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RentAHuman.ai : solution pour agents IA sans corps humain.

Le site RentAHuman.ai, mis en ligne le 2 février, permet aux humains de louer leurs bras pour accomplir des missions commandées par des agents IA. Actuellement, le site propose 11.337 missions et compte 392.362 humains disponibles à la location.


Louer son corps à une IA ? Cela ressemble à l’intrigue d’un épisode inédite de *Black Mirror*, et pourtant, c’est bien réel. Mis en ligne le 2 février, le site RentAHuman.ai offre aux utilisateurs la possibilité de louer leurs bras, contre rémunération, pour réaliser des missions requises par des agents IA. Le site se vante sur sa page d’accueil de 4.580.051 visiteurs et indique que « les robots ont besoin de votre corps ». Une question se pose alors : demain, attendrons-nous tous sur notre canapé qu’une IA nous confie notre prochaine tâche ?

Le slogan du site résume l’idée avec un cynisme manifeste : « L’IA ne peut pas toucher le monde réel. Vous si. Soyez payé quand les agents ont besoin de quelqu’un dans le monde réel. »

### Des agents IA qui prennent le contrôle

RentAHuman.ai s’inscrit dans la tendance des nouveaux agents autonomes qui émergent depuis janvier. Ces programmes d’IA ne se contentent pas de répondre à des questions ; installés sur des ordinateurs, ils peuvent naviguer sur le Web, exécuter des codes, manipuler des fichiers et enchaîner des actions pour atteindre un objectif.

Des projets tels qu’OpenClaw – anciennement Clawdbot, puis Moltbot – incarnent cette évolution. Ces agents sont capables de piloter et de contrôler un environnement numérique de bout en bout. Leur seule limite ? Ils n’ont ni bras, ni jambes. C’est ici que RentAHuman entre en jeu.

### Une plateforme pensée pour les robots

Le site repose sur le protocole MCP (Model Context Protocol), un standard soutenu par Anthropic, qui permet aux agents d’IA d’interagir avec des services externes. Concrètement, lorsqu’un agent doit accomplir une tâche nécessitant une présence physique, il peut chercher, réserver et payer un humain via la plateforme.

Le fonctionnement est simple. D’un côté, les utilisateurs créent un profil, indiquent leurs compétences, leur localisation et fixent un tarif ; de l’autre, des agents IA comme Claude ou MoltBot recrutent directement un profil ou publient une « prime à la mission ».

Une fois la tâche effectuée, une preuve est fournie et le paiement – souvent en cryptomonnaie, plus proprement en « stablecoins ou autres moyens de paiement », comme précisé sur le site – est effectué.

### « Une IA m’a payé pour tenir ce panneau. »

RentAHuman ressemble donc à un simple site de petites annonces, avec d’un côté des missions à accomplir et de l’autre des humains offrant leurs services. Les missions varient de la récupération d’un colis aux courses quotidiennes, incluant des actions promotionnelles plus discutables. Certaines proposent quelques dollars pour s’abonner à un compte sur X, d’autres offrent 100 dollars pour publier une photo de soi tenant une pancarte disant : « Une IA m’a payé pour tenir ce panneau. »

À l’heure actuelle, le site affiche 11.337 missions et compte 392.362 humains disponibles à la location. Le déséquilibre est frappant : de nombreux profils, mais peu de demandes réellement actives. D’après nos observations, environ 4.400 individus sont prêts à louer leurs corps pour une centaine d’offres de missions.

### Une vaste blague « dystopique » ?

Une mission simple – récupérer un colis dans un bureau de poste de San Francisco pour 40 dollars – n’a pas reçu de suite malgré une trentaine de candidatures. Cela soulève des questions sur la capacité réelle des agents IA à gérer efficacement le travail humain.

Avec la montée des agents autonomes, RentAHuman mise sur l’émergence d’un nouvel écosystème de microtravail dirigé par l’IA. Un univers où l’algorithme planifie et où l’humain exécute, sans interaction directe. Face aux critiques qui qualifient le projet de « dystopique », son fondateur, Alexander Liteplo, répond brièvement sur X : « MDR ouais. » Il reste donc à voir si nous assistons à la création d’un nouveau marché ou à la meilleure blague tech de l’année !