Makoto Uchida: nouveau directeur général de Nissan

« Citoyen du monde », Makoto Uchida a tout pour plaire à Renault, l’allié français du groupe qu’il va diriger.

Le constructeur automobile japonais Nissan, en pleine refonte de sa direction après l’éviction de Carlos Ghosn, a choisi comme nouveau patron le dirigeant de sa filiale chinoise, Makoto Uchida.

Parlant couramment anglais et ayant passé une bonne partie de sa vie en dehors de son pays, ce Japonais de 53 ans a tout pour plaire à l’allié français Renault. Il a passé une partie de son enfance en Malaisie, puis a étudié à l’université Doshisha, établissement privé réputé de Kyoto dont il est sorti diplômé de la faculté de théologie, un cursus plutôt atypique pour un dirigeant automobile.

Il est entré chez Nissan en 2003 et connaît Renault et les rouages des partenariats, ayant travaillé en Corée du Sud de 2012 à 2014 pour la marque locale Renault Samsung Motors, puis ayant piloté les achats de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi entre 2016 et 2018.

Il a ensuite pris les rênes des activités de Nissan en Chine, un marché clé pour le groupe.

M. Uchida est ce que les Japonais appellent un « kokusai-jin », un « citoyen du monde ». Il « est profondément Japonais, mais il apporte une ouverture, de par sa culture internationale », selon Jean-Dominique Senard, le président de Renault et du conseil opérationnel de l’alliance entre les trois constructeurs. « Il a une vision du ‘business’ évidente et une vision du management très moderne, basée sur la responsabilisation, l’autonomie des équipes. Pour le monde japonais de l’entreprise, c’est très nouveau », relève encore M. Senard. Comme lui, M. Uchida a la conviction que l’alliance avec Renault et Mitsubishi Motors « est essentielle pour l’avenir de Nissan », affirme le président de Renault, « très heureux » de sa nomination.

« Un point faible de M. Uchida, c’est qu’il n’a pas travaillé pour Nissan aux États-Unis, qui est clairement le marché où le groupe doit se rétablir. Donc il devra bien s’entourer » pour y remédier, souligne toutefois Janet Lewis, analyste automobile chez Macquarie Capital Securities à Tokyo. Et sa tâche s’annonce immense, et pas seulement aux États-Unis : les bénéfices de Nissan sont tombés au premier trimestre de son exercice 2019/2020 à leur plus bas niveau depuis la crise mondiale de 2008-2009.