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Test du Diamant Suvea Style : un VTC électrique SUV compétitif

Le Diamant Suvea est disponible depuis le second semestre 2025 en France à partir de 4 659 euros. Ce modèle est équipé d’une batterie de 600 Wh et offre une autonomie minimale de 80 km, même par temps froid.


Pour de nombreux experts en vélos électriques, le marché est déjà inondé d’offres. Cela n’empêche pas l’émergence de nouvelles marques et l’importation d’autres. Parmi celles-ci, la marque allemande Diamant a fait une entrée timide en France en 2025.

Diamant, la référence haut de gamme du groupe américain Trek, a débuté en 1992 avec son modèle de vélo à assistance électrique urbain, le City Blitz. Aujourd’hui, l’entreprise propose principalement des VAE tout-chemin, dont le nouveau Suvea. Avec un prix dépassant 6 000 euros, il doit justifier ce coût par son équipement, son confort, et le choix de ses composants.

Nous avons eu l’occasion de tester ce modèle durant plus de deux semaines et sur près de 140 km pour l’évaluer.

**Fiche technique**

| Modèle | Diamant Suvea Style |
|——————————–|——————————|
| Vitesse max | 25 km/h |
| Puissance du moteur | 250 watts |
| Nombre d’assistances | 4 |
| Batterie amovible | Oui |
| Bluetooth | Oui |
| GPS | Non |
| Écran | Oui |
| Poids | 29,2 kg |
| Couleur | Bleu, Vert, Beige |
| Poids maximal supporté | 160 kg |
| Phares | Oui |
| Feu arrière | Oui |
| | Fiche produit |

*Ce test a été réalisé à partir d’un modèle prêté par la marque.*

**Une magnifique finition et un équipement de haut rang**

Le Diamant Suvea mérite son nom, car il se présente comme le SUV du vélo électrique. Avec ses pneus larges et ses freins imposants, il a un côté baroudeur, mais c’est un modèle fondamentalement urbain (en tout cas dans notre version Style, avec transmission Enviolo, par opposition au dérailleur des modèles « Trip » ou « Trip Pro »).

Il est conçu pour les trajets quotidiens, avec un porte-bagages arrière compatible MIK HD et une structure latérale « D-Wings » pour un meilleur maintien des sacoches, complété par des tendeurs intégrés. Il dispose aussi de longs garde-boue pour éviter les éclaboussures et d’un éclairage avant puissant – un faisceau large – de 40 lux, produit par Herrmans.

Le carter de courroie est également présent, mais il est petit au-dessus du pédalier, ce qui ne protège pas entièrement les pieds et chevilles, notamment d’éventuelles projections pour un enfant à l’arrière. Une petite déception réside dans l’absence d’antivol de cadre, généralement proposé sur les vélos électriques allemands.

**Une barre supérieure amovible (théoriquement) pratique mais payante**

Avec son cadre ouvert, le Diamant Suvea se transforme en cadre fermé grâce à une barre supérieure amovible. Cependant, nous n’avons pas pu essayer cette barre, celle-ci n’étant pas fournie pour notre test et elle est vendue au prix de 100 euros. C’est dommage, car c’est un atout majeur qui a permis à ce vélo électrique de remporter deux prix – l’Eurobike Award et le Red Dot Award.

Cette barre sert de support pour des sacoches ou accessoires, pratique pour le trekking. Elle accroît le poids, mais ce VAE n’est pas conçu pour être porté régulièrement. Son poids atteint 30,6 kg, dont 3,94 kg pour la batterie.

**Un écosystème Bosch en constante évolution, mais incomplet en version gratuite**

Diamant mise sur le Bosch Smart System, dont les capacités de connectivité se renforcent chaque année. Il est désormais possible de sécuriser le vélo en verrouillant l’assistance, ou de bloquer la batterie en cas de vol (associée au vélo), et de partager des données.

L’application Flow permet d’accéder aux statistiques de trajet, de modifier et régler les modes de conduite (4 sur 8 disponibles), ou encore d’utiliser le smartphone pour la navigation. Le Kiox 500 déjà présent (écran de 3 pouces) offre des couleurs vives et une grande résolution, fournissant de nombreuses informations comme le kilométrage, la durée, l’autonomie restante, la puissance, la cadence, etc.

