LVMH en passe de racheter Tiffany pour 16,3 milliards de dollars

Le géant du luxe français LVMH, dirigé par le milliardaire Bernard Arnault, a trouvé un accord de principe avec le joaillier américain Tiffany pour le racheter au prix de 16,3 milliards de dollars, a indiqué dimanche à l’AFP une source proche du dossier. Si on inclut une reprise de dette (350 millions de dollars), la transaction devrait dépasser les 16,65 milliards de dollars, a encore dit cette source, confirmant des informations du Wall Street Journal et du Financial Times.

Les deux groupes pourraient officialiser cet accord avant l’ouverture des marchés financiers européens lundi, a dit la même source, qui a néanmoins averti que les choses pouvaient encore évoluer.

L’opération deviendrait alors la plus grosse acquisition jamais réalisée par LVMH, propriétaire des marques Louis Vuitton et Christian Dior.

Dans le détail, LVMH a décidé de relever son offre pour la deuxième fois après avoir examiné les livres de comptes de Tiffany, qui a servi de décor à la première scène du film « Diamants sur canapé » (« Breakfast at Tiffany’s ») avec Audrey Hepburn en 1961.

Le groupe français avait initialement proposé le 15 octobre 120 dollars par titre Tiffany, connu pour ses bagues de fiançailles et ses diamants, avant de porter cette proposition à environ 130 dollars la semaine dernière, ont indiqué cette semaine des sources proches du dossier.

Cette dernière offre avait incité Tiffany à dévoiler ses comptes à LVMH, qui a finalement décidé de proposer 135 dollars par action Tiffany, valorisant le groupe américain à un peu plus de 16,3 milliards de dollars, a indiqué dimanche la source.

L’action Tiffany a clôturé à 125,51 dollars vendredi à Wall Street.

D’après elle, des conseils d’administration des deux entreprises étaient en cours dimanche pour valider le mariage. Il était plus que probable qu’ils donnent leur bénédiction, a-t-elle encore dit.

Contacté par l’AFP, LVMH n’a pas souhaité commenter, tandis que Tiffany n’a pas répondu dans l’immédiat.

L’acquisition du groupe américain viendrait étoffer la branche montres et bijoux de LVMH, qui comprend déjà les marques Bulgari, Chaumet, Tag Heuer et Hublot entre autres, lui permettant de rivaliser avec Richemont (Cartier et Van Cleef & Arpels) et de se renforcer sur le marché américain, deuxième contributeur au chiffre d’affaires.

Fondé en 1837 par Charles Lewis Tiffany, le joaillier, dont le magasin amiral jouxte la Trump Tower sur la célèbre 5e avenue à New York, a réalisé un chiffre d’affaires de 4,4 milliards de dollars lors de l’exercice fiscal achevé le 31 juillet, en hausse de 6,5%. Sa croissance est néanmoins freinée par le dollar fort et une baisse des dépenses des touristes aux Etats-Unis.