Tesla Roadster : 0 à 100 km/h en 1 seconde, sans magie.
Le brevet de Tesla, référencé US 12.377.920 B1 et daté du 5 août 2025, décrit un système aérodynamique actif capable de générer beaucoup d’appui même à très basse vitesse, en utilisant des ventilateurs et des jupes déployables. Ce système est conçu pour maximiser l’appui sur surface lisse et à basse vitesse, en maintenant la pression sous la voiture plus faible qu’au-dessus.

Le passage de 0 à 100 km/h en une seconde du Tesla Roadster semblait surtout être une provocation de la part d’Elon Musk. Présenté en 2017, le Roadster avait ensuite disparu avant de faire son retour en février 2024, avec la promesse d’une commercialisation prévue fin 2024 et un « 0 à 60 mph (97 km/h) en moins d’une seconde »… grâce à SpaceX et à des petites fusées intégrées à la voiture. Musk a évoqué un engin qui « n’était même pas vraiment une voiture » et qui pourrait « peut-être un peu voler », sans préciser comment ces déclarations pouvaient être appliquées en pratique sur la route.
Il semble qu’une autre approche soit en train de prendre forme, d’après un brevet de Tesla, référencé US 12.377.920 B1 et daté du 5 août 2025. Ce brevet décrit un système aérodynamique actif capable de générer un appui important même à très basse vitesse. Le principe est simple : la voiture utilise des ventilateurs et des jupes situées sous la carrosserie pour se coller littéralement à la route. Plutôt que d’attendre que l’air s’écoule sur un aileron à grande vitesse, le système crée lui-même une zone de basse pression sous le véhicule. Cela améliore considérablement l’adhérence des pneus et rend possible une accélération extrême sans patinage immédiat.
Comment Tesla veut plaquer le Roadster à la route
Dans son brevet, Tesla décrit plusieurs ventilateurs intégrés sous la voiture, connectés à des conduits d’air, ainsi que des jupes déployables placées sur les côtés, à l’avant et à l’arrière. Lorsque ces jupes se baissent, elles créent sous le véhicule une « région délimitée », un volume partiellement fermé dont l’air peut être aspiré par les ventilateurs.

En retirant l’air de cette zone, la pression sous la voiture devient inférieure à celle au-dessus, ce qui plaque mécaniquement le véhicule au sol. Le brevet met en avant que ce système est conçu pour produire un appui significatif même à basse vitesse, là où l’aérodynamique classique devient presque inefficace et où un grip accru est nécessaire pour des accélérations rapides.
Tesla ne décrit pas un système rigide, mais un dispositif « multi-mode » capable de s’adapter aux conditions. Dans un premier mode, toutes les jupes sont abaissées : latérales, avant et arrière, ce qui permet de presque fermer le volume sous la voiture, tandis que les ventilateurs centraux aspirent l’air de cette zone pour maximiser l’appui sur des surfaces lisses et à basse vitesse.
Dans un second mode, les jupes avant et arrière peuvent être relevées, tout en maintenant les jupes latérales abaissées. Les ventilateurs restent en fonctionnement, mais la circulation de l’air sous le véhicule change, permettant de maintenir l’appui tout en s’adaptant mieux aux irrégularités de la route ou aux vitesses plus élevées.
Le brevet mentionne également la possibilité de créer plusieurs zones distinctes sous la voiture, par exemple une zone avant et une zone arrière, chacune associée à ses propres conduits et éventuellement à certains ventilateurs. Le système peut ainsi améliorer l’appui à l’avant ou à l’arrière selon les besoins, en sélectionnant quels ventilateurs activer et en ajustant leur puissance.
Un système géré intelligemment par la voiture
Pour coordonner tous ces éléments, le document décrit un système électronique de contrôle comprenant processeurs, mémoire et logique de sélection de mode. Cette « tour de contrôle » reçoit des informations sur la vitesse du véhicule, la position des roues, l’inclinaison de la caisse, la position GPS et la distance au sol via des capteurs tels que des lasers, radars ou ultrasons.

Basé sur ces données, le système choisit le mode de fonctionnement, détermine quelles jupes abaisser et à quelle hauteur, et ajuste la vitesse des ventilateurs. Il surveille également la pression sous la voiture et peut continuellement adapter la configuration si les conditions changent.
Le brevet va même plus loin en mentionnant un élément prédictif capable d’utiliser des cartes ou des données de pistes pour anticiper la route à venir. Si un virage, une bosse ou un changement de profil est prévu, le système peut préparer à l’avance la position des jupes et la puissance des ventilateurs afin de maintenir un niveau d’appui constant.
Évidemment, le texte ne mentionne jamais le Roadster par son nom, mais la description d’un système capable de générer un « vrai » appui à l’arrêt et à très basse vitesse correspond exactement à la promesse du 0 à 100 km/h en une seconde avancée par Elon Musk.
Il est donc évident que Tesla ne s’appuiera pas uniquement sur la puissance électrique, mais également sur un dispositif d’aérodynamique active transformant littéralement le dessous de la voiture en générateur d’appui pour obtenir une traction élevée. Nous sommes donc loin des « fusées » de SpaceX tant espérées, mais l’on a hâte de voir ce système en action s’il venait à être définitivement adopté par Tesla pour son Roadster. Comme toujours, il s’agit d’un brevet, et Tesla pourrait choisir une autre alternative d’ici la sortie de la voiture en 2027.

