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Microsoft teste une technologie pour garder des données pendant 10 000 ans.

Microsoft a dévoilé en 2019 le projet Silica, une technologie de stockage reposant sur du verre de silice fondue, qui permet de conserver des milliers de données durant 10 000 ans. Les chercheurs de Microsoft sont désormais capables d’étendre cette technologie à du verre commun, capable de graver « 4,8 To sur un disque de verre de 120 mm de côté et de 2 mm d’épaisseur. »

Les équipes de Microsoft ont fait une avancée significative dans le domaine du stockage de données sur verre. Cette technologie expérimentale pourrait permettre de conserver des milliers de données pendant 10 000 ans.
Microsoft souhaite encoder des milliers de données sur une surface en verre. // Source : Microsoft

Dans un monde digitalisé, les solutions de stockage en ligne sont devenues la norme, tandis que les supports physiques peuvent avoir une durée de vie limitée et les données se dégradent souvent en quelques décennies. Cette situation pourrait cependant changer grâce aux innovations de Microsoft.

En 2019, l’entreprise de Redmond a présenté le projet Silica, une initiative de stockage novatrice utilisant du verre de silice fondue. Ce matériau, coûteux et rare, selon les précisions de Microsoft, pourrait maintenant être étendu à du verre courant, tel que celui utilisé « dans les plats en verre de cuisine et les vitres de four », permettant de stocker des téraoctets de données sur plusieurs siècles.

Un matériau robuste et économique

Contrairement à sa réputation de fragilité, le verre se révèle être un matériau dense offrant une résistance à l’eau, aux fortes températures, et à la poussière. Dans la revue scientifique Nature, les équipes de Microsoft affirment pouvoir graver « 4,8 To sur un disque de verre de 120 mm de côté et de 2 mm d’épaisseur. » Cela représente 5 000 films en ultra haute définition, d’après Gizmodo.

Pour atteindre cet exploit, ils emploient un laser « femtoseconde », capable de produire des impulsions ultrarapides qui gravent les données au sein du verre. Cette méthode est à la fois économique et écologique, car une fois gravées, les données ne nécessitent plus d’énergie pour être conservées.

Une conservation remarquable

Au sein de leur laboratoire, les chercheurs ont soumis leurs supports à des tests de vieillissement accéléré. Cette expérimentation a permis « de confirmer que les données peuvent être préservées pendant 10 000 ans. » Une avancée qui pourrait résoudre les défis de préservation rencontrés par de nombreuses institutions telles que les Archives nationales ou les musées.

Selon Richard Black, directeur de recherche du projet Silica, l’adaptation de la technologie à « un support plus courant et moins cher » permet également de surmonter « deux obstacles majeurs à la commercialisation : le coût et la disponibilité du support de stockage. »