Tendance européenne: « La devise sur les marchés actions est attendre et boire du thé » (Mise à jour)

CLÔTURE DES MARCHÉS | En Europe, les investisseurs ne prennent pas de risques avant l’entame de la saison des résultats et la signature d’un premier accord commercial sino-américain.

Le BEL 20 est repassé sous les 4.000 points (-0,63%), à 3.984,58 points avec 10 de ses éléments en baisse. Après avoir progressé lundi matin, l’indice phare de la Bourse de Bruxelles et ses voisins européens devaient effacer leurs gains dans l’après-midi jusqu’à terminer dans le rouge.

L’indice vedette de Francfort a finalement reculé, effaçant ses gains de la matinée, pour finir à 13.451,52 points et s’éloigner un peu plus de son plus haut historique proche de 13.600 points datant de début 2018.

« La devise sur les marchés actions est attendre et boire du thé« , note Timo Emden, analyste indépendant.

Les investisseurs sont en effet « sur la défensive avant le début de la saison des bilans annuels américains et la signature éventuelle du premier accord commercial américano-chinois« , explique-t-il.

Même attentisme du côté de la Bourse de Paris, où l’indice Cac 40 a achevé sans changement (-0,02% à 6.036,14 points) une séance calme, avant que les banques américaines n’ouvrent le bal des trimestriels mardi et que ne se matérialise le lendemain une trêve commerciale entre Washington et Pékin.

« Le risque géopolitique s’est quand même bien détendu depuis la semaine dernière« , permettant au marché de se rapprocher de ses plus hauts récents, a résumé auprès de l’AFP Andrea Tuéni, un analyste de Saxo Banque.

« Globalement, nous avons un marché qui ne montre aucun signe de faiblesse mais nous sentons en revanche que nous sommes sur des niveaux tellement soutenus qu’il faut vraiment avoir des catalyseurs qui justifient de pouvoir aller plus haut, (…) surtout en sortant d’une année avec des performances de plus de 25%« , a-t-il complété.

« Il y a forcément cette attente autour du dossier commercial. Il ne devrait pas y avoir énormément de surprises mais la divulgation du détail de l’accord est quand même très attendue et (les investisseurs vont) vouloir analyser la faisabilité de son contenu« , a relevé le spécialiste.

Fil rouge de l’année

Si le calendrier est respecté, la Chine et les États-Unis doivent ratifier mercredi la première étape d’un accord commercial à Washington, une officialisation attendue depuis des mois sur fond de ralentissement économique mondial. Le président américain Donald Trump a toutefois averti jeudi que la ratification d’un accord « de phase 2 » pourrait être reportée jusqu’après l’élection présidentielle américaine de novembre.

« Les engagements et la capacité des deux camps à les tenir va certainement être quelque chose que nous continuerons à suivre en fil rouge tout au long de l’année 2020« , selon l’expert de Saxo Banque.

Enfin, « la microéconomie va peut-être reprendre un peu ses droits après avoir été légèrement mise de côté sur 2019« , a ajouté M. Tuéni, les grandes banques américaines devant lancer la saison des résultats mardi. « Les chiffres ne devraient pas être exceptionnels » mais nous pourrions avoir « des perspectives encourageantes« .

Banque centrale à la rescousse

La Bourse de Londres a terminé en progression lundi, le recul de la livre après un PIB britannique plus faible qu’attendu ayant bénéficié aux titres des multinationales.

L’indice FTSE 100 des principales valeurs a gagné 0,39%, à 7.617,60 points.

« Les statistiques économiques médiocres venues du Royaume-Uni ont fait reculer la livre » car les investisseurs tablent de plus en plus sur une baisse des taux de la Banque d’Angleterre à court terme, a commenté Joshua Mahony, analyste chez le courtier en ligne IG.

L’économie britannique s’est contractée de 0,3% en novembre sur un mois, continuant à s’essouffler à l’approche du Brexit, a indiqué le Bureau national des statistiques.

Vu les déclarations récentes de plusieurs membres du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre en faveur d’une baisse des taux si l’économie britannique ne repart pas rapidement, ces chiffres ont plombé la livre.

Elle reculait de 0,58%, à 1,2986 dollar, et cotait 85,78 pence pour un euro.

Titres en action

Renault a terminé en queue du CAC 40 (-2,82% à 40,66 euros). Nissan examinerait une éventuelle séparation d’avec Renault après les derniers rebondissements de la saga Carlos Ghosn, selon Bloomberg.

A l’autre bout de l’indice, Publicis a profité (+2,77% à 43,08 euros) d’une hausse de recommandation à « acheter » contre « neutre » auparavant par Goldman Sachs.

Bureau Veritas a bénéficié (+3,75% à 24,32 euros) d’un relèvement de la sienne à « sur-pondérer » contre « neutre » auparavant par Morgan Stanley.

PSA s’est effrité de 0,86% à 20,69 euros. La famille Peugeot, qui détiendra un peu plus de 6% du capital du groupe formé par la fusion de PSA et Fiat Chrysler, a indiqué qu’elle compte exercer son option pour acquérir 2,5% supplémentaires dès que possible, dans un entretien avec L’Est Républicain.

Valeo a souffert (-2,70% à 31,66 euros) de l’abaissement de sa note par l’agence de notation financière S&P Global Ratings, qui a estimé que l’équipementier automobile français génère un faible niveau de trésorerie alors qu’il évolue dans un contexte difficile.

Vivendi s’est replié de 0,77% à 25,70 euros. Les actionnaires du groupe italien Mediaset ont validé vendredi les amendements apportés à son projet de holding européenne, malgré l’opposition de Vivendi avec qui il est en conflit depuis plus de trois ans.

WIRECARD (+2,43% à 113,60 euros): les investisseurs ont salué le changement à la tête du conseil de surveillance du prestataire de paiements, qui fait suite à une année boursière 2019 turbulente.

VOLKSWAGEN (-0,13% à 185,28 euros) : la marque phare du constructeur, VW, a écoulé 6,28 millions d’unités dans le monde en 2019, soit une augmentation de 0,5% sur un an, grâce à un excellent mois de décembre (+14% sur un an).

Ses rivaux BMW (-1,26% à 73,63 euros) et DAIMLER (-1,08% à 48,90 euros) ont été davantage délaissés.

SIEMENS (-0,21% à 115,76 euros) : une quinzaine de rassemblements ont été organisés lundi dans toute l’Allemagne à l’initiative du mouvement écologiste « Fridays for Future », après la décision de Siemens de maintenir un projet controversé de mine de charbon en Australie.

Les groupes internationaux comme BAE Systems (+3,58% à 614,00) ou Antofagasta (+2,71% à 970,80 pence) bénéficient d’une livre plus basse. Celle-ci dope mécaniquement leurs recettes à l’étranger une fois converties en monnaie britannique.

Une baisse des taux de la BoE serait de nature à comprimer un peu plus les marges qu’elles réalisent sur les prêts, déjà réduites par les taux d’intérêts au tapis. Lloyds Banking Group a lâché 2,64% à 58,74 pence et RBS 1,40% à 232,00 pence.

NMC HEALTH: le groupe hospitalier, qui fait l’objet d’une attaque du fonds de vente à perte Muddy Waters l’accusant de comptes inexacts, a encore chuté de 6,89% à 1.256,50 pence. Le titre a fondu de moitié en un mois.