High-tech

Minisforum MS-02 Ultra : le PC le plus compact avec GeForce RTX 5060.

Le Minisforum MS-02 Ultra est équipé d’un processeur Intel Core Ultra 9 285HX avec 24 cœurs et 24 threads, associé à 64 Go de RAM DDR5 et une carte graphique Gigabyte GeForce RTX 5060 OC Low Profile. La version « Barebone » du MS-02 Ultra, sans RAM ni SSD, est proposée à 1 279 € sur le site officiel.

Nous allons examiner le Minisforum MS-02 Ultra, considéré comme le successeur spirituel du MS-01. L’objectif affiché est ambitieux : intégrer un Core Ultra 9, 64 Go de RAM, une RTX 5060 et, tenez-vous bien, un réseau 25 GbE dans un boîtier de moins de 5 litres.

Dans l’univers des mini PC, il y a souvent une monotonie. La compétition se limite souvent à réduire l’espace occupé sur le bureau au prix de performances limitées. Bien que j’exagère légèrement, il est difficile de rivaliser avec les grandes tours de PC.

Et puis est arrivé Minisforum avec le MS-02 Ultra, son remplaçant direct du MS-01. La promesse ? Intégrer un Core Ultra 9, 64 Go de RAM, une RTX 5060 et, tenez-vous bien, un réseau 25 GbE dans un espace de moins de 5 litres. C’est du très compact.

Fiche technique

Caractéristiques Configuration
Modèle Minisforum MS-02 Ultra
Processeur Intel Core Ultra 9 285HX (24 Cœurs / 24 Threads)
GPU Intégré Intel Graphics
GPU Dédié (Ajouté) Gigabyte GeForce RTX 5060 OC Low Profile 8G (GDDR7)
RAM 64 Go DDR5 SODIMM (compatible ECC, max 256 Go)
Stockage 1 To SSD NVMe (4 slots M.2 au total)
Réseau 2x 25GbE SFP+, 1x 10GbE RJ45, 1x 2.5GbE RJ45, WiFi 7
Extension 1x PCIe 5.0 x16 (occupé par GPU), 1x PCIe 4.0 x16 (occupé par carte réseau), 1x PCIe 4.0 x4
Connectique Façade 2x USB4 v2 (80 Gbps), 1x USB-A 10Gbps, Jack 3.5mm
Alimentation Interne 350W
Dimensions ~ 4,8 Litres

Cette fiche technique est très impressionnante. Vous avez probablement remarqué : deux ports 25 GbE et deux ports USB4 v2 (80 Gbps) dans un boîtier de cette taille, c’est tout simplement inédit.

Un point critique à surveiller est l’alimentation interne de 350W. Avec un Core Ultra 9 avide d’énergie et une RTX 5060, nous approchons dangereusement de la limite.

Déballage et mise en place

Le déballage du MS-02 Ultra donne le ton : c’est lourd, c’est compact. Oubliez le plastique « bon marché » des NUC d’entrée de gamme, ici on a affaire à un châssis en métal pesant près de 3,5 kg tout équipé. L’esthétique est brute, au style industriel. Pas de RGB clignotant, c’est un outil de travail.

blank

Pour accéder à l’intérieur, Minisforum utilise son système de « tiroir ». Deux vis à l’arrière permettent de coulisser l’ensemble du bloc interne vers l’extérieur. C’est satisfaisant au premier abord, mais cela devient vite frustrant si vous devez intervenir fréquemment, car les câbles internes sont très ajustés. Chaque millimètre cube a été soigneusement optimisé par les ingénieurs.

L’installation de notre Gigabyte RTX 5060 Low Profile a été… délicate. Le slot PCIe 5.0 x16 est bien présent, mais l’espace est restreint. Il faut jouer à Tetris pour insérer la carte sans endommager un câble d’alimentation. Heureusement, le connecteur 8-pins est déjà intégré dans le boîtier, prêt à être branché, un détail utile évitant de chercher un adaptateur dans un carton.

