Seuls 1000 banquiers ont quitté la City pour l’Europe à cause du Brexit

À une quarantaine de jours de la séparation brutale ou cordiale du Royaume-Uni et de l’Union européenne, la crainte d’un exode massif des banquiers semble excessive, à en croire les derniers chiffres publiés ce jeudi par Ernst & Young (EY).

Dans son dernier rapport trimestriel relatif à l’impact du Brexit sur les services financiers (Financial Services Brexit Tracker), le cabinet de conseil indique que près de 1.000 emplois au sein des grandes banques d’investissement de Londres ont été délocalisés sur le continent. Des mouvements bien en deçà des prévisions antérieures qui ont circulé sur l’impact de ce divorce géopolitique.

« Ce chiffre ne représente que 15% du volume total du personnel des banques d’investissement actuellement destiné à être transféré« , précise EY, qui tire ses données des déclarations publiques de 222 des plus grandes sociétés de services financiers sur le marché britannique (des banques universelles aux privées, en passant aussi par les sociétés de courtage, assureurs ou fintechs).

Estimé à environ 7.000 unités, le nombre d’emplois susceptibles d’être délocalisés en Europe dans un avenir proche reste ainsi stable par rapport au trimestre précédent. Tout comme la valeur des actifs susceptibles de quitter le Royaume-Uni, à hauteur de 1.000 milliards de livres sterling.

Toutefois, « ce n’est pas le moment de lever le pied. Il y a beaucoup à faire dans les six prochaines semaines« , a déclaré Omar Ali, responsable Services Financiers chez EY UK, rappelant qu’il est essentiel que les entreprises connaissent parfaitement et se conforment aux exigences réglementaires de tous les pays dans lesquels elles opéreront.

Depuis le référendum en 2016, 41% des entreprises financières suivies ont déclaré envisager de déménager ou ont confirmé qu’elles transféreraient certaines de leurs activités et/ou de leur personnel outre-Manche.

Parmi ces déclarations d’expatriation, 30 sont des banques universelles, des banques d’investissement ou des maisons de courtage, 31 sont des gestionnaires d’actifs et 17 des assureurs et des courtiers en assurance.

Enfin, au niveau des destinations, EY souligne que Dublin garde la main comme point de chute le plus populaire, suivie par Luxembourg et Francfort.