Stellantis abandonne l’hybride rechargeable : enjeux d’un marché crucial
Le groupe Stellantis a annoncé abandonner ses programmes de véhicules hybrides rechargeables (PHEV) en Amérique du Nord à compter de l’année-modèle 2026. Selon Stephanie Brinley de S&P Global Mobility, les hybrides rechargeables de Stellantis représentaient 8,1 % de parts de marché aux États-Unis en 2025.

Le marché automobile est en pleine transformation. Les ventes de voitures neuves continuent de diminuer en Europe, tandis que les voitures électriques ont connu quelques progrès, notamment en France. Dans ce contexte, les constructeurs s’adaptent constamment leur stratégie.
Un changement radical
En effet, l’Union européenne a décidé d’assouplir ses règles sur l’interdiction de vente des voitures thermiques, incitant les marques à procéder à des ajustements. Cependant, le groupe Stellantis a récemment annoncé un changement de stratégie surprenant. Selon le site américain Automotive News, l’entreprise franco-italienne a décidé d’arrêter sa gamme de voitures hybrides rechargeables aux États-Unis.
C’est un revers significatif pour la firme, issue de la fusion en 2021 de FCA et PSA, qui avait mis cinq ans à développer cette gamme en adaptant certains de ses modèles phares. Le groupe avait déjà choisi d’annuler le projet de son Jeep Gladiator 4xe prévu pour 2025, juste avant son lancement. Parallèlement, il a également décidé de mettre fin à l’importation de son Dodge Hornet hybride rechargeable d’Italie vers les États-Unis.

Cela résulte des droits de douane instaurés par Donald Trump. Désormais, certains modèles déjà commercialisés se retrouvent également menacés, comme le Jeep Wrangler 4xe, qui est actuellement le PHEV le plus vendu aux États-Unis. C’est aussi le cas du Grand Cherokee 4xe, du Chrysler Pacifica hybride rechargeable et de l’Alfa Romeo Tonale PHEV, qui seront prochainement retirés du catalogue du groupe européen. En revanche, rien n’est encore précisé concernant la gamme européenne.
Cette dernière pourrait bien ne pas être concernée par cette décision. Toutefois, le groupe ne fournit pas encore d’informations à ce sujet. Une seule question demeure : quelle en est la raison ? Selon le média, cela serait principalement dû à la baisse de la demande, accentuée par la suppression des aides fédérales instaurées par Donald Trump.
Stellantis semble d’ailleurs le confirmer indirectement en affirmant qu’il réévalue « constamment sa stratégie produit afin de répondre à l’évolution des besoins de ses clients et aux exigences réglementaires. »
Une nouvelle motorisation en développement
Le groupe précise que « face à l’évolution de la demande, Stellantis abandonnera progressivement ses programmes de véhicules hybrides rechargeables (PHEV) en Amérique du Nord à partir de l’année-modèle 2026 ».
Le média cite également l’analyse de Stephanie Brinley, directrice adjointe d’AutoIntelligence chez S&P Global Mobility : les hybrides rechargeables de Stellantis « étaient en tête d’un segment qui est vraiment petit », représentant 8,1 % de parts de marché aux États-Unis en 2025. Ces versions « paraissent intéressantes sur le papier, mais avec l’assouplissement de la réglementation, elles ne sont tout simplement plus aussi nécessaires ».

Le constructeur va-t-il donc se concentrer sur les véhicules 100 % électriques? Pas tout à fait, car le groupe entend désormais se tourner vers les hybrides « simples » ainsi que des véhicules dotés d’un prolongateur d’autonomie. Cette technologie, qui connaît un succès grandissant, notamment en Chine, est similaire au PHEV, mais le moteur thermique n’est pas connecté aux roues. Il agit uniquement comme générateur pour recharger la batterie. Stellantis possède déjà cette technologie.
Elle est en effet proposée sur les véhicules de Leapmotor, comme le C10 REEV que nous avons pu tester. Les Jeep Wagoneer et Ram 1500 seront également équipés de cette motorisation, qui présente néanmoins quelques inconvénients en Europe. Elle y est perçue comme une voiture électrique, ce qui la rend soumise aux droits de douane. De plus, la France la considère comme un modèle hybride, entraînant donc le malus écologique et celui relatif au poids.

