L’Europe ne veut pas des antennes 5G comme boucliers anti-drones.
Fin 2025, des essaims de petits drones non identifiés ont nargué la Pologne, forçant l’OTAN à griller des missiles pour abattre ces objets. Mercredi 11 février 2026, Bruxelles a dévoilé un plan de bataille avec un budget de 250 millions d’euros pour muscler la filière anti-drone européenne.

Une alerte rouge a été déclenchée fin 2025. Des essaims de drones non identifiés ont défié la Pologne, obligeant l’OTAN à utiliser des missiles coûteux pour abattre de simples objets volants. Munich, Copenhague, Bruxelles… les aéroports ont subi de nombreuses annulations en raison de survols suspects, tandis qu’en Lituanie, des ballons météo étaient détournés pour transporter des cigarettes. Bien que l’Union européenne n’ait pas officiellement accusé Moscou, elle a rapidement réalisé que ses systèmes de défense aérienne traditionnels étaient totalement inadaptés face à cette menace peu coûteuse, diffuse et insaisissable.
Bruxelles a donc mis fin à cette situation mercredi 11 février 2026 en présentant un plan d’action considérable. Le cœur de la stratégie ? Un budget de 250 millions d’euros pour renforcer le secteur anti-drone en Europe. Sur le plan réglementaire, le cadre devient strict : l’enregistrement des drones sera obligatoire dès 100 grammes. Fini l’astuce des modèles commerciaux pesant délibérément 249 grammes pour échapper à la législation. Un label « EU Trusted Drone » sera également instauré, obligeant les États membres à cartographier d’urgence leurs zones sensibles (centrales nucléaires, bases militaires) tout en désignant un coordinateur national. Cependant, la véritable solution technologique réside ailleurs.
Les antennes relais se prennent pour des radars militaires
L’idée innovante de l’UE consiste à réutiliser nos infrastructures civiles. Les antennes 5G qui permettent aux utilisateurs de naviguer sur leurs smartphones seraient bientôt capables de détecter des objets volants. Grâce à la technologie ISAC (Integrated Sensing and Communication), actuellement en phase de test, une antenne mobile peut envoyer des ondes qui rebondissent sur les drones. Par conséquent, le réseau cellulaire devient un capteur géant capable d’identifier et de suivre les intrus, même s’ils volent clandestinement, n’ont pas de carte SIM ou ne sont pas connectés à un opérateur connu.
La Commission a de grandes ambitions et envisage d’intégrer cette fonction de détection dans le futur réseau 6G. La future loi sur les réseaux numériques (Digital Networks Act) pourrait même allouer une bande de fréquence spécifiquement à cet usage. L’objectif est de créer une vaste toile de capteurs civils en complément des grands radars militaires.
Derrière cette avancée technique, se cache un enjeu géopolitique majeur. Ursula von der Leyen projette un « mur anti-drones » à l’est de l’Europe, mais souhaite éviter de remettre ce contrôle aux Américains. Bien que des entreprises comme Palantir déploient déjà leurs systèmes de détection en Ukraine, l’Europe veut privilégier ses propres entreprises, à l’image de Nokia et Ericsson, qui sont en avance sur la technologie ISAC. Pour peaufiner son dispositif souverain, Bruxelles compte cependant s’appuyer sur l’expérience précieuse de l’Ukraine, habituée à la guerre des drones. En parallèle, l’agence Frontex recevra un financement de 150 millions d’euros pour sécuriser l’espace aérien aux frontières de l’Union.

