Restructuration aux Editions de L’Avenir: la coopérative « Notre avenir » lance son appel public à la souscription

L’appel public à la souscription pour la coopérative « Notre avenir », montée par des travailleurs des Editions de L’Avenir, a été lancé vendredi. 

L’objectif est de rassembler un capital suffisant, estimé à au moins un million d’euros, afin de peser sur les décisions au sein du futur conseil d’administration du quotidien régional, ont indiqué ses fondateurs lors d’une conférence de presse à Namur. 

« L’objectif est de participer à la prise de décisions concernant nos médias et de maintenir l’indépendance de nos rédactions« , ont détaillé Emmanuel Huet, Jean-Christophe Herminaire et Patrick Lemaire, trois des dix membres fondateurs. La coopérative a ainsi listé une série de sujets sur lesquels elle souhaite être entendue, comme le format du journal, qui avait suscité de vifs débats il y a quelques années. L’objectif est aussi de créer une communauté avec les lecteurs, qui disposeront d’un siège d’administrateur au sein de la coopérative, au même titre que les investisseurs privés, les investisseurs publics et les experts médias.

Les Editions de l’Avenir sont à vendre, comme l’a annoncé le président du CA de Nethys, propriétaire actuel, début septembre. Les déclarations de politique régionale et communautaire en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles mentionnent elles aussi cette vente, ajoutant privilégier la participation du personnel dans l’actionnariat via la coopérative. « On a donc la garantie d’entrer dans le capital et d’avoir au minimum un siège dans le futur CA« , ont précisé les fondateurs. « Ensuite, tout dépendra de la négociation du futur pacte d’actionnaires. Le processus devant aboutir pour le printemps prochain, nous espérons réunir l’argent suffisant pour peser d’ici février. »

La valeur des Editions de l’Avenir est en train d’être évaluée.

La part à 50 euros

Les personnes souhaitant devenir coopérateur peuvent prendre au moins une part de 50 euros via le site internet notreavenir.coop. Les investisseurs publics et privés peuvent investir à partir de 100 parts (5.000 euros). L’assemblée générale de « Notre avenir » fonctionnera selon le principe d' »un coopérateur, une voix », quel que soit le montant investi. Pour son lancement, la coopérative a reçu le soutien technique et juridique de l’Association des Journalistes Professionnels (AJP) et l’ASBL Propage-s, active dans l’économie sociale.

Les coopérateurs ne doivent pas s’attendre à recevoir un dividende à court terme mais cette possibilité est bien prévue.

« Ce n’est pas un projet de journalistes mais bien un projet de l’ensemble du personnel et des lecteurs« , a ajouté Emmanuel Huet. « Il est important pour nous tous, que ce soit à la rédaction ou au marketing, de conserver cette marque de quotidien régional de qualité. En outre, des acteurs du monde économique wallon pourraient être intéressés dans la mesure où nous sommes les seuls à parler de leur activité avec une telle proximité. Notre projet est donc constructif. »

En octobre 2018, la direction de l’Avenir annonçait un plan de restructuration menaçant 25% du personnel. Dès le mois suivant, l’idée de monter une coopérative était émise par des membres du personnel et l’AJP lors d’une audition au Parlement wallon. Le 4 juin dernier, un premier appel était lancé au sein du personnel. 96 travailleurs y ont répondu positivement.