eau sale (0,8 L) à l’avant. Leur manipulation est facile, même si les mécanismes de clips en plastique rigide nécessitent parfois un peu de force, renforçant l’impression d’une finition qui aurait pu être plus soignée.

Une fois le manche en main, l’expérience ergonomique peut cependant sembler déroutante. La poignée, bien que confortable, comprend des commandes dont la logique reste obscure, au point que j’ai eu du mal à comprendre comment lancer et arrêter l’aspirateur. Il n’est pas toujours clair combien de pressions sont nécessaires pour démarrer l’aspiration, activer le lavage ou mettre en marche la vapeur. Faut-il cliquer ? Maintenir une pression ? La réaction des boutons est molle, et lors des premières utilisations, on a tendance à appuyer plusieurs fois, dans l’attente que le moteur se lance ou que la vapeur s’active. C’est une habitude à prendre, mais on aurait préféré une interface plus directe, plus « clic-and-go », surtout pour un appareil destiné au grand public.

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Hagop Kavafian pour Frandroid

L’écran LED intégré sur le corps de l’appareil remplit sa fonction. Sans être un écran haute définition, il fournit les informations essentielles : niveau de batterie, mode activé (vapeur/standard) et alertes pour les réservoirs. Il est suffisamment lumineux pour être lisible lorsqu’on se tient debout. En revanche, à la différence de certains modèles, l’écran est placé sur le moteur et non sur le manche, mais les gros caractères permettent une bonne lisibilité durant l’utilisation.

Sur le terrain, le RollySteam s’avère relativement agile. La brosse principale est articulée, facilitant l’accès autour des pieds de mobilier sans trop d’effort. La traction vers l’avant est facilitée, malgré l’absence de roues motorisées.

On apprécie particulièrement la présence d’un bandeau LED sur la tête de brosse. Bien que l’éclairage ne soit pas rasant, il est très utile pour repérer les miettes ou les poils d’animaux dans les zones sombres, sous les meubles ou le long des couloirs mal éclairés.

Enfin, l’appareil propose une position « parking » : il peut tenir debout tout seul, utile pour déplacer un meuble ou répondre au téléphone. Attention néanmoins, son équilibre est précaire et une légère impulsion peut le faire tomber. Un avertissement est de mise si des animaux de compagnie turbulents sont présents pendant le ménage. De plus, le RollySteam ne peut pas laver à plat, alors que la plupart des balais laveurs actuels le permettent.

Un nettoyage en profondeur

C’est dans le domaine de l’efficacité que l’on attendait le Polti RollySteam. La promesse de la marque italienne est séduisante : allier la puissance de la vapeur à l’aspiration des déchets, tout en un seul passage. Si l’objectif est atteint sur le plan thermique, la gestion des fluides laisse néanmoins à désirer.

Pour être clair : si vous achetez ce produit, c’est pour l’utiliser en mode vapeur, qui est la raison d’être du RollySteam et qui le distingue des laveurs de sol à l’eau froide. Après environ trente secondes de préchauffage, la vapeur est directement libérée sur le tissu du rouleau. L’effet sur les sols durs est immédiat et convaincant.

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Face à des taches tenaces, comme du café séché ou des empreintes de pattes boueuses, la vapeur fait des merveilles. Lorsque un modèle traditionnel doit effectuer plusieurs passages pour diluer mécaniquement une tache collante, le Polti réussit à la faire disparaître en un seul passage lent. On constate que le sol est désinfecté sans recourir à un seul détergent chimique. Sur le carrelage de la cuisine ou de la salle de bain, le résultat est éblouissant : la surface est brillante, propre, et sèche rapidement grâce à l’évaporation naturelle de l’eau chaude.

Toutefois, la situation se complique en mode lavage/aspiration classique. Sans sa caractéristique thermique, le RollySteam redevient un laveur de sol passable. En effet, dans ce mode sans vapeur et détergent, il peine à enlever les taches et laisse des traces sur son passage. Un effet de rouleau se dessine clairement une fois le sol sec, créant des zébrures disgracieuses.

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Hagop Kavafian pour Frandroid

Concernant l’aspiration, le RollySteam s’en sort correctement, aspirant sans difficulté poussières, poils d’animaux et miettes, ainsi que des débris plus lourds tels que des grains de litière. Le système de séparation air/eau est efficace et la puissance assurée permet de ne rien laisser traîner.

