Test de la caméra Reolink Argus 4 Pro : compacte et efficace à 180°
La Reolink Argus 4 Pro dispose d’un champ de vision de 180° en 8 Mpx et est équipée de deux capteurs 4 Mpx avec vision nocturne monochrome et couleur. Le prix conseillé de la Reolink Argus 4 Pro est de 179,99 euros.

Reolink se distingue parmi les fabricants de caméras de sécurité connectées, aux côtés d’Ezviz, en proposant des modèles à double capteur. Par rapport à l’ancienne Reolink Duo 3 WiFi, l’Argus 4 Pro est plus compacte, discrète et esthétique.
Malgré ses formes arrondies, la caméra a un intérieur involontairement rectangulaire, avec deux capteurs 4 Mpx, une vision nocturne en monochrome et en couleur, ainsi qu’un champ de vision de 180°, le tout étant complètement sans fil et intégrant de l’IA. Nous allons maintenant vérifier si les promesses d’identification précise sur 180° sont tenues.
Ce test a été réalisé avec un produit prêté par la marque.
Design : aspect organique
Avec son design légèrement arrondi et ses dimensions de 128 x 87 x 80 mm pour 400 g, la Reolink Argus 4 Pro impose une certaine présence tout en étant plus discrète qu’une Reolink Duo 3 WiFi ou une Atlas PT Ultra.

Cet aspect globuleux est en partie dû à sa conception comportant deux capteurs 4K. Le bloc optique abrite également le micro et un éclairage sur le dessus.

À l’arrière, un couvercle en plastique dissimule le port de chargement USB-C et un bouton de réinitialisation. Ce point est crucial, car cet accès facile permet de dérober la carte mémoire, si la caméra n’est pas protégée.
En dessous se trouve un second capot en caoutchouc souple qui donne accès au port de chargement USB-C et au bouton de réinitialisation. Le produit semble robuste, et sa protection IP67 garantit son fonctionnement même lors de conditions climatiques difficiles.
Installation : Deux méthodes simples

Pour installer la Reolink Argus 4 Pro, le fabricant propose deux options. La première est un support mural classique en deux parties : la première se fixe au mur et la seconde se visse dessus pour assurer la stabilité de la caméra, qui s’y fixe par l’arrière. Il ne restera qu’à régler l’angle de vision de l’Argus 4 Pro.


Tous les vis et chevilles nécessaires sont inclus dans la boîte de la caméra. Pas besoin d’alimentation externe grâce à la batterie de 5000 mAh de l’appareil. En outre, le port de charge permet d’ajouter un panneau solaire en option.

La seconde méthode d’installation consiste à utiliser une sangle pour accrocher la caméra à un poteau, un arbre ou tout autre support suffisant pour offrir un bon angle de vision, après avoir préalablement installé la plaque destinée à maintenir la caméra.

Il est essentiel de bien tendre la sangle fournie, car les 400 g de l’appareil se font sentir. N’hésitez pas à utiliser une sangle supplémentaire ou à renforcer la fixation avec des colliers de serrage en métal ou en plastique.
Pour le stockage des vidéos, vous pouvez utiliser le port de carte microSD ou le Hub Reolink. Bien que cette option n’était pas disponible au lancement, elle fonctionne désormais avec le Cloud Reolink. Comptez 5,50 euros par mois pour 30 Go et 30 jours d’historique pour une seule caméra, 5,08 euros par mois pour un plan de 5 caméras, et 10 euros par mois pour 10 caméras.
Application : complète mais à maîtriser
Pour utiliser votre nouvelle caméra, il est nécessaire d’installer l’application Reolink, disponible sur iOS et Android.
Le processus d’installation est simple, mais nécessite d’allumer la caméra après l’avoir complètement chargée et d’insérer la carte mémoire.
La caméra sera alors détectée automatiquement, et vous aurez le choix entre une installation classique via Wi-Fi ou l’utilisation du Hub Reolink, qui se connectera à votre réseau et stockera les images localement.
L’application présente une interface claire et facile à comprendre. La page d’accueil regroupe toutes vos caméras, et il suffit de cliquer sur l’icône d’une caméra pour accéder au flux en direct et aux commandes.


Une vignette dédiée à la vidéo est présentée, avec des icônes pour activer l’alarme, le spot lumineux, activer le mode multi-caméras ou accéder aux paramètres. En dessous de la vignette vidéo, six icônes de commandes permettent de lancer le flux vidéo en direct, de couper le son ambiant, de prendre une photo ou vidéo, d’ajuster la qualité de l’image et d’activer le mode plein écran, qui est crucial car le format vidéo est très allongé, rendant l’image moins lisible en mode portrait.