Une fois la carte en place, on mesure la densité extrême de l’appareil. Le GPU est parfaitement adjacent à la paroi latérale ventilée. Si vos doigts sont grands, préparez une pince à épiler. C’est le prix à payer pour une telle compacité.

Dernier aspect de la mise en place : l’alimentation est interne, sans la brique externe encombrante habituelle. Un simple câble C13 standard suffit. C’est ordonné et facilite grandement le transport ou l’intégration dans une baie serveur.

Design, connectiques et architecture

Le design du MS-02 Ultra est simple et épuré. C’est un bloc rectangulaire gris, avec des grilles partout. Les aérations sont multiples : sur les côtés, en haut, à l’arrière. Cela s’explique par le besoin de refroidir tous ces composants.

blank

À l’avant, la connectique est variée : un port USB-A classique, mais surtout deux ports USB4 v2. Oui, cela signifie théoriquement 80 Gbps. C’est un pas vers l’avenir. Vous pouvez y connecter des écrans, des docks, un eGPU ou encore enchaîner des périphériques Thunderbolt.

blank

Voyons maintenant l’arrière, où se concentre la magie. C’est un véritable festival de ports. Trois ports USB-A supplémentaires, un HDMI 2.1, et un autre port USB4 (celui-ci à 40 Gbps). Mais la cerise sur le gâteau est la section réseau.

On y trouve un port 10 GbE natif et un port 2.5 GbE (vPro, destiné à la gestion à distance). C’est déjà excellent. De plus, Minisforum a installé une carte d’extension PCIe (dans le slot x16 Gen 4) qui ajoute deux ports 25 GbE SFP+. C’est complètement fou. Pour un usage domestique, c’est excessif. Pour un « home lab », c’est parfait. Cela permet de connecter directement le PC à un NAS ou à un switch d’entreprise avec une latence presque nulle.

blank

Intéressons-nous à cette carte d’extension réseau, car elle est unique. Ce n’est pas juste une carte réseau, mais un ensemble. Elle intègre également deux emplacements M.2 NVMe. C’est un véritable exploit d’ingénierie : une carte PCIe refroidie activement qui gère à la fois 50 Gbps de réseau et du stockage rapide.

blank

Son architecture interne repose sur trois slots PCIe. Le Gen 5 x16 (pour le GPU), le Gen 4 x16 (occupé par la carte réseau combo) et un petit Gen 4 x4, qui reste libre (bien que difficile d’accès si le GPU est volumineux). Disposer de trois slots PCIe dans un espace si réduit est un exploit.

blank

Concernant le stockage, on peut compter un total de 4 slots M.2 NVMe. Deux sont installés sur la carte mère (sous le ventirad CPU, attention à la chaleur) et deux autres sur la carte combo réseau. Faites cependant attention : si vous ajoutez des SSD de 8 To sur la carte combo, la vitesse tombera à PCIe 3.0. C’est étrange, mais à savoir.

blank

La gestion de la RAM est également unique. Deux slots SODIMM sont placés d’un côté de la carte mère, activement refroidis par un dissipateur dédié (très judicieux pour la DDR5 qui chauffe), et deux autres slots « passifs » de l’autre côté. On peut monter jusqu’à 256 Go de RAM, et cerise sur le gâteau, le processeur HX supporte la mémoire ECC. C’est un argument de vente significatif pour ceux qui utilisent TrueNAS ou ZFS.

blank

Enfin, en ce qui concerne le refroidissement général, le système utilise une grande chambre à vapeur pour le CPU avec deux ventilateurs qui déplacent l’air à travers le boîtier de l’avant vers l’arrière. C’est efficace, mais cela créé un flux d’air complexe, surtout avec le GPU qui perturbe le tout en aspirant l’air par le côté.

blank

En somme, c’est une machine très dense, riche en fonctionnalités et professionnelle. Ce n’est pas le plus bel ordinateur au monde, mais c’est certainement le plus polyvalent.

