Test de la GoPro Max 2 : ne résiste pas à la concurrence.
GoPro a officialisé la GoPro Max 2 le 23 septembre et l’a commercialisée dès le 30 septembre 2025. La caméra pèse 195 grammes et mesure 64 x 69,7 x 48,7 mm.
GoPro a longtemps manqué sur le marché des caméras 360. Depuis le lancement de la première Max en octobre 2019, la marque s’est concentrée sur ses caméras d’action classiques, laissant Insta360 dominer presque seule ce segment.
Après des années de développement et de **reports successifs**, GoPro revient avec l’ambition de surpasser la concurrence, qui a eu le temps de se renforcer. D’un côté, l’Insta360 X5, lancée en avril 2025, continue de s’imposer grâce à sa polyvalence et à son écosystème bien établi. De l’autre, DJI a marqué les esprits fin juillet 2025 avec l’Osmo 360 et sa qualité d’image remarquable.
La GoPro Max 2, annoncée le 23 septembre et disponible à la vente dès le 30 septembre 2025, se retrouve dans un contexte beaucoup plus concurrentiel qu’en 2019. De plus, GoPro traverse un **contexte financier difficile** depuis plusieurs années, ce qui fait de la Max 2 une **caméra de la dernière chance**. La marque promet une augmentation de la résolution avec un véritable 8K, une meilleure autonomie et surtout l’intégration de son expertise en stabilisation. Sur le papier, cela pourrait permettre de rivaliser avec les leaders du secteur. Mais qu’en est-il réellement ?
GoPro Max 2 Fiche technique
Ce test a été réalisé avec une GoPro Max 2 fournie par GoPro.
GoPro Max 2 Un retour en force discret mais solide
GoPro n’a pas cherché à révolutionner son format. La Max 2 reprend la silhouette compacte et arrondie de son prédécesseur. Ses dimensions sont contenues : 64 x 69,7 x 48,7 mm pour 195 grammes. Ce gabarit la place entre la DJI Osmo 360 (183 grammes) et l’Insta360 X5 (200 grammes).
La première prise en main de la GoPro Max 2 laisse deux impressions :
– la caméra semble robuste ;
– son design paraît vieillot, très similaire à celui de la première GoPro Max.
La sensation de solidité provient probablement de son revêtement caoutchouteux caractéristique des caméras GoPro. À peine reçue, mon collègue l’a déjà faite tomber sur la moquette à hauteur de bureau… et cela ne m’a pas semblé dangereux, alors que j’aurais paniqué avec ses concurrentes.
Rappelons que la fragilité des caméras 360 réside dans la présence de deux lentilles. Une chute, même minime, peut entraîner des rayures ou des coups. Cependant, la Max 2 appartient à une lignée de caméras conçues pour les sports extrêmes et se doit donc d’être un minimum résistante.
La caméra intègre des lentilles de protection qui sont non seulement dévissables, mais surtout remplaçables. Ce système de **déclipsage** permet de changer la lentille endommagée soi-même en quelques secondes, rendant cette caractéristique plus pratique que celle de l’Insta360 X5.
Concernant le design, la taille de l’écran rend la Max 2 moins attrayante : alors qu’Insta360 opte pour un écran long, DJI et GoPro choisissent un format plus classique avec un écran mécaniquement plus petit.
Sur le côté droit, une trappe métallique protège le port USB-C et l’emplacement microSD. Cette conception à double accès reprend celle de la Max originale et évite de multiplier les ouvertures. En revanche, la Max 2 ne dispose d’aucun stockage interne, un point où DJI conserve l’avantage avec son Osmo 360.
L’étanchéité est modeste, avec une profondeur de **5 mètres sans caisson**. Cela convient pour du snorkeling, mais c’est bien en dessous des 10 mètres de la DJI Osmo 360 et des 15 mètres de l’Insta360 X5. De plus, les caméras 360° nécessitent un boîtier spécifique pour filmer sous l’eau, afin d’éviter de grosses erreurs de stitching.
En ce qui concerne les fixations, GoPro propose trois options compatibles : les pattes classiques, le pas de vis standard pour trépied et leur nouveau système d’attache magnétique. Cela est très polyvalent, bien qu’une attache magnétique dans la boîte aurait été appréciée.
La batterie amovible de 1960 mAh Enduro signale un changement dans l’écosystème GoPro : elle n’est compatible ni avec les batteries de la Max originale, ni avec celles des Hero récentes, bien que la capacité n’ait progressé que de 360 mAh par rapport à la génération précédente.
D’autre part, GoPro a intégré une large grille d’aération sur le flanc de la Max 2, anticipant ainsi les problèmes de surchauffe, un point que nous testerons dans la section consacrée à l’autonomie.
