Pourquoi la revente d’électricité solaire ne devient-elle pas rentable ?
Pour la période allant du 1er avril au 1er juillet 2026, les tarifs de rachat de l’électricité solaire et les primes associées ont été revus à la baisse, avec une diminution de 14 % pour les primes et de 12 % pour les tarifs de rachat de surplus. Les ajustements tarifaires s’appliquent uniquement aux nouvelles installations dont la demande de raccordement est déposée entre le 1er avril et le 1er juillet 2026.
Pour certains types de panneaux photovoltaïques, les primes ainsi que les tarifs de rachat de l’électricité ont été abaissés. Les particuliers sont donc incités à favoriser l’autoconsommation et à stocker leur production.
Comme chaque trimestre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie une mise à jour concernant les tarifs de rachat de l’électricité solaire ainsi que les primes associées. Pour la période allant du 1er avril au 1er juillet 2026, une nouvelle réduction est confirmée. Bien que cette baisse soit moins significative que celle observée en mars 2025, elle confirme une tendance générale. En limitant la rentabilité de la revente, l’État pousse progressivement les producteurs vers l’autoconsommation.
Les tarifs pour les installations résidentielles restent inchangés. Pour les systèmes d’une puissance inférieure ou égale à 9 kWc, le tarif de rachat du surplus est maintenu à 4 c€/kWh, tandis que la prime à l’autoconsommation reste fixée à 80 €/kWc. Il est important de noter que depuis presque un an, ces installations ne peuvent plus bénéficier de la vente totale de leur production.
Les baisses touchent principalement les installations de plus grande puissance. Les primes chutent de 14 % par rapport au trimestre précédent, tandis que les tarifs de rachat de surplus diminuent de 12 %. Les prix de la vente en totalité ont également baissé d’un trimestre à l’autre, passant de 9,11 à 8,05 c€/kWh pour les installations inférieures à 36 kWc et de 9,12 à 7,00 c€/kWh pour les plus grandes.
Il est à noter que ces modifications s’appliquent uniquement aux nouvelles installations, dont la demande de raccordement est déposée entre le 1er avril et le 1er juillet 2026. Comme l’indique la CRE, c’est la date de dépôt du dossier de raccordement qui détermine le tarif applicable, et non celle de la mise en service des panneaux.
Ces changements tarifaires montrent clairement que la revente d’électricité solaire devient de moins en moins attrayante. L’autoconsommation est désormais la solution la plus profitable. En consommant directement leur production, les particuliers évitent d’acheter de l’électricité au tarif réglementé, qui est actuellement d’environ 19 c€/kWh.
Le calcul est simple : chaque kilowattheure autoconsommé permet d’économiser environ 15 c€, un bénéfice largement supérieur à la revente du surplus, qui se limite à 4 c€. Le stockage à l’aide de batteries devient donc un levier essentiel pour maximiser la rentabilité d’une installation.
Ces ajustements tarifaires s’inscrivent dans une stratégie de l’État visant à promouvoir le développement de l’autoconsommation. La diminution progressive des tarifs de rachat fait partie des mesures mises en place pour orienter les comportements des producteurs. En réduisant l’intérêt de la revente, les autorités incitent à une consommation locale de l’électricité produite, l’autoconsommation étant l’une des priorités définies dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Au fil des années, les volumes d’électricité provenant des petites installations devraient donc diminuer progressivement. Le Médiateur de l’énergie prévoit déjà un changement des comportements à l’issue des contrats d’obligation d’achat. Selon l’organisme, la plupart des producteurs pourraient choisir de ne pas renouveler ces contrats. Cette année, près de 800 contrats arrivent déjà à échéance.

