Test de la Lymow One : robot tondeuse à chenilles sur terrains compliqués
Le Lymow One est conçu pour les grands terrains avec une largeur de coupe de 400 mm, un poids de 35,2 kg et une puissance de coupe maximale de 1 200 W. Il est commercialisé au prix de 2 149 € et peut gérer jusqu’à 80 zones.
J’ai rencontré l’équipe de Lymow à Shenzhen lors d’un déplacement en Chine. Quelques mois plus tard, un Lymow One arrivait chez moi. Depuis, il a beaucoup travaillé. Voici ce que j’en pense vraiment.
À l’arrivée du Lymow One, ma curiosité était éveillée. Mais, pour être honnête, j’étais aussi un peu sceptique.
J’avais eu des échanges avec l’équipe lors de mon passage à Shenzhen, et ce qu’ils m’avaient montré était véritablement intrigant : un robot tondeuse sur chenilles, sans câble périphérique à enterrer, conçu pour s’attaquer à de grands terrains complexes. C’est une jeune entreprise qui a financé son produit via Kickstarter, récoltant plus de 5 millions d’euros au total. La marque revendique également un solide soutien communautaire, avec plus de 4 000 contributeurs. Plusieurs groupes Facebook existent à cet égard, dont un en français.
Quelques mois plus tard, un exemplaire m’était envoyé pour un test.
Le contexte est d’autant plus intéressant que, entre ma commande et la livraison, Lymow a lancé une version améliorée de la machine, le One Plus. J’ai donc essayé le modèle d’origine, tout en sachant qu’une version plus avancée était déjà disponible. Il convient de préciser que ce test relève plus d’une prise en main que d’un véritable essai, car ce modèle précis n’est plus en vente.
Il est également important de noter que le Lymow One est destiné à des grands terrains, et le mien ne correspond pas vraiment à cette description. C’est mon ami Pierrick qui m’a généreusement prêté son terrain de plus de 4 000 m², plus adapté à la machine, sans quoi ce test n’aurait pas eu beaucoup de signification.
**Fiche technique**
| Caractéristiques | Lymow One |
|————————————-|—————-|
| Largeur de coupe | 400 mm (16 pouces) |
| Hauteur de coupe | 30 à 100 mm |
| Puissance de coupe (max) | 1 200 W |
| Vitesse des lames | Jusqu’à 6 000 tr/min |
| Navigation | RTK + VSLAM (sans fil périmétrique) |
| Connectivité | SIM 4G intégrée, Wi-Fi, Bluetooth |
| Batterie | LiFePO₄, 2 000+ cycles |
| Autonomie par charge | ~1 450 m² (mode standard) |
| Surface max théorique/jour | 7 000 m² (conditions optimales) |
| Recharge | Moins de 90 minutes |
| Franchissement d’obstacles | 50 mm |
| Pentes | Jusqu’à 45° |
| Poids | 35,2 kg |
| Niveau sonore | 72 dB |
| Nombre de zones gérées | Jusqu’à 80 |
| Prix | 2 149 € |
**Présentation générale**
Lorsque j’ai sorti le Lymow One de son emballage, ma première réaction a été : c’est gros. Vraiment gros. On est loin des petits disques discrets qui se déplacent silencieusement dans les jardins bien entretenus. Un ami à qui j’ai envoyé une photo de l’appareil m’a même dit : « Mouarf, on dirait un robot de guerre ukrainien ».
Nous avons ici une machine qui évoque davantage un engin de chantier miniature qu’un robot de finition. Avec sa largeur de coupe de 400 mm, son châssis en alliage d’aluminium et ses chenilles de qualité, elle inspire une impression de solidité.
Le fonctionnement repose sur une navigation combinant RTK (positionnement satellite de haute précision) et VSLAM (cartographie visuelle simultanée), enrichie d’une vision IA et de capteurs ultrasons pour éviter les obstacles.
Le robot crée une carte de votre terrain, mémorise les zones à tondre et celles à éviter, puis se déplace en conséquence. Une antenne RTK externe est incluse dans le kit.
Cet outil semble clairement conçu pour des grands espaces et des surfaces complexes, comme des jardins accidentés ou des zones avec dénivelés. Ce n’est pas destiné à un carré de gazon bien plat de 500 m², mais à des terrains difficiles, justifiant son prix de 2 149 €.