GoPro Max 2 Interface logicielle : trop à l’étroit
L’écran intégré de la GoPro Max 2 est décevant. Bien qu’il soit correct, il souffre de la comparaison avec celui de l’Insta360 X5.
Son écran de 1,8 pouce au format paysage paraît étriqué face à la dalle verticale de 2,5 pouces de sa concurrente. Comme sur l’Osmo 360 de DJI, on doit parfois viser juste avec le doigt, surtout pour les réglages situés dans les coins. La navigation verticale de l’Insta360 X5 offre un confort visuel et tactile indéniablement supérieur, surtout pour consulter les vidéos enregistrées.
Il n’est pas possible de naviguer en 360 degrés dans les vidéos stockées sur la GoPro Max 2. Ce n’est pas insurmontable (on passe par le téléphone pour le montage), mais l’absence d’une fonction aussi basique est décevante.
Autrement, l’interface de la GoPro Max 2 est fluide. Les swipes réagissent bien et aucun ralentissement n’est apparu pendant le test. GoPro conserve sa logique historique : simplicité, épuration et efficacité. Les utilisateurs des Hero se retrouveront rapidement, tandis que les nouveaux seront guidés sans difficulté.
Néanmoins, la réactivité et la fluidité des interfaces concurrentes donnent vraiment l’impression d’utiliser un téléphone, alors que GoPro reste résolument une caméra d’action.
Il convient de noter que la Max 2 utilise toujours le processeur GP2, lancé avec la Hero 10 Black en… 2021. Cela explique probablement certaines de ses limites.
La Max 2 conserve des raccourcis habituels : un **swipe** vers le bas ouvre le tableau de bord des réglages rapides, un **swipe** vers le haut accède à la galerie. Il est possible de créer vos propres préréglages pour basculer rapidement d’un mode « Vlog » à un mode « Action » sans devoir refaire tous les réglages.
Un petit détail, absent chez la concurrence : un appui sur le bouton d’allumage permet de revenir à l’écran d’accueil, pratique lorsqu’on navigue à travers plusieurs menus.
En revanche, GoPro est plus timide quant à la quantité de boutons sur la Max 2, ne conservant que l’essentiel : un bouton mode/alimentation sur le côté et le déclencheur au-dessus.
Alors que certains utilisateurs pourraient considérer le manque de personnalisation comme un défaut, d’autres apprécieront la possibilité de filmer sans se soucier de la configuration. Surtout, les boutons de la Max 2 sont bien cliquables, ce qui est important dans des scénarios sportifs.
Le démarrage de la caméra n’est pas très rapide ; comptez environ 5 secondes entre le clic sur le bouton et le début de l’enregistrement. La Max 2 ne rivalise donc pas avec la réactivité instantanée de la DJI Osmo 360.
GoPro Max 2 Utilisation et montage : service minimum
Accessoires
L’écosystème GoPro reste un modèle, mais avec la Max 2, la marque oscille entre avantages et inconvénients. La bonne nouvelle est que la caméra intègre le système de fixation magnétique lancé avec la Hero 13 Black, permettant un passage rapide d’un harnais de poitrine à une perche sans vis. Toutefois, comptez entre 15 et 30 euros pour chaque fixation magnétique.
Sur ce point, GoPro comble son retard face à DJI et prend même une petite avance sur l’Insta360 X5, qui nécessite un adaptateur vissable pour offrir la même flexibilité. Bien que les caméras 360 soient souvent utilisées avec une perche, il est à souligner que la Max 2 propose trois options d’accroche : les pattes classiques, le pas de vis et le système magnétique.
Cependant, la marque rate l’occasion de capitaliser pleinement sur son parc installé. La nouvelle batterie Enduro de la Max 2, plus large que celle de la Max originale, rend les anciennes batteries inutilisables. De plus, elle n’est pas compatible avec celles de la GoPro Hero 13. Cette fragmentation de l’écosystème est un point négatif, surtout que DJI a intelligemment utilisé la même batterie pour ses Osmo Action 3, 4, 5 Pro et même la dernière Osmo Action 6.
La Max 2 reste compatible avec la connexion audio Bluetooth, mais ne propose toujours pas d’adaptateur micro intégré, contrairement à DJI qui permet une connexion directe aux micros DJI Mic. La perche « Max Grip », fournie avec la Max 2, est plus rigide et épaisse que les autres modèles, témoignant de la solidité de la marque.
Montage
Chaque nouveau test de caméra 360 m’amène à rappeler la même chose : avant d’être partagées, les vidéos 360 doivent être recadrées vers un format standard tel que 16:9 ou 9:16.
