Test du Panasonic Lumix FZ82D : un bridge 60x pas cher pour l’impossible
Le Panasonic Lumix FZ82D est proposé à 479 euros. Son zoom a une équivalence de 20 à 1200 mm en plein format et dispose d’un capteur de 1/2,3 pouce avec une résolution de 18,9 Mpx.
Panasonic est en plein développement de sa gamme hybride plein format. Les Lumix S1 II et Lumix S5 II se distinguent grâce à des fonctionnalités vidéo de haute qualité : 6K, Open Gate, RAW interne, et support LUT, le tout à un prix souvent compétitif qui défie la concurrence. La marque maintient également son intérêt pour le Micro Four Thirds (MFT), bien que ce segment semble clairement à un rythme ralenti. La dernière nouveauté en date est un objectif, le Leica DG Vario-Elmar 100-400 mm f/4-6.3 II, lancé en septembre 2023. Depuis, aucune nouvelle optique n’a vu le jour. Le Lumix GH7, prévu pour 2024, représente la seule véritable innovation, alors que le Lumix G97 n’est qu’une mise à jour mineure.
La gamme bridge, quant à elle, demeure discrète, presque confidentielle. Alors que de nombreux concurrents ont abandonné ce créneau, Panasonic et Nikon continuent de s’y intéresser. Le Lumix FZ82D, dont le modèle original est sorti en 2017, semble presque anachronique dans ce contexte. Les smartphones ayant largement affaibli le marché des compacts, les bridges auraient dû connaître le même sort. Pourtant, une demande subsiste toujours.
Le bridge est un appareil doté d’un objectif fixe équipé d’un zoom très polyvalent. Il offre une large plage focale, allant d’un grand-angle à un téléobjectif extrême. Pour le FZ82D, cela se traduit par une équivalence de 20 à 1200 mm en plein format, avec un zoom 60x impressionnant sur le papier. Cette capacité est inégalable par les smartphones actuels, même ceux intégrant des zooms numériques et de l’intelligence artificielle.
Le prix est très attractif : 479 euros, inférieur à celui d’un boîtier nu d’appareil hybride d’entrée de gamme. Il est bien moins cher qu’un zoom détachable équivalent, qui n’existe d’ailleurs pas. Par exemple, un Tamron 18-300 mm f/3.5-6.3 Di III-A VC VXD coûte environ 650 euros pour une couverture allant jusqu’à 450 mm (contre 1200 mm pour le FZ82D).
Cependant, ce modèle présente des compromis. Son capteur est relativement petit, mesurant 1/2,3 pouce, même si ses 18 MP restent crédibles sur le papier. Concernant l’optique, même si elle excelle dans un format compact, elle montre ses limites techniques à des focales longues.
Panasonic Lumix DC-FZ82D – Spécifications techniques
| Modèle | Panasonic Lumix DC-FZ82D |
|---|---|
| Type d’appareil | Bridge |
| Format du capteur | 1/2,3″ |
| Résolution capteur | 18,9 Mpx |
| Stabilisateur d’image | Hybride |
| Définition enregistrement vidéo | 4K@30 IPS |
| AF-S | 10 FPS |
| Écran orientable | Non |
| Poids | 596 g |
Ce test a été réalisé avec un appareil prêté par Panasonic.
Panasonic Lumix DC-FZ82D – Il tient dans une (grande) poche
Le FZ82D est entièrement en plastique, excepté les lentilles de l’objectif, bien sûr. Panasonic n’a pas cherché à masquer ce choix, mais cette construction ne donne pas une impression bon marché au toucher. L’appareil se révèle plutôt compact par rapport à la puissance de zoom qu’il propose. Ce n’est pas un compact de poche, mais pas non plus une brique.
Le grip est bien prononcé et texturé. On peut y envelopper confortablement trois doigts. L’index se place naturellement sur le déclencheur situé au-dessus du grip, incliné à un angle ergonomique. Il se manie assez bien d’une main, même si avec 640 g (batterie et carte incluses), il est préférable d’utiliser les deux mains lors des zooms importants pour éviter les mouvements excessifs.
Le zoom électrique est activé par une bague autour du déclencheur. En pratique, le zoom motorisé s’étend rapidement, couvrant la plage de focales de 20 à 1200 mm en moins de 5 secondes. Un léger ralentissement est perceptible avant d’atteindre la focale maximale, mais globalement, il est réactif.
