Streaming, salle de sport… Vous oubliez ce que vous payez ? Des apps vous permettent désormais de chasser les « coûts oubliés »

Digital

Un Américain sur trois règle des abonnements à des services qu’il n’utilise plus. Aux États-Unis, avant de débarquer chez nous, des apps réalisées sur base de cahiers des charges émanant de grands noms du secteur financier de la vieille garde, commencent à aider les particuliers à faire le ménage dans leurs dépenses courantes.

Des « économies » faciles

Et c’est là que cela se corse, explique l’agence Bloomberg : ces apps mettent en évidence les coûts liés à des abonnements mensuels indolores mais récurrents. Ces postes de dépenses se multiplient dans le chef des jeunes ménages où les parents prennent ici un abonnement à un service de streaming musical comme Apple Music (14,99 euros/mois, par famille) et à un service de vidéo en ligne de type Netflix (13,99 euros pour l’accès premium). Et le mécanisme d’installation est très efficace, voire insidieux : trois mois d’accès gratuit pour Apple Music, un mois chez Netflix, puis on paie son petit écot mensuel. Soit, pour ces deux exemples, 347,76 euros par an.

Il suffirait en fait de poser la question chaque mois aux membres de la famille, de savoir qui utilise quoi et quand. Mais, qui le fait ? Les apps « gestion de budget » mises au point pour de grandes banques américaines comme Goldman Sachs, Wells Fargo ou Discover Financial Services, aident donc leurs clients à découvrir ces postes de dépenses inutiles, d’en annuler le paiement automatique, ou même de renégocier les prix. Et là, ça peut faire mal… aux fournisseurs de services, aux clubs d’achat de nourriture bio qui envoient des boîtes de légumes frais chaque semaine, aux salles de sport (240 euros/an), ou encore aux apps qui prélèvent quelques euros par mois pour des services que l’on utilise plus.

Mauvais pour le business ?

Et ces principes de nettoyage numériques sont aussi inquiétants pour les acteurs qui se préparent à mener des offensives du même type, explique encore Bloomberg, qui évoque notamment les projets de Disney en matière de streaming vidéo. Mais il y a encore de la marge. Un banquier cité par Bloomberg se dit étonné du rythme auquel les clients souscrivent à de nouveaux abonnements. Aujourd’hui, ajoute Bloomberg en citant une étude de Deloitte, un ménage américain est abonné en moyenne à trois services de streaming.

Chez Wells Fargo, on explique avoir sondé des clients pour découvrir que 31 % des Américains ont payé l’an passé des abonnements à des services qu’ils n’utilisent pas. L’explication principale de ce manque de visibilité sur leurs comptes en banque est liée à l’utilisation des cartes de crédit pour le règlement des abonnements en ligne. Le montant débité par l’émetteur de la carte apparaît globalement sur les extraits de compte bancaire, et peu de clients pensent désormais à aller vérifier ce qui se cache derrière ce retrait unique.