High-tech

Peugeot 408 électrique : séduisante, mais cela ne suffira pas.

La nouvelle Peugeot 408 a été dévoilée ce matin et son restylage, prévu pour le début de l’année 2026 à Bruxelles, affiche un avant transformé et une identité très horizontale. La version électrique E-408 conserve un moteur avant de 213 ch (157 kW) et une batterie de 58,2 kWh, avec une autonomie WLTP annoncée de 453 km.

Le phénomène des voitures « coup de cœur » nous amène souvent à faire preuve d’indulgence. La nouvelle Peugeot 408, révélée ce matin, mise tout sur son allure séduisante pour attirer les consommateurs. Cependant, en 2026, face à des modèles comme la Tesla Model 3 ou la Mercedes CLA, un design attrayant ne suffira pas. Surtout quand les caractéristiques techniques stagnent.
Peugeot E-408 (2026) // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

La Peugeot 408 a toujours eu un caractère unique. Un objet visuel atypique, un « fastback » surélevé qui sort des sentiers battus. À Bruxelles, pour ce début d’année 2026, Peugeot présente un restylage qui ne passe pas inaperçu. L’avant est entièrement transformé.

On retrouve l’identité horizontale de la dernière 308, avec une calandre qui intègre le pare-chocs et des optiques matricielles très fines.

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Peugeot E-408 (2026) // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Sur le plan visuel, elle impressionne. Le nouveau vert « Flare Green » attire l’œil, le logo rétroéclairé a son effet dans l’obscurité, et la signature lumineuse arrière à trois griffes demeure une référence. Peugeot excelle dans la conception de voitures, c’est indéniable. Mais il est important de se rappeler qu’en 2026, une voiture n’est pas seulement un objet esthétique à exposer. C’est là que la situation se complique.

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Peugeot E-408 (2026) // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Tout pour le style, rien pour le soft ?

Si vous escomptiez une transformation intérieure majeure, vous risquez d’être déçus. Cela s’avère même assez frustrant. L’architecture de la planche de bord est strictement identique à celle de l’ancienne version.

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Peugeot E-408 (2026) // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

On y retrouve le i-Cockpit, le petit volant (qui suscite des avis partagés) et cet agencement qui, il faut l’admettre, est agréable à regarder. La qualité perçue est là, c’est indiscutable.

Le problème réside dans le logiciel. Ne pas avoir modifié le hardware des écrans ni le système central est une erreur stratégique. Contrairement à la fluidité d’une interface Tesla ou à l’intégration d’Android Automotive chez Renault, le système Stellantis accuse sérieusement le poids des années.

C’est esthétique, c’est visuel, mais la réactivité et les fonctionnalités avancées font défaut. En 2026, l’expérience utilisateur est tout aussi cruciale que la qualité des matériaux. Et là, Peugeot stagne.

Sous le capot : le calme trop plat

Mon enthousiasme diminue ici. Abordons la version électrique, la E-408. On espérait que Peugeot profiterait de ce restylage pour corriger ses lacunes face à la concurrence. Résultat ? Les mêmes caractéristiques sont conservées.

La fiche technique semble être un copier-coller : un moteur avant de 213 ch (157 kW) et une batterie de 58,2 kWh utiles. L’autonomie WLTP annoncée est d’environ 453 km. En 2024, c’était « correct ». En 2026, c’est juste. Très juste pour cette catégorie.

Sur autoroute, à 130 km/h, il ne faudra pas espérer traverser la France sans multiplier les arrêts. Pendant que des concurrents proposent désormais des batteries de 70 ou 80 kWh dans ce segment, Peugeot reste en dessous des 60 kWh. C’est d’autant plus frustrant que la plateforme pourrait probablement supporter davantage, mais les contraintes industrielles de Stellantis semblent avoir prévalu.

Cependant, quelques améliorations apparaissent en matière de recharge : l’arrivée du Plug & Charge (enfin !) et le préchauffage de la batterie. Cela est nécessaire, mais c’est seulement un rattrapage, pas une innovation. La consommation annoncée de 15,2 kWh/100 km est acceptable pour le gabarit, mais elle ne compense pas la capacité insuffisante du réservoir d’électricité.

Et la concurrence

La Peugeot 408 n’évolue pas dans un monde isolé. Elle fait face à des concurrents redoutables. Prenez la Tesla Model 3. Pour un tarif probablement comparable (les prix définitifs de la 408 ne sont pas encore communiqués, mais on peut anticiper), l’américaine offre davantage d’autonomie, une puissance de charge supérieure et un logiciel bien plus avancé.

De plus, regardez la Mercedes CLA, désignée voiture de l’année 2026. Elle n’est pas beaucoup plus chère, mais offre une efficience impressionnante et un éco-score la rendant très attrayante pour les flottes d’entreprises. La 408, avec son positionnement « premium access », se retrouve coincée.

Pour les professionnels, le calcul du TCO (coût total de possession) pourrait être impitoyable. Pour les particuliers, l’achat « coup de cœur » devra justifier de payer plus pour obtenir moins de technologie.

Alors, faut-il renoncer à cette nouvelle 408 ? Non, bien sûr. C’est une voiture confortable, bien insonorisée, et qui a une véritable présence sur la route. Si vous recherchez un véhicule distinctif pour des trajets quotidiens, elle fera le job avec élégance.

Cependant, il est essentiel d’être réaliste. Ce restylage est principalement cosmétique. Peugeot a mis l’accent sur le visible, tout en négligeant ce qui est crucial pour l’utilisation quotidienne d’un véhicule électrique : la batterie et le logiciel. C’est une stratégie périlleuse.

La nouvelle 408 est une très belle voiture thermique ou hybride convertie en modèle électrique moyen. Si le design est votre principale préoccupation, n’hésitez pas, elle est magnifique. Par contre, si vous êtes en quête du meilleur rapport technologie/prix du marché, passez votre chemin. La concurrence a déjà une longueur d’avance.


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