Le plateau de coupe est frontal et peut être relevé électriquement, ce qui est très pratique : pour le nettoyage ou lors des déplacements sur des surfaces dures, il suffit d’une commande via l’application.
Sous ce plateau, deux lames rotatives indépendantes, chacune avec son propre moteur, minimisent les risques de collision, même en cas de bourrage, chose importante dans les zones encombrées.
Ce Lymow One utilise des lames rotatives suffisamment larges, là où la plupart des robots classiques optent pour de petites lames pivotantes. On parle de mulching, avec une bonne circulation d’air dans le carter, et une éjection latérale pour éviter les amas.
Sa batterie LiFePO₄ offre une durée de vie promise de plus de 2 000 cycles, ce qui signifie plusieurs années d’utilisation intensive.
C’est une technologie plus robuste que le lithium-ion classique, malgré un poids accru : le robot pèse 35,2 kg. Cela mérite d’être noté pour ceux qui devront le manipuler fréquemment, surtout que la batterie est amovible.
En termes de connectivité, une SIM 4G est intégrée. Cela permet au robot d’être contrôlé à distance, sans dépendre de votre réseau Wi-Fi local (nécessaire uniquement pour la configuration initiale et les mises à jour).
Lors de la première mise en service, j’ai dû contacter le support pour activer la connexion. Il semble que l’activation automatique prenne entre 24 et 48 heures. Ce n’est pas dramatique, mais c’est un petit contretemps inattendu.
Sur les forums spécialisés, le Lymow One a été surnommé « Linux des tondeuses ». Cette comparaison, bien que ludique, n’est pas entièrement infondée : c’est un outil puissant, capable de beaucoup, mais qui demande du temps pour être bien configuré. Comme Linux, il repose sur de fréquentes mises à jour et apporte de nombreuses informations techniques.
Un dernier point avant de plonger dans les détails : Lymow a présenté le One Plus entre l’envoi de mon unité de test et la publication de cet article, nous y reviendrons en fin de texte.
**Premières impressions**
Au premier contact, le poids se fait sentir : 35 kilos, ça se remarque au déballage. L’installation de la station de charge et de l’antenne RTK ne pose pas de difficultés majeures, mais il est crucial de bien choisir leur emplacement dès le départ, car une fois la cartographie effectuée, déplacer l’antenne ou la station, même légèrement, désajuste toute la référence de navigation. Tout est à recommencer.
La cartographie du terrain se réalise en guidant manuellement le robot le long des contours via l’application. C’est précis, mais cela demande du temps sur un terrain complexe. La première frustration se manifeste ici : certaines fonctionnalités de l’application, comme la modification de périmètres ou la fusion de zones, ne sont pas encore disponibles. Elles sont promises par des mises à jour OTA, mais au moment de mon test, il a fallu créer autant de passages physiques qu’il y avait de zones désirées. Ce Lymow One ne propose pas non plus de cartographie automatique, contrairement à d’autres marques.
La mise en route demande donc patience. Mais une fois la cartographie établie, le robot prend son indépendance. Et, là, c’est impressionnant. Le Lymow One se déplace avec une assurance inattendue.
Les chenilles offrent une bonne adhérence, la machine reste stable sur des dévers légers, et le plateau de coupe frontal permet d’accéder à des zones que des robots avec lames centrales auraient difficilement atteintes, comme le long des murs.
La soufflerie intégrée au plateau est une belle surprise. Même en mode mulching, les herbes hautes et couchées sont bien traitées, sans bourrage. Un avantage inattendu : le flux d’air aspire une partie du pollen tombé au sol. Le plateau se nettoie ensuite en moins de deux minutes avec un jet d’eau.
En ce qui concerne le bruit, le robot fonctionne entre 63 et 72 dB. Bien que ce ne soit pas silencieux au sens strict, à une quinzaine de mètres, il ne reste qu’un léger bourdonnement. Il est donc possible de l’utiliser le dimanche sans incommoder le voisinage.
À noter pour les lames qu’elles ne sont pas affûtées à l’origine, mais, étonnamment, cela ne représente pas un problème. Les lames étant fines et suffisamment rapides, elles coupent correctement, et leur non-affûtage les protège dans le temps.
