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Pourquoi tant de capteurs ? Visite des labos de Logitech.

Logitech a été créée en 1981 dans la ville d’Apples et son siège social, ainsi que son principal laboratoire, se trouve en Suisse. Lors de la visite, les ingénieurs de Logitech ont présenté le robot de test de latence conçu pour comparer la vitesse de réaction de deux souris simultanément.

Pour le lancement de sa nouvelle souris haut de gamme pour le jeu, la G Pro X2 Superstrike, Logitech a organisé un événement exceptionnel dans son siège à Lausanne, en Suisse. Cette occasion a permis une visite approfondie des laboratoires impressionnants de la marque.
Source : Hugo Clery pour Frandroid

Logitech a été fondée en 1981 dans la ville d’Apples, en Suisse. L’entreprise dispose de bureaux et d’installations de recherche à Lausanne, Newark en Californie et Taïwan, tout en ayant son siège social et son principal laboratoire en Suisse, qui constituent le cœur de sa recherche et développement pour toute sa gamme de produits.

Lors de notre visite, nous avons rencontré les employés et ingénieurs responsables de la conception de la Logitech G Pro X2 Superstrike. Ces mêmes personnes participent à l’imagination, la conception et la production des périphériques que les utilisateurs utilisent. Ce fut également l’occasion de constater que pour gagner quelques millisecondes ou grammes, Logitech n’hésite pas à aller à l’extrême.

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L’ergonolab : quand la science dicte le confort

Le développement des produits Logitech repose sur les études de l’ErgoLab, une entité dédiée à la recherche en ergonomie pour différents types de produits de la marque : souris, claviers et casques, destinés aux travailleurs, au grand public et aux joueurs.

Agnès Lisowska Masso, la directrice de l’ErgoLab, souligne une vérité fondamentale : l’ergonomie « n’est pas une solution unique ». Certaines formes et prises en main peuvent être conseillées, mais le confort ou l’inconfort varient d’un utilisateur à l’autre.

En utilisant une souris ou un clavier, l’objectif de Logitech est d’amener le corps de l’utilisateur à sa « posture naturelle », la position que prend le corps humain en apesanteur : relaxé, sans tensions musculaires.

Pour valider certains designs, Logitech équipe ses cobayes de capteurs de pression et de posture. L’objectif est de mesurer les pics de pression sur les muscles du bras, en particulier au niveau du canal carpien, où la peau est fine et les nerfs exposés. Cette approche scientifique détermine si une souris doit être verticale, compacte ou large, en fonction du profil de l’utilisateur.

Le design, entre artisanat et matériaux futuristes

Le premier contact qu’un utilisateur a avec un produit est son design, notamment pour une souris, sa forme. Au fil du temps, certaines formes chez Logitech ont émergé comme de véritables références, tant pour le grand public que pour les joueurs professionnels.

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Toutes les formes et matériaux sont envisagés pour les souris // Source : Hugo Clery pour Frandroid

Les formes initiales sont sculptées dans des blocs de mousse, un processus artisan qui permet d’évaluer immédiatement la prise en main, ce qu’un modèle 3D ne peut pas offrir. Pour des tests approfondis, l’impression 3D est largement utilisée. De nombreux prototypes d’origines très variées ont été présentés. Logitech explore même des propositions plus audacieuses.

Nick Jinkinson, responsable du design industriel chez Logitech, souligne que, malgré la technologie avancée intégrée dans une souris, tout commence « par la main ». La philosophie de design reste fidèle à des produits emblématiques tels que Porsche : il ne faut pas changer une forme qui fonctionne. La Superstrike reprend ainsi la forme de la Superlight, dont le design se distingue par sa simplicité, éprouvée par le temps.

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Cette fois-ci, l’innovation se situe ailleurs, notamment dans les matériaux. Jasper Phua, responsable du CMF design chez Logitech, se concentre sur le trio couleur, matériau et finition. Il explique que l’avenir se trouve dans les plastiques recyclés post-consommation et même dans l’exploration de matériaux naturels comme le bois pour réduire la dépendance aux plastiques.

Les salles de torture des capteurs

Les ingénieurs nous ont ensuite conduits dans une salle essentielle pour Logitech G : celle dédiée aux capteurs. C’est ici que les ingénieurs se concentrent sur la précision et la vitesse de suivi (le tracking) des souris de jeu, avec une batterie de tests impressionnante à disposition.