L’ergonomie et l’interface de cette application sont appréciables. Cependant, malgré des filtres, la navigation parmi les vidéos enregistrées peut parfois s’avérer difficile, tant sous forme de liste que de chronologie.
Pour peaufiner la surveillance, il est indispensable de passer par le menu des paramètres, qui permettent d’ajuster la qualité de l’image et la gestion du mode nuit. Il est à noter que cette caméra ne dispose que d’une vision nocturne en couleur, sans mode infrarouge.
Concernant l’IA, la reconnaissance des humains, animaux et véhicules peut être configurée. Il est possible de définir la taille minimale et maximale des éléments à identifier, la profondeur de détection, ainsi que d’ajouter des zones de confidentialité, si la caméra filme des espaces publics comme une rue.

Des notifications sur votre mobile ou tablette ainsi que par mail peuvent être configurées. Elles se déclenchent selon vos préférences, pour tout mouvement, ou lorsqu’un humain, un véhicule ou un animal est détecté. Vous recevrez alors un message contenant une image fixe. En cliquant sur le lien de votre notification, vous accédez aux vidéos, qui peuvent faire 15, 30 ou 60 secondes, ce qui est un paramètre personnalisable.
Usage : un regard large et percutant
Avec deux capteurs de 4 Mpx, le champ de vision annoncé est de 180° en 8 Mpx, soit une définition de 5120 x 1440 pixels. Toutefois, bien que l’image soit de bonne qualité, la définition n’est pas aussi précise que ces chiffres pourraient le laisser penser. Ainsi, même si l’image est belle avec un bon niveau de détail, nous sommes à des années-lumière de la clarté que proposent les appareils 2K ou 2,5K concurrentiels comme ceux d’Arlo. De plus, la caméra est limitée à une fréquence de 15 images par seconde, ce qui est un peu juste pour capter des intrus en mouvement rapide.

La colorimétrie est de bonne qualité, mais les blancs peuvent manquer de précision et souffrir de surexposition lors des journées ensoleillées.

Concernant la détection de mouvement, malgré le champ de vision de 180°, la portée de détection atteint 8 m en journée. L’IA différencie bien les animaux, les véhicules et les humains. Les erreurs sont rares, et il existe une option pour minimiser les fausses alertes, par exemple en reconnaissant les mouvements de branches au vent.


En installation pour surveiller une terrasse et un parking, la qualité de l’image pour identifier des visages s’est révélée satisfaisante. À 7 ou 8 mètres, on peut commencer à déceler un visage. À 5 mètres, l’identification est assez aisée, avec une amélioration si la cible se rapproche.


Installée pour surveiller un parking et face à une grille placée à 7 m, nos mouvements derrière la grille n’ont pas été détectés, même en essayant de simuler une effraction. Toutefois, suffit de franchir la grille pour être détecté immédiatement.
Tout comme l’Atlas PT Ultra, l’Argus 4 Pro n’offre pas de vision nocturne infrarouge, mais une vision nocturne couleur avec un capteur ColorX censé améliorer la capture de lumière. Dans des conditions de faible éclairage, la vision nocturne est médiocre sans l’activation du spot lumineux automatique.

Dans un environnement lumineux, la qualité de l’image sans l’activation du spot lumineux est impressionnante. Cependant, il est préférable de l’activer par défaut. En raison de son ultra grand-angle, la qualité de l’image souffre en profondeur, le premier plan étant bien plus net.
Quel que soit le cas, la qualité d’image n’est pas vraiment exceptionnelle. Bien que la colorimétrie soit correcte et que la gestion des contrastes soit agréable, la netteté des images est insuffisante à mesure que l’on s’éloigne.
La détection de mouvement et l’identification des cibles fonctionnent bien jusqu’à 4 à 5 mètres, mais la reconnaissance faciale est difficile au-delà de 4 mètres, les visages étant à peine discernables. Une distance de 3 mètres est nécessaire pour une identification correcte.
Audio et alarme : communications vocales performantes, mais alarme décevante
Le haut-parleur est d’une puissance suffisante pour assurer une communication bidirectionnelle de qualité, permettant d’entendre jusqu’à 5 mètres et de réduire les bruits ambiants. Le micro est sensible, permettant d’entendre des conversations normales à 6-8 mètres et des chuchotements à 3-4 mètres selon l’environnement.

En revanche, la puissance de l’alarme est insuffisante, à peine 70 dB, ce qui peut être trop faible pour alerter un voisin dans une maison, bien que cela puisse suffire dans un appartement.
Autonomie : un peu juste
Équipée d’une batterie de 5000 mAh, cette caméra semble prometteuse, mais elle doit gérer deux capteurs différents. Pendant nos tests intensifs, la batterie est tombée à 29 % en un mois.
Dans un usage normal, l’autonomie peut atteindre deux à trois mois sans recharge. En ajoutant un panneau solaire, il est possible de prolonger la durée à six mois ou plus, mais une recharge manuelle sera nécessaire à un moment donné. Il est regrettable que la batterie ne soit pas amovible.
Prix et disponibilité de la Reolink Argus 4 Pro
La Reolink Argus 4 Pro est proposée au prix conseillé de 179,99 euros sur le site de la marque et chez ses revendeurs partenaires.

