High-tech

Pourquoi votre prochain smartphone milieu de gamme ne sera pas mieux équipé que l’ancien

Selon les analystes de Counterpoint Research, sur un téléphone équipé de 8 Go de RAM LPDDR5X et de 256 Go en UFS 4.0, ces deux éléments représentaient déjà 14 % et 11 % du coût total de fabrication au premier trimestre. Les fuites indiquent un abandon partiel des écrans ultra-fluides à 120 Hz, remplacés par des dalles 90 Hz bien moins coûteuses à produire.

L’intelligence artificielle ne se contente plus de produire des images ou des textes : elle épuise littéralement les réserves mondiales de mémoire. Face à cette crise qui fait bondir les prix, les fabricants de smartphones s’apprêtent à adopter une réponse radicale : recycler des technologies du passé pour préserver leurs marges.
Samsung Galaxy A56, A36 et A26 // Source : Frandroid

Vous n’avez sûrement pas manqué de le remarquer : le secteur technologique traverse une période de turbulences sans précédent. Avec l’essor de l’intelligence artificielle, les entreprises du domaine achètent frénétiquement chaque composant de mémoire disponible. Cette frénésie a entraîné une augmentation fulgurante des prix de la RAM et du stockage. D’après les analystes de Counterpoint Research, dans un smartphone disposant de 8 Go de RAM LPDDR5X et de 256 Go de stockage UFS 4.0, ces deux éléments représentaient déjà 14 % et 11 % du coût total de fabrication au premier trimestre. Pire, ces chiffres pourraient augmenter respectivement de 20 % et 16 % au trimestre suivant.

Cette crise de la DRAM impacte particulièrement les smartphones d’entrée et de milieu de gamme. Pour éviter de dissuader les consommateurs avec des prix exorbitants, les fabricants n’ont d’autre option que de réduire les spécifications. Selon les révélations des leakers Digital Chat Station et Repeater 002 sur le réseau social Weibo, l’industrie s’apprête à faire des compromis significatifs. La situation est de toute façon intenable : un ensemble de mémoire de prochaine génération (LPDDR6 et UFS 5.0) coûterait désormais plus cher que le futur processeur Snapdragon 8 Elite Gen 6 Pro lui-même. Il est donc impératif de diminuer les fiches techniques.

Plastique, encoche et retour aux années 2010

En pratique, l’époque des fiches techniques ultra-performantes à prix attractifs prend fin. Les configurations haut de gamme à 12 Go de RAM devraient disparaître au profit de configurations 8 Go / 512 Go sur le milieu de gamme, tandis que l’entrée de gamme sera souvent limitée à 4 Go de RAM. Seule consolation à cette restriction de mémoire : les développeurs d’applications seront contraints d’optimiser leurs codes de manière significative. Autre retour inattendu, en raison du coût exorbitant du stockage interne, le traditionnel port MicroSD (avec un tiroir hybride acceptant également la carte SIM) devrait faire son grand retour pour soulager les dépenses.

Cependant, le sacrifice sur le plan visuel risque d’être particulièrement pénible. Les fuites suggèrent un abandon partiel des écrans très fluides à 120 Hz, remplacés par des panneaux à 90 Hz beaucoup moins coûteux à produire. Plus étonnant encore, la malheureuse encoche en forme de goutte d’eau, apparue fin 2017 et récemment réservée aux modèles très abordables comme le Redmi 15C ou le Galaxy A17, va réapparaître sur des appareils nettement plus coûteux pour remplacer les poinçons discrets.

Les finitions haut de gamme vont également subir les conséquences. Le châssis en aluminium de qualité va être remplacé par des bordures en plastique ou en polycarbonate, associées à de simples lecteurs d’empreintes digitales optiques dits « à focale courte ». Ce grand retour en arrière visera principalement le segment des smartphones à moins de 500 euros. En 2026, il faudra donc admettre que payer le même prix impliquera un design daté et des composants en retrait, et la situation pourrait ne pas s’améliorer rapidement.


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