Il est possible d’ajouter le Connect Module pour géolocaliser le vélo électrique (99 euros) et de s’abonner à l’offre payante Flow+ (environ 40 euros par an), qui propose des fonctionnalités supplémentaires telles que l’alerte, le verrouillage de la batterie en cas de vol, et le partage du vélo. Il est regrettable que le Connect Module ne soit pas inclus en standard.

**Bel agrément de conduite**

Le Diamant Suvea sait s’adapter à son utilisateur. Son cadre ouvert facilite the montée sur une selle relativement basse. De plus, la potence ajustable permet de régler l’angle pour un confort optimal. La fourche avant de 100 mm de débattement fait oublier les imperfections des pistes cyclables, pavés et routes parisiennes.

La tige de selle suspendue, bien que présente, ne compense pas complètement la rigidité de l’arrière du vélo. Néanmoins, grâce aux pneus Schwalbe Moto X, les vibrations sont bien absorbées. Ces pneus, avec une largeur de 2,4 pouces, conviennent pour des trajets urbains même sous une forte pluie, mais ne sont pas idéaux pour des terrains accidentés ou boueux. Malgré son poids, le Suvea se montre assez agile.

**Superbes performances moteur et freins**

Le moteur Bosch Performance Line CX apporte un véritable dynamisme. Il est fort probable que la version inférieure (PX avec 90 Nm) aurait été suffisante, surtout en dehors des routes pavées.

Avec un couple de 85 Nm, augmentable à 100 Nm via l’application (750 W de puissance contre 600 W), le Diamant grimpe aisément les côtes les plus raides. Le mode maximal Turbo est idéal dans ces situations, tandis que le mode Auto gère le quotidien. Le mode Tour+ exige un peu plus d’effort lors des montées, alors qu’Eco est réservé aux terrains plats.

La transmission Enviolo Trekking, type variateur, se règle grâce à une manette au guidon, ce qui est idéal pour la ville. Les freins Magura MT thirty, avec des disques de 203 mm, stoppent le vélo en moins de 3 mètres à 25 km/h, mais émettent parfois un couinement.

**Une autonomie minimale de 80 km même par temps froid**

Le Diamant Suvea est proposé en version avec batterie de 600 Wh et nous avons testé la version avec 800 Wh pour des distances théoriques non communiquées. Sur un terrain parisien légèrement vallonné et sous une température d’environ 3°C, l’autonomie atteint 80 km par charge. En mode Auto, elle dépasse 100 km à 5°C et avec le mode Tour+, on estime près de 130 km à 7°C.

La décharge est progressive, sans baisse notable de la puissance même à faible charge, avec un bridage sous 10 %. À 0 %, l’assistance se désactive, mais l’éclairage demeure actif en mode “réserve”.

**Une recharge rapide et flexible**

Pour la recharge, il est possible de le faire sur le vélo ou en retirant la batterie via une prise située en bas du cadre. Le couvercle de la batterie est aimanté, pratique mais soulève la question de la sécurité en extérieur.

L’extraction de la batterie est simple, mais son poids (4 kg) peut être un inconvénient. La recharge rapide à 4 A est appréciable, bien que la transition de 0 à 30 % prenne une heure, contre 1h40 pour les 30 % suivants. Il faut 4 heures pour atteindre 80 % de capacité et 5h30 pour une recharge complète.

**Un positionnement haut de gamme justifié ?**

Le Diamant Suvea est disponible en France depuis le second semestre 2025, à partir de 4 659 euros pour la version Trip Plus, et grimpe à 5 659 euros pour le Trip Pro. Notre Suvea Style est également à 5 659 euros avec batterie 600 Wh, ajoutant 400 euros pour 800 Wh.

À 6 059 euros, ce VTC électrique se confronte à une concurrence consistante, notamment le Riese & Müller Nevo5 vario (6 099 euros en 600 Wh) ainsi que d’autres modèles compétitifs.

Le cadre des vélos électriques allemands bénéficie d’une garantie à vie, tandis que les autres composants sont garantis deux ans, peinture incluse. Diamant utilise le réseau de revendeurs Trek, soit près de 2 000 points de vente en Europe, dont environ 400 en France. Les VAE sont assemblés en Allemagne.