Performances globales

Au cœur de l’appareil se trouve un Intel Core Ultra 9 285HX. Bien qu’il s’agisse d’un processeur mobile, il app partient à la gamme « HX », ce qui signifie qu’il reçoit une puissance de bureau. Avec 24 cœurs et 24 threads (8 P-Cores et 16 E-Cores), c’est en effet un véritable monstre de calcul.

blank

Dans les benchmarks synthétiques, les performances sont impressionnantes. Avec Geekbench 6, le score est de 2957 en single-core et approche les 18 000 en multi-core. On atteint un niveau comparable, voire supérieur, à celui d’un Apple M1 Max ou Ultra selon les scénarios. Que ce soit pour la compilation, la virtualisation ou le rendu, c’est un vrai titan. Sur Cinebench 2024, il obtient 1768 points en multi-core et 130 points en single-core.

blank

Avec un score PassMark global de 12 807 points, nous sommes dans le haut du tableau. Toutefois, il faut le comparer à des rivaux dignes de ce nom : face aux nouvelles puces AMD Ryzen AI Max+ 395 (intégrées dans le MS-S1 Max), le Core Ultra 9 doit parfois admettre sa défaite, en particulier sur le multicœur pur.

Il reste néanmoins un champion de la polyvalence : pour des tâches comme la compilation, la virtualisation ou les calculs bruts, il tient bien son rang de « station de travail » compacte (et facilement transportable).

À noter que l’iGPU intégré (Intel Graphics 4 cœurs) est plutôt faible. Si vous ne connectez pas de carte graphique dédiée, comme notre RTX 5060, évitez les jeux ou les rendus 3D sérieux.

Cependant, un point mérite d’être souligné. L’ajout de notre carte graphique dédiée (la RTX 5060) oblige le système à revoir son enveloppe thermique et énergétique. Le PL1 (Power Limit 1) tombe à 90W et le PL2 à 110W. Sans GPU dédié, le CPU peut monter plus haut (jusqu’à 140W en pointe). C’est un compromis logique, étant donné l’alimentation de 350W, mais gardez à l’esprit que vous perdrez un peu de puissance CPU brute en ajoutant une carte graphique.

Le SSD NVMe fourni est de bonne facture et bénéficie du PCIe 4.0. Mais ce qui semble intéressant, c’est la gestion des lignes PCIe. Avec tant de périphériques (USB4, 25GbE, GPU, 4 SSD), une congestion pourrait être à craindre.

En pratique, lors de transferts de fichiers lourds via le réseau 10GbE (je n’ai pas de switch 25GbE à domicile, cela coûte cher chez MikroTik, Ubiquiti, etc.), le débit est instantanément saturé. C’est le SSD qui éprouve des difficultés, pas le MS-02.

La chauffe est bien contrôlée, mais le boîtier devient tiède. Les températures autour des aérations atteignent 40-45°C. C’est normal compte tenu de la compacité, mais évitez de poser des objets sur l’appareil. Préférez-lui un peu d’espace pour circuler.

Cependant, au repos, le ventilateur de l’alimentation est audible, atteignant environ 40 dB(A). Cela peut être agaçant, d’autant plus qu’il est impossible de modifier sa courbe de ventilation.

En usage intensif, le bruit monte à 55,3 dB(A). Ce n’est pas aussi bruyant qu’un avion de chasse au décollage, mais cela reste fort pour un appareil de bureau. Le fabricant a promis des améliorations, mais pour l’heure, prévoyez des écouteurs antibruit ou de la musique.

Le bruit est constant. Cependant, si vous activez le mode « Performance » dans le BIOS ou si vous lancez un rendu intensif, les ventilateurs accélèrent, produisant un bruit comparable à celui d’un serveur rack 1U, mais ce n’est pas silencieux. À 50 cm de vos oreilles, cela peut devenir fatigant au fil du temps.