L’équilibre de l’appareil reste satisfaisant, même lorsque le zoom est complètement déployé. Avec un objectif rétracté, ses dimensions sont de 130,2 × 94,3 × 125,2 mm, tandis que le zoom entièrement étendu atteint environ 24 cm de long.
Aucun traitement anti-pluie ou anti-poussière n’est présent, ce qui demande de la prudence en conditions difficiles. C’est une limitation réelle pour ceux qui souhaitent photographier des animaux dans des environnements rudes.
Le design évoque les reflex d’entrée de gamme classiques, avec des coins arrondis et une bosse de viseur proéminente en haut. Cette esthétique est généralement la marque des bridges modernes.
La molette de mode est bien conçue et se trouve sur le dessus, à côté de l’interrupteur marche/arrêt, accessible facilement avec le pouce. L’appareil s’allume instantanément. Deux boutons de fonction FN1 et FN2 permettent d’accéder par défaut aux modes 4K Photo et Post Focus. Au total, huit boutons de fonction reprogrammables sont disponibles.
La connectique est située sur le côté droit sous un couvercle. On retrouve un micro HDMI et un port USB-C pour le transfert et la charge. Il n’y a pas de prise pour microphone externe, donc on se doit de se contenter du micro intégré. La trappe de la batterie et de la carte SD se trouve sous l’appareil.
Surprise, le FZ82D ne dispose pas de Wi-Fi, rendant impossible le transfert des photos vers un smartphone, ce qui est regrettable.
Panasonic Lumix DC-FZ82D – Écran et visée
L’écran de 3 pouces propose 1,8 million de points, une amélioration significative par rapport au modèle d’origine, qui ne dépassait pas 1 MP. Dans la pratique, la différence est perceptible ; l’affichage est plus net et lumineux. Il reste lisible au soleil, bien qu’il faille parfois faire de l’ombre pour voir les détails. La taille de l’écran est suffisante pour cadrer, mais un format plus large aurait été appréciable.
L’écran est fixe, ce qui représente une déception majeure. Même les compacts d’entrée gamme de 2026 sont généralement équipés d’écrans inclinables. Ici, cela complique les prises de vue en plongée ou en contre-plongée, et rend les selfies impossibles.
La visée électronique OLED possède une résolution de 2,3 MP avec un grossissement de 0,74x, meilleur que le modèle de 2017, qui ne proposait qu’1,1 MP. L’image est claire et les informations de prise de vue sont lisibles, avec un correcteur dioptrique pour les myopes.
À noter, il n’y a pas de capteur de proximité pour passer automatiquement de l’écran à la visée. Il faut appuyer sur le bouton LVF à chaque fois, ce qui peut devenir fastidieux lors de changements fréquents.
L’écran reste actif, même éteint, lors de l’utilisation du viseur, permettant d’utiliser la fonction Touch Pad AF pour ajuster la zone de mise au point en touchant l’écran tout en étant derrière le viseur, une caractéristique pratique mais qui peut être gênante en raison des mouvements involontaires du nez sur l’écran.
Les menus sont clairs et bien structurés, et Panasonic a conçu une interface qui ne surcharge pas l’utilisateur.
Panasonic Lumix DC-FZ82D – Optique
Le zoom 60x constitue le principal atout de cet appareil. Il s’agit d’un Lumix DC Vario allant de 3,58 à 215 mm de focale réelle. En termes d’équivalent plein format, c’est 20-1200 mm. Sa construction comprend 14 éléments dans 12 groupes, dont 6 lentilles asphériques et 3 lentilles ED (Extra-Low Dispersion) pour réduire les aberrations chromatiques.
L’ouverture varie de f/2,8 à 20 mm et de f/5,9 à 1200 mm. Le diamètre du filtre est de 55 mm, ce qui est assez modeste pour un tel zoom. Le premier compromis majeur est la faible luminosité à longue focale, rendant f/5,9 à 1200 mm peu lumineux.
Dans des conditions de lumière moyenne ou faible, l’appareil a du mal à maintenir une vitesse d’obturation élevée aux longues focales. À 1200 mm avec f/5,9, en temps gris, il peut arriver à des vitesses d’obturation de 1/125 s ou moins, rendant les photos floues si le sujet ou la caméra bouge. La stratégie consiste donc à monter les ISO, mais cela engendre vite du bruit.
