Mission économique en Chine : un voyage coûteux mais qui peut rapporter gros pour les entreprises bruxelloises (Mise à jour)

Soutenues et accompagnées par hub.brussels, ces start-ups profitent de la présence de personnalités politiques et diplomatiques en Chine pour ouvrir des portes habituellement fermées.

Arnaud Bernaerts et Jeremy Boomer ont lâché quelques milliers d’euros pour participer à la mission économique en Chine. Normalement, le Service public régional de Bruxelles (SPRB) leur remboursera la moitié, espèrent-ils à la sortie d’un work-shop organisé dans un salon de l’hôtel Four Season’s de Shenzhen, en compagnie de plusieurs entreprises et représentants d’institutions publiques chinois. Car, en plus de mettre la main à la poche pour soutenir les plus petites structures, l’administration régionale en charge du développement économique bruxelloise accompagne, coache et met en relation les 53 entreprises et start-up bruxelloises présentes en Chine en ce moment. 

Sans cette aide, les deux fondateurs de la société de construction spécialisée dans les matériaux bio-sourcés Natura Mater n’auraient peut-être pas pu partir à la découverte du marché chinois et, surtout, d’un matériau qu’ils comptent utiliser dans leurs prochaines constructions : le bambou ! « Avec Natura Mater, nous voulons promouvoir et distribuer des matériaux bio-sourcés comme la laine de mouton, le bambou, la fibre de blé, la fibre de bois, l’argile, etc. Ils remplacent matériaux issus de l’industrie pétrochimique. Ce sont des méthodes très anciennes que l’on réintroduit dans la construction passive », explique Jeremy Boomer entre deux mignardises. Sa présence en Chine va lui permettre de voir le potentiel du bambou d’une part mais aussi, d’autre part, d’analyser l’ouverture du marché chinois sur ces techniques de constructions durables. « De prime abord, j’ai l’impression qu’il y a un gros potentiel pour ce genre de matériaux en Chine. »

« La présence de personnalités politiques et diplomatiques nous ouvrent des portes »

L’ambition chinoise de Mohamed M. Sano est toute différente. Lui exporte des biens de consommation vers l’Afrique subsaharienne. De Bruxelles, il envoie des fruits, des légumes, de l’huile, etc. dans les innombrables petites échoppes des grandes villes de Guinée, de Côte d’Ivoire, etc. « C’est en voyant que tous les produits vendus dans ces petits magasins, sorte de night-shops chez nous à Bruxelles, venaient de Chine que j’ai pris conscience qu’il y avait quelque chose à faire », explique-t-il. « Les pommes de terre que j’exporte dans ces petits magasins sont les mêmes que celles que les Africaines trouvent dans les grandes surfaces sauf qu’il n’y a pas de marque spécifique. Elles sont donc moins chères et d’une meilleure qualité que les produits de consommation venant de Chine. » Ici, son objectif est de détourner une partie du marché des engins agricoles chinois vendus en Afrique. « Les normes européennes sont trop strictes pour les besoins des agriculteurs africaines. Leurs engins agricoles sont trop chers, trop technologiques, etc. Donc ils se fournissent en Chine. Mon ambition est de capter une partie de ce marché en le faisant passer par Bruxelles. »

Frédéric Baldan est quant à lui un ‘initié’. Marié à une Chinoise, il a développé une société de consultance spécialisée dans la coopération économique sino-européenne. Baptisée Cebiz, cette entreprise basée à Bruxelles traite surtout dans les secteurs de l’aviation, l’énergie, le high-tech et les télécoms. Son job paraît simple : mettre en relation des entreprises chinoises et européennes, leur donner du conseil, une expertise afin de favoriser leur implantation et qu’elles signent des contrats entre elles. Dans les faits, son excellence connaissance des deux cultures et la présence de son associé lui permettent de comprendre deux mécaniques économiques très différentes. Lui et son associé chinois espèrent signer quatre contrats durant la mission économique. « La présence des personnalités politiques nous ouvrent des portes auprès des grands décideurs chinois, c’est certain. Cela nous permet d’accélérer des signatures de contrats. »