Logitech utilise des tables tournantes équipées de moteurs de 4,5 kW capables de propulser les souris à des accélérations extrêmes et à des vitesses dépassant les 20 mètres par seconde. Ce stress-test est crucial pour garantir une fiabilité totale, bien qu’aucun utilisateur humain n’atteigne jamais ces vitesses.

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Source : Hugo Clery pour Frandroid

La latence est continuellement mesurée par rapport aux modèles concurrents, en particulier la DeathAdder V4 Pro de Razer, qui a été la cible prioritaire des ingénieurs ces derniers mois.

La précision est remarquable : les capteurs modernes peuvent suivre des mouvements de l’ordre du « demi-micron ». L’équipe mesure également la latence « Motion-to-Photon » (du mouvement à l’écran) pour garantir que le sans-fil est aussi réactif que le filaire.

Les infrastructures de test ont été spécifiquement conçues pour vérifier la fiabilité du protocole sans fil Lightspeed, qui a révolutionné le sans fil pour les souris de jeu depuis 2018. Deux salles ont été construites avec des objectifs distincts : tester la stabilité des ondes 2,4 GHz dans une pièce sans signal, ainsi qu’en conditions réelles.

Pour simuler un environnement en « conditions réelles », Logitech a construit une structure entièrement en bois. Ce matériau est « transparent » aux ondes 2,4 GHz, contrairement au métal. C’est dans ce cadre en bois que les souris subissent des interférences à l’aide d’un dispositif spécifique, semblable à un petit amplificateur en métal, qui produit un bruit fort lorsqu’il fonctionne.

Ce dispositif reproduit le bruit électromagnétique capturé lors de vrais événements, y compris les interférences causées par le Wi-Fi (comme le Wi-Fi public gratuit), la 5G, le Bluetooth et une multitude d’autres appareils présents dans ces environnements.

Le robot maître de la latence

À la fin de notre visite dans les différentes divisions du centre d’innovation de Logitech, les ingénieurs nous ont présenté les bases techniques derrière la nouvelle G Pro X2 Superstrike.

Pour revendiquer avoir conçu la souris « au clic le plus rapide du monde », Logitech s’appuie sur un robot de test de latence calibré sur la vitesse de clic des joueurs professionnels. Ce robot a été spécifiquement conçu pour comparer la vitesse de réaction de deux souris simultanément, avec un actionneur équipé de deux tiges métalliques qui appuie sur un bouton de chaque souris.

Une caméra à très haute vitesse est placée en face des souris. Le rôle de ce robot est de mesurer le délai exact entre le moment où le doigt touche la souris et le moment où l’ordinateur reçoit l’information. Le logiciel calcule ainsi la différence entre le contact physique et la réception USB par le robot. Le système de Logitech permet d’afficher cette comparaison en termes de latence pure (en millisecondes), mais aussi de mettre en avant l’avantage que cette latence peut apporter en jeu, notamment dans la visualisation 3D d’un FPS compétitif.

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Source : Hugo Clery pour Frandroid

En plus de la latence, Logitech a développé une solution interne pour évaluer la fréquence de clics des meilleurs joueurs de League of Legends à l’échelle mondiale. Ce test consistait à cliquer le plus rapidement possible sur des points rouges, un exercice où je n’ai pas particulièrement brillé. Cependant, le résultat le plus notable a été atteint par une star de la scène LoL, que je ne peux nommer, ayant maintenu une moyenne de 5,3 clics par seconde (CPS), soit plus de 1000 clics supplémentaires en un match.

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Source : Hugo Clery pour Frandroid

Ces données sont ensuite recueillies par Logitech pour évaluer les performances finales de son système HITS et l’impact en jeu d’une technologie comme le Rapid Trigger pour les joueurs professionnels.

Une exigence en tout point surprenante

Cette visite chez Logitech a confirmé une hypothèse : la conception de périphériques gaming a atteint un niveau de sophistication industrielle comparable à l’aéronautique ou à l’automobile.

Tout semble minutieusement réfléchi, mais il est évident que l’entreprise cible principalement les « joueurs qui gagnent de l’argent à jouer aux jeux vidéo », pour reprendre les propos de l’emblématique Chris Pate. Qui peut le plus peut le moins, et toutes ces innovations sont transférées chaque année vers le reste de la gamme Logitech G.

Bien qu’un plafond ait été atteint sur le marché des souris dites gaming, Logitech reste le premier à proposer un clic ultra rapide avec retour haptique. Reste à savoir si nos doigts seront assez rapides pour suivre.