La stabilisation de l’image est assurée par un système OIS (Optical Image Stabilization) de type Power O.I.S., mais Panasonic ne précise pas le nombre de stops gagnés. En pratique, elle est efficace jusqu’à environ 300 mm. On peut tenir des vitesses d’environ 1/60 s sans flou, ce qui est appréciable.
Au-delà de 300 mm, l’appareil est moins tolérant avec les mouvements. À 600 mm, il faut vraiment veiller à rester stable, et à 1200 mm, il est presque impossible de garder le sujet centré dans le viseur à cause des moindres mouvements. Les prises de vue d’un oiseau en vol à cette focale sont alors peu réalistes.
L’optique est sensible au flare en direction du soleil, produisant souvent des reflets indésirables dans les images, et des aberrations chromatiques apparaissent dans ces cas-là, comme des franges violettes ou vertes sur des contours très contrastés.
Cependant, le plus dérangeant reste la chute considérable du contraste passé 300 mm d’équivalence. Les images deviennent plates et les détails fins se perdent. À 1200 mm, par temps couvert, ces problèmes se multiplient, chahutant l’autofocus, qui peine à faire le point sur des sujets peu contrastés, ce qui peut prendre un temps précieux, nuisible pour la photographie animalière.
La mise au point minimale est remarquable : 1 cm en mode macro à 20 mm, permettant de réaliser de belles images d’insectes et de fleurs.
En somme, l’objectif 20-1200 mm réussit à offrir une plage focale impressionnante dans un format réduit mais montre rapidement ses limites en conditions moins qu’idéales : lumière faible, sujets peu contrastés, et à des focales longues, il faut être prêt à faire des compromis.
Panasonic Lumix DC-FZ82D – Performances
Pour maintenir une optique aussi compacte avec une large plage focale, Panasonic a intégré un petit capteur de 1/2,3 pouce, standard dans de nombreux smartphones. À 18 millions de pixels, il est acceptable sur le papier, mais dans la réalité, le bruit apparaît rapidement, même à ISO bas.
Dès ISO 400, le bruit devient problématique. À ISO 800 et plus, il se renforce encore plus, surtout à des longueurs focales importantes et dans des conditions de faible contraste.
Ce capteur CMOS
, bien qu’étant rétroéclairé, produit rapidement du bruit, et sa sensibilité ISO maximale est petit 3200. Cependant, le processeur Venus Engine parvient à réduire les nuisances des JPEG de manière convaincante. Néanmoins, les fichiers RAW peuvent présenter un grain chromatique disgracieux après coup.
Le bruit de fond du capteur (dark current) est assez fortement marqué. Par le biais d’images exposées correctement et sous-exposées, la différence de bruit devient visible lors des retouches.
La dynamique du capteur est correcte, mais pas exceptionnelle ; les images prises contre le soleil requièrent des retouches pour calmer les hautes lumières et les ombres.
L’autofocus est basé sur la technologie DFD (Depth From Defocus) de Panasonic, ainsi que sur la détection de contraste. Ses performances varient and fonction de la focale. Plus on utilise un zoom, plus l’image perd en contraste et ainsi l’autofocus peut ramer.
Il compte 49 zones AF et permet de choisir entre différents modes : détection de visage, suivi, zone unique, ou un mode multizone ajustable. Toutefois, la détection des visages manque de fiabilité, accrochant parfois mais échouant dans des conditions compliquées.
Le suivi est satisfaisant en plein jour avec des sujets clairement définis, mais il devient peu fiable lorsque la lumière diminue ou que le sujet évolue rapidement.
À l’exception de ces difficultés, le FZ82D propose également un mode Focus Stacking, permettant de combiner plusieurs images avec des zones de mise au point différentes pour un maximum de netteté. Le bracketing d’exposition est également détenu, permettant des écarts allant jusqu’à 3 EV sur 3, 5 ou 7 clichés.
L’obturateur mécanique est capable d’enregistrer à des vitesses de 1/4 à 1/2000 s, tandis que l’obturateur électronique monte jusqu’à 1/16000 s, idéal pour capturer l’action par temps clair. Le mode nuit artistique permet des poses jusqu’à 60 s. En mode rafale avec suivi AF (AF-C), la cadence est fixée à 6 fps, tandis que le buffer limite l’enregistrement à environ 13 images en mode RAW+JPEG.
Les modes 4K Photo de Panasonic, permettant d’enregistrer des vidéos 4K à 30 images par seconde pour extraire les meilleures frames comme des photos de 8 MP, sont intégrés dans ce modèle. Par ailleurs, le mode Focus Stacking opère également.
