Les Belges interdits d’entrée aux Etats-Unis. Qui est concerné ? Quelles sont les conséquences ?

L’annonce a fait l’effet d’une nouvelle bombe pour le secteur aérien, déjà durement touché par le coronavirus. Le président américain Donald Trump a décidé de “suspendre tous les voyages en provenance d’Europe vers les Etats-Unis pour les 30 prochains jours”. Décryptage.

  • 1. Qui est concerné par cette mesure ?

L’interdiction s’appliquera à toute personne ayant séjourné dans l’espace Schengen au cours des 14 jours précédant son arrivée prévue aux Etats-Unis, à l’exception des Américains et des résidents permanents. Rappelons que l’espace Schengen comprend les territoires de 26 Etats européens, dont la Belgique. Les Américains ayant séjourné en Europe seront, eux, placés en quarantaine à leur arrivée sur le territoire US.

  • 2. Pourquoi le Royaume-Uni est-il préservé ?

Pour l’administration Trump, la “menace de ce virus étranger” (sic) ne provient plus de la Chine, mais bien d’Europe, en ce excepté le Royaume-Uni ou l’Irlande où des centaines de cas de coronavirus ont pourtant été détectés. Un non-sens, selon différents experts. Les avis scientifiques suggèrent que les restrictions de voyage sont inefficaces, alors que le virus est déjà présent presque partout dans le monde, ont souligné les dirigeants européens qui n’ont pas été concertés par le président américain. Même le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, a critiqué cette décision. Certains voient dans l’annonce du milliardaire américain une volonté de “diviser” les Européens et de préparer un axe US-Royaume-Uni post-Brexit.

  • 3. Quel impact pour les compagnies aériennes ?

N’ayons pas peur des mots : cette interdiction est une véritable catastrophe pour le secteur aérien, déjà en pleine déconfiture depuis l’apparition du coronavirus. Les vols transatlantiques représentent tout simplement la route aérienne la plus fréquentée du monde, avec des retombées économiques énormes. Même si la concurrence y est très forte entre compagnies aériennes, les vols Europe-USA sont une véritable vache à lait en terme de profits pour de nombreux transporteurs. Ces lignes étaient d’autant plus vitales, qu’elles avaient été renforcées ces dernières semaines suite à l’annulation d’autres vols vers l’Asie, suite au coronavirus. Le groupe Air France-KLM avait ainsi augmenté fortement sa capacité vers l’Amérique du Nord (+14 %) afin de compenser une réduction importante de sa capacité vers l’Asie. Les grandes compagnies aériennes ont à nouveau totalement dévissé en Bourse. Certains redoutent que ce soit le coup de grâce pour des compagnies déjà affaiblie comme Alitalia. Brussels Airlines – qui réduit son offre de vols de 35 % en mars et de 45 % en avril – a, par ailleurs, annoncé mettre l’ensemble de son personnel en chômage temporaire dès lundi.

  • 4. Tous les vols vers les Etats-Unis sont-ils annulés depuis Bruxelles ?

En Belgique, plusieurs compagnies aériennes (les belges Tui Fly et Brussels Airlines et les américaines Delta et United) relient notre pays aux Etats-Unis. Si Brussels Airlines va suspendre ses vols vers New York à partir de ce samedi, elle maintient ses vols vers Washington, en espérant remplir ses avions de passagers venus d’Afrique, via son hub de Zaventem, ou de ressortissants américains. Du côté des tour-opérateurs, l’impact est fort aussi. Surtout pour les plus petits T.-O. qui sont spécialisés sur les USA ou ceux qui le sont sur les city-trips, avec New York en tête, une destination très prisée des voyageurs belges, tout comme les villes italiennes… Chez Connections, “5 000 voyageurs sont impactés par la mesure, indique Frank Bosteels, le porte-parole. Des clients qui se rendaient d’abord à New York, loin devant la Floride et le reste du pays.”

  • 5. Quid des Belges “bloqués” aux Etats-Unis ?

Le risque pour les Belges étant actuellement sur le sol américain serait de ne pas trouver de place sur un vol retour, vu les annulations de vols en cascade qui s’annoncent sur cette route transatlantique. En cas d’annulation, les compagnies aériennes se doivent de trouver une solution alternative pour leurs clients, et ce jusqu’à leur destination finale. Cest notamment le cas pour les passagers ayant voyagé avec Brussels Airlines vers New York à qui il sera proposé de revenir via un partenaire du groupe Lufthansa, maison-mère de la compagnie belge.