La vision IA détecte bien les obstacles. Le robot les évite, parfois avec un peu trop de prudence : au lieu de contourner, il marque une pause, comme s’il attendait que l’obstacle disparaisse. Ce comportement est perfectible, mais dans la majorité des situations, cela se résout seul. Cependant, sur un terrain très encombré, cela peut ralentir la progression.
Après une semaine d’essai dans des conditions difficilement favorables (matinées humides, herbe grasse, branches mortes, taupinières, passages étroits), le bilan matériel est rassurant : quelques légères rayures sur les côtés du plateau, rien de plus. La machine est robuste.
**Performances**
Testé dans un terrain loin d’être idéal : matinées fraîches, humides, herbes hautes et grasses, sol lourd avec beaucoup de bois, sans oublier les taupinières et des passages étroits en pente légère.
Ce terrain est habituellement confié à un tracteur tondeuse à rayon de braquage zéro de 16 ch avec une coupe frontale de 103 cm. Le Lymow One avait du pain sur la planche.
Sur le plan traction, les chenilles sont efficaces : le robot peut négocier sans hésitation des obstacles de 50 mm, grimper des pentes abruptes, et traverser des zones molles que beaucoup d’autres machines auraient évitées.
Cependant, quelques réserves : les chenilles n’apprécient pas vraiment le gravier, qui tend à s’accumuler sur les roues internes. Ajuster la tension des chenilles, qui est réglable et plutôt fermée par défaut, peut minimiser ce problème. De plus, le carter des chenilles pourrait être légèrement élargi pour mieux protéger les bords extérieurs.
Les choses se compliquent lorsque plusieurs difficultés se cumulent : pente prononcée + espace réduit + herbe haute + sol détrempé + obstacle à contourner. Dans ces conditions extrêmes, le robot peut rencontrer des soucis. Cependant, à ce niveau d’accumulation, on flirte avec des conditions inappropriées.
Le système de coupe, quant à lui, est ce qui distingue réellement le Lymow One de la concurrence. Deux lames rotatives indépendantes, chacune entraînée par son propre moteur, s’évitent d’entrechoquer, même en cas de blocage. La largeur de 400 mm et la vitesse de 6 000 tr/min permettent d’aborder des herbes hautes que beaucoup de robots ne parviendraient pas à tondre.
En pratique, l’autonomie réelle en mode standard se situe autour de 1 700 m² par charge, assez éloignée des 7 000 m²/jour annoncés par Lymow, un chiffre théorique basé sur un terrain plat et facile. Sur un jardin complexe comme le mien, tabler sur environ 3 000 m² par jour est plus réaliste. Au final, c’est le robot qui travaille pour vous. La recharge complète prend moins de 90 minutes.
Un bourrage a eu lieu dans deux situations : un morceau de bois coincé entre la lame et le plateau, et, soyons honnêtes, après quatre jours de tonte consécutifs sans nettoyage sur un sol humide avec des taupinières. Dans des conditions normales avec un entretien régulier, le système de coupe est fiable.
**Application**
L’application Lymow n’est pas particulièrement agréable à utiliser, mais elle est fonctionnelle. L’interface remplit ses fonctions : cartographier, programmer, surveiller, ajuster les paramètres de tonte, mais elle manque de finition et d’ergonomie.
En bonne nouvelle : une mise à jour récente a permis de choisir la langue. Les messages vocaux du robot restent en anglais, mais c’est déjà un progrès.
Le véritable souci réside dans les fonctionnalités manquantes : modification des périmètres de zones, tracés de bords droits, divisions ou fusions de zones depuis l’application, tout cela est promis pour de futures mises à jour, mais absent lors du test. On s’en rend compte après avoir fait toute la première cartographie physiquement. Frustrant.
L’application ne permet pas de suivre la progression de tonte en temps réel : pour cela, il faut laisser l’application ouverte, ce qui n’est pas très pratique. La caméra intégrée est accessible à distance, mais la qualité d’image est juste correcte, comparable à une webcam d’entrée de gamme.
D’autres lacunes se font sentir : impossibilité de créer des couloirs entre deux zones ou de placer la station de charge dans une zone interdite accessible par un corridor dédié. Si une surface est laissée de côté dans une grande zone, il faut relancer la tonte de l’ensemble de la zone au lieu de cibler seulement la partie manquante. Certaines actions nécessitent également peu de confirmation, un faux clic et on perd toute progression.