Pour le nettoyage des plinthes, le constat est partagé. La brosse est décentrée à droite pour tenter de nettoyer près du mur, mais une bande de quelques millimètres reste inaccessible. C’est mieux que les appareils d’il y a trois ans, mais moins performant que les modèles récents qui atteignent le mur sans laisser de traces.

Le point le plus frustrant, susceptible de créer des désagréments au quotidien, concerne l’étanchéité du circuit lors de l’arrêt de l’appareil. C’est un souci de conception hydraulique que l’on pensait résolu sur les appareils de ce niveau de prix.

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Hagop Kavafian pour Frandroid

Le scénario est le même à chaque fois : vous nettoyez votre salon, tout se passe bien. Vous éteignez l’appareil ou le mettez en position « parking » pour déplacer un meuble. À ce moment précis, le RollySteam relâche invariablement un peu d’eau sale (un mélange de l’eau du rouleau et des résidus aspirés) à l’endroit où il s’est arrêté. Cela entraîne une petite flaque grisâtre au milieu d’une zone récemment nettoyée, ce qui est frustrant et oblige à essayer d’arrêter l’appareil sur sa base ou à avoir un essuie-tout à portée de main pour éponger la bavure.

Côté son, le RollySteam n’est pas un modèle discret, produisant environ 78 dB. Bien que cela ne soit pas insupportable, le bruit couvre largement le son d’une conversation.

En termes d’autonomie, comptez environ 30 à 35 minutes en mode standard et environ 20 minutes en mode vapeur. Cela peut suffire pour nettoyer une pièce très sale, mais reste trop court pour réaliser un grand ménage à la vapeur dans une maison entière sans avoir besoin de le recharger. À noter que la recharge elle-même est relativement longue, nécessitant près de 4 heures.

Un entretien fastidieux

L’entretien d’un aspirateur laveur est souvent perçu comme une tâche désagréable. Les marques s’efforcent donc d’automatiser ce processus. Le Polti RollySteam est livré avec une station d’accueil qui permet la recharge et l’auto-nettoyage.

Lorsque l’appareil est sur sa base, un cycle de rinçage du rouleau peut être lancé. Cette opération dure environ deux minutes. Le système envoie de l’eau propre, fait tourner le rouleau à grande vitesse et aspire l’eau sale. Le résultat est acceptable pour un nettoyage quotidien : le rouleau ressort visiblement propre.

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Hagop Kavafian pour Frandroid

Cependant, contrairement à ses concurrents, le RollySteam ne dispose pas de séchage centrifuge efficace ni de séchage à l’air chaud. Le rouleau reste donc humide après le cycle. Si vous ne le retirez pas manuellement pour le faire sécher à l’air libre, vous risquez de vous retrouver avec des odeurs de moisissure en moins de 24 heures. C’est un recul technologique regrettable pour le confort d’utilisation.

Le démontage des réservoirs est aisé, mais leur conception renforce une nouvelle fois l’idée d’un appareil « cheap ». Le réservoir d’eau propre (0,6 L) est suffisant, mais son orifice de remplissage est étroit. Le réservoir d’eau sale (0,8 L) comprend un filtre HEPA qui nécessite un nettoyage régulier. Le système de séparation des déchets solides (cheveux, poussières) et liquides est sommaire, ce qui conduit souvent à devoir utiliser les mains pour vider le bac correctement.

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Hagop Kavafian pour Frandroid

Enfin, l’entretien physique de l’appareil (comme le retrait du capot de brosse ou le nettoyage des conduits) se fait sans outils, mais les mécanismes de clips en plastique dur inspirent peu de confiance. On hésite à forcer pour déclipser le cache-rouleau de peur de casser un cran de fixation. La durabilité de ces pièces mobiles semble être le point faible structurel de la machine.

Prix et disponibilité

Le Polti RollySteam est proposé à environ 600 euros chez Amazon, Boulanger, Cdiscount et Fnac Darty.

Ce prix est relativement cohérent par rapport à la concurrence, et même légèrement plus compétitif face aux Tineco S7 Stretch Steam et Roborock F25 Ultra. Certes, ces autres modèles ne proposent pas tous la fonction vapeur, mais ils offrent généralement une meilleure qualité de finition, une application mobile (absente chez Polti) et une qualité de nettoyage globalement supérieure.