Le support de l’ECC pour la RAM fonctionne parfaitement, ce qui est invisible pour l’utilisateur ordinaire, mais pour un usage professionnel (calculs scientifiques, serveurs de données critiques), c’est une sécurité inestimable.

Au repos, la consommation est déjà entre 25 Watts à la prise, ce qui est relativement élevé comparé à des NUC plus modestes (souvent sous les 10-15W). J’ai mesuré 200 Watts sans la dGPU, et 260 Watts avec. L’alimentation de 350W est donc convenablement dimensionnée, mais on n’atteint pas des niveaux d’efficacité énergétique élevés.

Performances gaming

Passons aux éléments essentiels : le jeu et l’IA. Nous avons installé une RTX 5060 Low Profile de chez Gigabyte, l’une des rares cartes récentes et puissantes à entrer dans cet espace (Dual Slot, Low Profile). Elle possède 8 Go de GDDR7.

blank
blank

Premier constat : cela fonctionne. On pourrait craindre que l’alimentation de 350W soit insuffisante, mais cela n’est pas le cas. La carte consomme ses 115W sans souci.

Benchmark Score
Solar Bay Extreme (Ray Tracing Vulkan) 12991
Fire Strike Extreme (DX11 1440p) 16647
Time Spy Extreme (DX12 4K) 6828
Steel Nomad (Lourd, non-RT) 3160
Speed Way (DX12 Ultimate) 3581

En jeu, les performances sont surprenantes. Dans Cyberpunk 2077 à 1440p Ultra, nous atteignons 160 fps grâce à la magie du DLSS 4 et du Frame Gen (réglé sur x4). Sans ces options, la carte aurait du mal, mais avec, c’est parfaitement fluide. On joue en 1440p natif sur un boîtier minuscule.

Pour Red Dead Redemption 2 (1440p, mix Ultra/High, sans DLSS), on maintien une moyenne de 70 fps. C’est propre et stable. Bien que la carte chauffe, les trois ventilateurs fonctionnent rapidement, mais le système ne throttle pas.

Pour aller plus loin
Comment installer un modèle LLM type ChatGPT sur PC ou Mac en local ? Voici le guide ultime pour tous

Pour l’IA locale (LLM), les 8 Go de VRAM sont un peu limités pour les grands modèles, mais pour faire tourner un Llama-3 8B ou réaliser de la génération d’images via Stable Diffusion, c’est le jour et la nuit par rapport au CPU. C’est une station d’inférence très performante, même si on ne peut pas la comparer au MS-S1 Max.

Pour aller plus loin
Test du Minisforum MS-S1 Max : l’ère du mini-PC limité à la bureautique est définitivement révolue

Le vrai point fort ici est la polyvalence. Vous pourrez travailler dans la journée sur des VM gourmandes en CPU, puis lancer un jeu AAA le soir sans avoir à changer de machine. Ce n’est pas une « bête de course gaming » (une 5060 reste une 5060), mais vu le format, c’est impressionnant.

Prix et disponibilité

C’est ici que la décision devient délicate, et Minisforum joue avec nos nerfs. La version « Barebone » (sans RAM ni SSD) équipée du Core Ultra 9 285HX est affichée à 1 279 € sur le site officiel. C’est coûteux, mais pour une station de travail de cette envergure, cela se justifie. En revanche, évitez absolument la version « prête à l’emploi » sur Amazon, vendue à 3 099,99 €.

Minisforum MS-02 Ultra sur le site officiel

Découvrir l’offre
Minisforum MS-02 Ultra sur Amazon

Découvrir l’offre

Minisforum facture ses 192 Go de RAM ECC et son SSD de 2 To à un prix exorbitant. Faites le calcul : en achetant le barebone, 64 Go de RAM (environ 200 €), un bon SSD (100 €) et notre RTX 5060 LP (330 € sur Amazon), vous pourrez obtenir le tout pour moins de 2 000 €. Le choix est rapidement fait.