Test du Fujifilm X-T30 III : boîtier filmant en 6K à moins de 1000 €.
Le Fujifilm X-T30 III est disponible depuis novembre 2025 en noir, argent ou gris anthracite, au prix de 949 euros en boîtier nu ou 1 099 euros avec l’optique 13-33 mm kit. Ce modèle possède un capteur de 26 mégapixels et le processeur X-Processor 5, permettant une capture vidéo en 6K à 30 images par seconde.
Avec le Fujifilm X-T50 et son capteur de 40 mégapixels, on pensait que la série X-T30 était définitivement laissée de côté. Cependant, Fujifilm a décidé de conserver une option accessible à moins de 1 000 euros. Ainsi, le X-T30 III apparaît avec une offre claire : un capteur de 26 mégapixels éprouvé, le dernier processeur de la marque, et des capacités vidéo en 6K dans un boîtier compact. Cela pourrait bien séduire les photographes en quête d’un hybride APS-C à un prix abordable.
Face à ses concurrents directs, le X-T30 III s’inscrit dans un segment bien défini. Avec un prix de 1 099 euros en kit, il est moins cher que le X-T50 (1 299 € pour le boîtier nu) tout en bénéficiant du même processeur X-Processor 5. La différence principale ? L’absence de stabilisation mécanique et un capteur de seulement 26 mégapixels, contre 40 pour le modèle supérieur.
Du côté de la concurrence, le Nikon Z50 II (809 € boîtier nu actuellement) et le Canon EOS R10 (949 € boîtier nu) évoluent dans le même segment, mais avec des systèmes optiques différents. Le Sony A6700, plus cher, offre un autofocus redoutable mais sacrifie les simulations de film, caractéristiques appréciées chez Fujifilm.
Le X-T30 II, désormais arrêté, proposait le même boîtier pour environ 150 euros de moins, mais avec un processeur X-Processor 4 nettement moins performant. La montée en gamme est-elle justifiée ? C’est la question à laquelle ce test tentera de répondre.
### Fujifilm X-T30 III : Spécifications techniques
*Ce test a été réalisé avec un appareil prêté par Fujifilm*
### Fujifilm X-T30 III : Design
Reste fidèle à l’ADN de la série, le X-T30 III reprend exactement le gabarit du X-T30 II. Avec des dimensions de 118 x 83 x 47 mm et un poids de 378 grammes (batterie incluse), il reste l’un des hybrides APS-C les plus compacts disponibles. La construction privilégie le magnésium pour le châssis, offrant une finition de confiance, bien que l’absence de tropicalisation rappelle son statut d’entrée de gamme.
La prise en main est facilitée par une ergonomie soignée, avec une prise en main avant bien marquée et un grip arrière bien conçu. Les molettes de réglage (vitesse, compensation d’exposition) et le joystick de navigation occupent des positions logiques, même si le bouton Q est mal positionné sur le repose-pouce, ce qui agace au quotidien.
Concrètement, il est facile d’activer par inadvertance le bouton Q, ce qui affiche alors le menu rapide pendant qu’on cadre. Deux solutions existent : désactiver le bouton Q ou lui assigner la fonction autofocus et donner l’accès rapide au menu à un autre bouton.
La grande nouveauté ? La disparition de la molette de mode de prise de vue, remplacée par la molette de simulation de film. Trois positions personnalisables (FS1, FS2, FS3) permettent d’enregistrer des « recettes » complètes associant simulation, grain, effet chrome et autres paramètres JPEG. Un changement qui reste cohérent avec la philosophie Fujifilm, même s’il implique de passer par le menu pour changer de mode (prise unique, rafale, etc.).
Le flash pop-up intégré, surprenant pour un boîtier de 2025 à ce niveau de prix, démontre son utilité pour déboucher les ombres en portrait ou compenser un contre-jour. Fujifilm le rend encore plus pratique avec un mode automatique qui ajuste la puissance pour équilibrer les sujets au premier plan et à l’arrière-plan, s’avérant efficace même s’il n’est pas infaillible.
La trappe de connectique, située sur le flanc gauche, abrite un port USB-C 10 Gbps, une sortie micro HDMI et une entrée pour micro ou déclencheur mini-jack 2,5 mm. Un seul port SD UHS-I est présent, à côté de la batterie, sous l’appareil.
### Fujifilm X-T30 III : Écran et visée
Le viseur électronique Oled de 2,36 millions de points offre un confort de visée acceptable pour la catégorie, avec une couverture de 100% et un grossissement de 0,62x. Bien que cela ne soit pas exceptionnel, c’est suffisant pour cadrer précisément. Le rafraîchissement fluide évite les décalages gênants lors du suivi de sujets en mouvement.
L’écran tactile de 3 pouces affiche 1,62 million de points et s’incline vers le haut et le bas, une configuration qui convient aux photographes, mais limite les possibilités pour le vlogging, car il n’est pas possible de se voir sans moniteur externe.
### Fujifilm X-T30 III : L’optique 13-33 mm
Fujifilm en profite pour lancer une nouvelle optique kit, le XC 13-33 mm f/3.5-6.3 OIS (équivalent 20-50 mm en plein format). Avec ses 125 grammes et des dimensions compactes, ce zoom ultra-compact se marie parfaitement avec le boîtier.