Plusieurs codes d’erreur récents se sont également manifestés : E71 (navigation interne), E58 (placement de station), E53 (navigation), E46 (localisation instable), E25 (station non détectée). Ces notifications se présentent de manière imprévisible et leur solution est parfois peu intuitive. Sur ce point, Lymow doit encore progresser, et leur fréquence de mises à jour indique qu’ils en sont conscients.
**Entretien**
Le plateau de coupe qui se lève électriquement est un atout pratique souvent sous-estimé. Pour le nettoyage, il suffit de relever le plateau à l’aide d’une commande, de passer un jet d’eau et le nettoyage est effectué en deux minutes. La soufflerie ramassant le pollen et les débris facilite encore plus l’opération.
Les lames ne requièrent pas d’affûtage régulier. Leur conception fine et leur vitesse de rotation leur assurent une efficacité sans entretien, ce qui les rend plus durables. C’est un point souvent inattendu pour les utilisateurs débutants.
Les chenilles, elles, nécessitent une attention particulière sur des sols pierreux. Les gravillons peuvent s’accumuler sur les roues internes et provoquer des blocages. Un contrôle visuel régulier et un ajustement de la tension des chenilles en fonction du type de terrain permettent d’éviter la plupart des incidents.
Un regret notable : en cas de bourrage ou de blocage de la lame, le robot s’arrête et attend une intervention manuelle. Il ne retourne pas automatiquement à la station de recharge. C’est une lacune qui engendre des interventions inutiles, surtout sur de grands terrains. Une amélioration logicielle pourrait résoudre ce problème sans modification matérielle.
**Différences entre le Lymow One et le One Plus**
Entre l’envoi de mon unité de test et la publication de cet article, Lymow a lancé le One Plus, une version améliorée sur plusieurs aspects. Le prix à vérifier selon les marchés, les évolutions techniques sont réelles.
Le One Plus a une puissance de coupe de 1 785 W contre 1 200 W pour le One, et peut franchir des obstacles de 70 mm au lieu de 50 mm. Sa capacité par charge est légèrement supérieure (environ 2 300 m²), et il propose une charge rapide avec deux options selon le chargeur utilisé. En revanche, la vitesse de tonte, l’autonomie maximale annoncée (7 000 m²/jour) et le poids restent quasiment identiques.
| Caractéristiques | Lymow One | Lymow One Plus |
|—————————————|—————-|——————|
| Positionnement | Modèle de base haut de gamme | Version améliorée, orientée performance |
| Puissance de coupe max | 1 200 W | 1 785 W |
| Vitesse des lames | Jusqu’à 6 000 tr/min | 3 000 à 6 000 tr/min |
| Vitesse de tonte | 0,3 à 1,0 m/s | 0,3 à 1,0 m/s |
| Franchissement d’obstacles | 50 mm | 70 mm |
| Autonomie max | 3 h | 3 h |
| Surface max par charge | ~2 000 m² | ~2 300 m² |
| Surface max par jour (théorique) | 7 000 m² | 7 000 m² |
| Poids | 35,2 kg | 35,6 kg |
| Charge rapide | 90 min (10 % à 90 %) | 90 min (chargeur 10 A) / 150 min (5 A) |
Attention, certains accessoires ne sont pas compatibles entre les deux modèles.
**Prix et alternatives**
Au prix de 2 149 €, le Lymow One se positionne clairement dans le haut de gamme. Ce tarif correspond à une machine qui s’aventure sur des terrains moins conventionnels, ne ciblant pas le même public qu’un robot tondeuse classique à 600 ou 800 €.
Le One Plus, version plus aboutie, est proposé à 2 699 € (prix de lancement, contre un tarif normal de 2 999 €), soit 550 € de plus pour un appareil plus puissant et mieux fini. L’écart se justifie, même s’il augmente la facture.
Pour ceux qui hésitent ou qui souhaitent comparer avec d’autres robots tondeuses haut de gamme, un guide d’achat détaillé est disponible, passant en revue les principales options selon la surface, le terrain et le budget. À ce tarif, il est plus sage de prendre le temps de choisir.

