High-tech

Meta investit 100 milliards de dollars dans AMD contre Nvidia.

Meta a scellé un accord de 100 milliards de dollars avec AMD pour acheter des puces de la série MI450 sur les cinq prochaines années. Ce contrat permettra à Meta d’atteindre une capacité de calcul de 6 gigawatts, avec une prévision de consommation du premier gigawatt dès cette année.


Mark Zuckerberg a récemment investi massivement, mais ce n’est pas pour créer un nouveau réseau social. Meta a conclu un accord de **100 milliards de dollars** avec AMD. L’objectif est de sécuriser des puces IA MI450 et, en même temps, de devenir l’un des principaux actionnaires de l’entreprise.

L’information, rapportée par le *Wall Street Journal*, présente un accord impressionnant : **100 milliards de dollars**. Pour donner un aperçu, ce montant dépasse le chiffre d’affaires annuel de nombreuses entreprises du CAC 40. Meta s’engage à acquérir des puces de la série **MI450** d’AMD pour alimenter ses centres de données au cours des cinq prochaines années.

Meta vise une capacité de calcul de **6 gigawatts**. L’entreprise prévoit de consommer le premier gigawatt de cette commande dès cette année. Ceci est colossal et explique pourquoi Meta multiplie les contrats dans le secteur de l’énergie nucléaire aux États-Unis.

Examinons maintenant les détails de cet accord. Il ne s’agit pas d’une simple transaction commerciale. AMD a accepté de fournir à Meta des bons de souscription permettant d’acquérir jusqu’à **160 millions d’actions** au prix très attractif de 0,01 dollar l’unité. En d’autres termes, si Meta achète suffisamment de puces et que le cours de l’action AMD augmente, Zuckerberg pourrait détenir 10 % du capital de l’entreprise.

Cette approche constitue une stratégie de verrouillage mutuel. Lisa Su, la PDG d’AMD, a exprimé clairement le but de cet accord : maintenir Meta comme partenaire privilégié et éviter qu’ils ne se tournent vers des concurrents, notamment Nvidia. « *Je tiens à m’assurer que nous soyons toujours un partenaire fiable* », a-t-elle déclaré. En effet, AMD a besoin de volumes garantis pour financer sa recherche et développement et rivaliser avec Nvidia.

Cette manœuvre financière suscite également des critiques chez les concurrents. Nvidia accuse ouvertement ce qu’il qualifie de « financement circulaire ». Le principe est que Meta injecte de l’argent dans AMD pour acheter des puces, puis AMD restitue une partie de sa valeur sous forme d’actions. Cela donne l’impression de gonfler artificiellement les commandes et la valorisation boursière. Néanmoins, les investisseurs semblent indifférents tant que les livraisons de puces sont assurées.

Ce contrat s’inscrit dans une restructuration majeure de l’empire de Mark Zuckerberg. En janvier 2026, l’entreprise a établi **Meta Compute**, une entité exclusivement consacrée à la gestion de cette infrastructure ambitieuse. L’accent est mis sur une entreprise d’infrastructure capable de gérer sa propre énergie et son propre matériel, au-delà des simples réseaux sociaux.

Le choix de l’architecture MI450 d’AMD n’est pas anodin. C’est l’arme de choix de Lisa Su pour freiner les architectures Blackwell et Rubin de Nvidia. En s’assurant un accès prioritaire à ces composants, Meta évite les pénuries qui ont affecté le secteur ces dernières années. Et avec des contrats prévoyant **6,6 gigawatts** d’énergie nucléaire d’ici 2035, le groupe se dote de solides bases technologiques face à ses concurrents.

Dans la lutte contre Google et Microsoft, Meta se transforme en entreprise intégrée verticalement, gérant tout, des codes de ses modèles d’IA aux électrons alimentant les processeurs. Cet accord avec AMD constitue la pièce maîtresse d’un puzzle qui s’étend bien au-delà des seules plateformes Facebook ou Instagram.