Bien que construit en plastique, la qualité de fabrication reste correcte. La bague de zoom manuelle tourne avec un confort appréciable, et le stabilisateur optique OIS compense efficacement les tremblements.
En ce qui concerne la qualité optique, ce 13-33 mm se révèle une bonne surprise. La netteté au centre est élevée dès la pleine ouverture, restant convenable jusqu’aux bords de l’image moyennant un léger ajustement du diaphragme. Les déformations en barillet à 13 mm sont minimes et se corrigent en post-traitement.
Le principal inconvénient réside dans son ouverture maximale de f/6,3 à la focale longue, limitant les possibilités de flou d’arrière-plan et exigeant d’augmenter la sensibilité lorsque la lumière est faible. Cependant, au vu de son format et de son prix, cela reste acceptable.
### Fujifilm X-T30 III : Performances
Le X-Processor 5 représente la véritable innovation du X-T30 III. Il est deux fois plus rapide que le X-Processor 4, ouvrant de nouvelles possibilités en photo comme en vidéo.
L’autofocus intègre toutes les fonctionnalités de reconnaissance des sujets par intelligence artificielle : humains, animaux, oiseaux, véhicules, avions, trains, insectes et drones.
Le système accède rapidement aux visages et aux yeux, avec une réactivité notable par rapport au X-T30 II. On peut ainsi réaliser des autoportraits avec l’application de contrôle mobile de Fujifilm, tâche qui n’était pas toujours réussie avec les modèles précédents.
Le suivi AF marque également des progrès, même s’il ne rivalise pas encore avec celui de Sony. Dans des conditions difficiles, il arrive que le système perde sa cible, nécessitant une nouvelle acquisition.
En rafale, le X-T30 III maintient 8 images par seconde avec l’obturateur mécanique et atteint 20 i/s en mode électronique, pouvant même monter à 30 i/s avec un crop de 1,25x. Le buffer permet désormais jusqu’à 173 JPEG ou 84 RAW, une amélioration appréciable par rapport au X-T30 II.
### Fujifilm X-T30 III : Sur le terrain
Au quotidien, le X-T30 III se fait discret grâce à ses dimensions réduites et son faible poids. Il s’avère idéal pour la photo de rue, le voyage ou le reportage léger, avec des réglages accessibles rapidement via les molettes et le joystick.
La connectivité Wi-Fi 802.11ac et Bluetooth 4.2 facilite le transfert d’images vers un smartphone via l’application Fujifilm XApp, et le pilotage à distance fonctionne correctement pour des déclenchements à distance, utiles pour les autoportraits ou les poses longues.
Concernant les simulations de film, Fujifilm intègre 20 profils actuels, permettant une personnalisation rapide via les positions sur la molette.
L’absence de stabilisation mécanique est ressentie en basse lumière, surtout avec des optiques non stabilisées. Ce phénomène impose une vigilance sur la vitesse d’obturation, mais le duo avec l’objectif stabilisé Fuji 70-300 mm offre une satisfaction équilibrée.
### Fujifilm X-T30 III : Vidéo
Sur le plan vidéo, le X-T30 III se distingue de son prédécesseur. Le X-Processor 5 permet la capture en 6K (6240 x 4160 pixels) à 30 images/seconde en 4:2:2 10 bits, sans crop. Cette option exploite toute la surface du capteur, offrant une flexibilité en post-production.
Le codec interne enregistre en H.265 avec des débits atteignant 200 Mbps. Bien qu’il ne propose pas de RAW interne, les profils F-Log et F-Log2 garantissent une large plage dynamique pour l’étalonnage.
Cependant, des limitations subsistent, telles que l’absence de prise casque et un seul slot de carte SD UHS-I, rendant l’accès difficile avec une plaque pour trépied. En vidéo, l’absence de stabilisation mécanique se fait sentir, et la stabilisation électronique avec crop ne remplace pas un vrai système IBIS.
### Fujifilm X-T30 III : Autonomie
En ce qui concerne l’autonomie photo, Fujifilm annonce 425 images en mode économie, 315 en mode normal et 310 en mode boost. Des chiffres qui placent le X-T30 III dans la bonne moyenne des hybrides APS-C. En pratique, une seconde batterie est recommandée pour une journée de prise de vue intensive.
La recharge se fait via USB-C, ce qui est pratique pour une utilisation nomade.
À noter une mise à jour firmware mineure en décembre 2025, corrigeant quelques bugs et optimisant le rendu de l’écran LCD.
### Fujifilm X-T30 III : Prix et disponibilité
Disponible depuis novembre 2025 en noir, argent ou gris anthracite, le X-T30 III est proposé à 949 euros nu ou 1 099 euros avec l’optique 13-33 mm kit. Cela représente une hausse de 150 à 200 euros par rapport au X-T30 II à son lancement.
Cette augmentation tarifaire positionne le X-T30 III dans une zone de turbulences face à la concurrence, notamment avec le Canon EOS R10 et le Nikon Z50 II, qui, bien que moins orientés vers les simulations de film, offrent de la polyvalence.
Face au Fujifilm X-M5, le X-T30 III justifie son coût supplémentaire par le viseur intégré et le flash escamotable, des équipements appréciés des photographes. Cependant, pour les vidéastes, le X-T50 plus cher pourrait se révéler plus séduisant avec son capteur X-Trans de 40 MP et sa stabilisation intégrée, attirant ceux qui envisagent de remplacer leur X-T30 II.