Cependant, ces images sont limitées à 8 MP, et imposent un recadrage à 28-1680 mm, de même que les fichiers prennent beaucoup de place nécessitant une carte UHS-3. La durée d’enregistrement en 4K est limitée à 15 minutes, contre le double en 1080p.
Panasonic Lumix DC-FZ82D – Un vaste champ de possibles
Le FZ82D se présente comme un appareil extrêmement polyvalent. Sa plage focale permet de prendre des photos impossibles avec des appareils classiques. On peut zoomer sur des bateaux visibles à l’horizon qui ne sont que des points à l’œil nu. Les utilisateurs peuvent mitrailler, essayer, et revenir avec des récits photographiques uniques. Par exemple, capturer un détail architectural à 500 m ou un oiseau perché à 30 m dans le cadre à 1200 mm.
Le passage rapide de 20 mm pour une vue panoramique à 1200 mm pour isoler un détail éloigné offre une expérience satisfaisante, éliminant le besoin de transporter plusieurs objectifs, ainsi que le risque de poussières sur l’appareil.
Cependant, la baisse de contraste au-delà de 300 mm est très prononcée. Les photos de sujets tels que les oiseaux par temps couvert apparaissent alors floues, et le contraste s’estompe. À pleine lumière, l’appareil fonctionne remarquablement bien, produisant des couleurs bien saturées et un contraste approprié.
La balance des blancs est généralement précise, sans dérive significative, produisant des couleurs naturelles et convaincantes.
Panasonic Lumix DC-FZ82D – Un mode vidéo 4K avec recadrage
Le FZ82D filme en 4K jusqu’à 30 images/s (3840 × 2160 pixels). Il comprend un recadrage de capteur, réduisant la plage focale de 20-1200 mm à 28-1680 mm. Cela s’avère un avantage pour les sujets éloignés, bien qu’il limite l’angle de vue en grand angle.
Il est capable de transmettre jusqu’à 100 Mbps, une performance remarquable pour un appareil de cette catégorie. La qualité d’enregistrement est bonne en conditions bien éclairées, malgré les remarques antérieures concernant le contraste aux longues focales. Il peut également enregistrer en Full HD jusqu’à 60 fps.
Cependant, les limitations incluent l’absence de format Log 10 bits ou RAW, même sur sortie HDMI. La durée d’enregistrement en 4K est limitée à 15 minutes, tandis qu’elle atteint 30 minutes en 1080p. La stabilisation optique est applicable en vidéo mais reste peu efficace au-delà de 200 mm (équivalent 35 mm).
Les modes d’exposition (P, A, S, M) sont accessibles en vidéo, tout comme les réglages Photo Style et Contrôle Créatif. Le zoom motorisé, pratique pour filmer, fonctionne en toute discrétion.
Panasonic Lumix DC-FZ82D – Une autonomie d’environ 250 photos
Le FZ82D est alimenté via une batterie Li-ion DMW-BMB9 de 895 mAh (6,5 Wh), dont l’autonomie annoncée est d’environ 300 photos selon la norme CIPA. En pratique, cela dépend beaucoup de l’utilisation. Si le zoom et la visée électronique sont fréquemment utilisés, le nombre de photos peut descendre à environ 250.
La charge s’effectue désormais via USB-C, une avancée par rapport au modèle précédent qui utilisait un micro-USB.
En matière de vidéo, l’autonomie est d’environ 45 minutes en 4K.
Panasonic Lumix DC-FZ82D – Maxi zoom, petit prix
Le Panasonic FZ82D est disponible au prix attractif de 479 euros, un tarif qui le positionne parmi les bridges les plus accessibles sur le marché.
Actuellement, seules Nikon et Panasonic restent présents sur ce créneau. Le principal concurrent est le Nikon Coolpix P950, qui offre un capteur 1/2,3 pouce similaire, mais avec un zoom x83 (24-2000 mm) à un prix supérieur, situé autour de 700-800 euros. Le Coolpix P1100, haut de gamme à environ 1200 euros, possède un zoom x125 (24-3000 mm). Chez Panasonic, le FZ1000 II à 799 euros, avec un capteur 1 pouce, promet une meilleure qualité d’image, mais avec un zoom limité à x16 (25-400 mm).
Il n’y a donc pas de concurrent direct au FZ82D dans sa catégorie de prix avec ses caractéristiques spécifiques. Cet appareil est l’un des derniers représentants d’un segment en perte de vitesse.