Il est aussi possible d’exporter en format 360 pour une « expérience immersive » avec un casque, mais je doute que ce soit l’utilité première des lecteurs.
Le montage s’effectue via l’application mobile ou le logiciel de bureau. L’application Quik, mise à jour pour accompagner la Max 2, propose une interface claire et des outils importants. Pour commencer, il faut transférer les vidéos de la caméra vers l’application Quik avant de les éditer.
Cette première étape permet de couper chaque vidéo et de changer le ratio final. Un avantage des caméras 360 est la possibilité de basculer en un clic entre plusieurs formats, tels que :
– le 16:9 (paysage) ;
– le 9:16 (portrait, pour vidéos verticales) ;
– le 1:1 (format carré) ;
– le 8:7 ou 7:8 ;
– le 4:3…
La deuxième étape consiste à recadrer la vidéo en fonction de ce que vous souhaitez montrer. Le mode ReFrame permet de placer manuellement des images clés (keyframes) pour diriger le regard. GoPro a également intégré un mode qui suit automatiquement le sujet principal.
L’application, malgré sa simplicité, manque cependant de fonctionnalités avancées, surtout en comparaison avec les capacités de l’application Insta360, qui offre de nombreux outils créatifs.
Sur desktop, GoPro abandonne ce terrain pour un service minimum. Un logiciel appelé « GoPro Player » permet de lire et d’exporter les fichiers, mais pour le montage avancé, c’est insuffisant. Son absence de suivi de sujet automatique est limitante, obligeant à tout faire manuellement.
La situation est frustrante. Alors qu’Insta360 offre une suite logicielle complète, GoPro limité ses capacités. Le fait de devoir traiter une vidéo à la fois — ouvrir A, recadrer, exporter, puis ouvrir B, etc. — est peu pratique.
L’écosystème Insta360 prend de l’avance. La GoPro Max 2 peut suffire pour ceux ne recherchant qu’un plan séquence simple et stabilisé, mais elle est trop limitée pour des projets plus ambitieux.
GoPro Max 2 Qualité d’image : le jour et la nuit, vraiment
C’est dans cette dimension que GoPro a misé. Dans ses caméras d’action, la marque a su maintenir un avantage en termes de qualité d’image, surtout de jour.
En revanche, la concurrence a réussi à surpasser GoPro sur d’autres aspects, notamment en ce qui concerne le logiciel, la stabilisation, les fonctionnalités et la gestion de la surchauffe.
La Max 2 prétend être la caméra 360 avec la meilleure qualité d’image. Lors des tests, en plein jour et avec de bonnes conditions lumineuses, elle offre une image plus naturelle, avec une colorimétrie fidèle.
Cependant, à mesure que la lumière baisse, la situation se détériore. GoPro n’a pas intégré de mode vidéo de nuit spécifique, contrairement à Insta360 ou DJI. En faible lumière, la Max 2 montre ses faiblesses.
Concernant l’audio, la Max 2 offre un rendu légèrement moins clair que l’Insta360 X5. La réduction du bruit du vent est moins efficace et il y a plus de réverbération en intérieur.
En somme, la GoPro Max 2 présente des points positifs, mais elle doit faire face à une forte concurrence qui, sur plusieurs aspects, la talonne ou la dépasse.
GoPro Max 2 Autres modes
La Max 2 dispose d’un mode classique de captation 360 degrés, mais peut aussi filmer avec une seule lentille, permettant de l’utiliser comme caméras d’action classique. Ce mode est utile pour ceux qui souhaitent alterner entre 360 et POV sans transporter deux caméras.
GoPro a également intégré des modes créatifs, tels que le **Time Lapse** et les **Night Effects**, permettant de capturer des scènes d’une manière unique.
GoPro Max 2 Autonomie
La Max 2 utilise une nouvelle batterie Enduro de 1 960 mAh, incompatible avec les anciennes batteries GoPro. Lors de tests d’autonomie, la Max 2 a tenu environ une heure en 8K à 30ips, moins bien que ses concurrentes.
En usage classique, l’autonomie était de 86 minutes, correcte mais inférieure à celle des concurrents. La recharge prend environ 2 heures, bien plus longtemps que chez DJI ou Insta360.
GoPro Max 2 Le pari du prix agressif
Lancée en septembre 2025, la GoPro Max 2 a pourprix de 449 euros. GoPro a choisi une stratégie agressive pour reconquérir des parts de marché, bien que la DJI Osmo 360 soit souvent moins chère.
Pour bénéficier d’un équipement complet, le budget réel dépasse 650 euros, proche de celui des concurrents.
