Les cours du pétrole toujours dans le rouge après les stocks américains

Les cours du pétrole étaient en forte baisse mercredi, dans la lignée de la veille, après une hausse plus forte qu’attendu des stocks de pétrole aux Etats-Unis et dans un marché qui doute de l’efficacité de la nouvelle coupe de l’Opep+.

Vers 15H20 GMT (17H20 à Paris), le baril américain de WTI pour livraison en mai perdait 3,03% par rapport à la clôture de mardi, à 19,50 dollars, après avoir touché en début de séance européenne 19,20 dollars, au plus bas depuis 2002.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour juin valait de son côté 27,43 dollars à Londres, en chute de 7,33%.

Déjà dans le rouge, les cours des deux barils de référence ont piqué du nez à la publication des stocks de pétrole brut aux Etats-Unis par l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA), en augmentation pour la douzième semaine consécutive, confirmant le surplus d’offre sur le marché.

Les acteurs du marché ne semblaient par ailleurs toujours pas convaincus par l’entente dimanche entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses principaux partenaires, réunis au sein de l’Opep+, portant sur une baisse de 9,7 millions de barils par jour (mbj) pour mai et juin et qui avait pourtant comme objectif de rééquilibrer le marché et de relancer les prix du brut.

Cet accord « n’est tout simplement pas suffisant à court terme pour rééquilibrer le marché » de l’or noir, avait estimé plus tôt dans la journée Neil Wilson, de Markets.com.

« Cette réduction représentait le minimum nécessaire pour stabiliser les prix, mais pas davantage », avait estimé de son côté Jasper Lawler, analyste de LCG.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) est par ailleurs venue confirmer mercredi les doutes qui pèsent sur la demande mondiale, frappée de plein fouet par la pandémie de nouveau coronavirus et les mesures entravant la bonne marche de l’économie qui l’accompagne.

Les réponses apportées par les pays producteurs « ne vont pas rééquilibrer le marché immédiatement », mais elles constituent « une première étape solide », a commenté l’institution basée à Paris, qui a calculé que la demande mondiale de pétrole devrait s’effondrer de 9,3 mbj cette année, une chute qualifiée d' »historique ».

Sur le seul mois d’avril, l’AIE prévoit une chute de la demande de 29 millions de barils par jour par rapport à 2019, à des niveaux plus vus depuis un quart de siècle.