Les 30 milliards d’images de Pokémon GO : utilité et enjeux.
Plus de cent millions de joueurs ont parcouru la planète depuis 2016 dans le but de capturer Pikachu, Mewtwo ou Dracaufeu dans Pokémon GO. Niantic a récolté près de 30 milliards d’images des rues et des villes que les joueurs ont fournies en utilisant le jeu.

Pokémon GO rassemble plus de cent millions de joueurs. Depuis 2016, des millions de personnes ont parcouru le monde pour capturer des personnages tels que Pikachu, Mewtwo ou Dracaufeu, le tout sans débourser un centime. Cependant, comme le souligne un adage : « si c’est gratuit, c’est vous le produit ».
En effet, les utilisateurs de Pokémon GO ont sans le savoir fourni à Niantic, la société développant le jeu, un nombre considérable d’images des rues et des villes par lesquelles ils passaient. Environ 30 milliards d’images ont ainsi été collectées par la filiale de Google, et c’est la société américaine Coco, spécialisée dans la livraison robotisée, qui en profite.
Un système de localisation extrêmement précis
Coco a pu accéder aux images de Niantic en raison de leur précision. « Nous avons plus d’un million de points de localisation dans le monde, ce qui nous permet de vous localiser avec précision », indique Brian McClendon, directeur technique de Niantic Spatial, la division dédiée à l’intelligence artificielle, dans une interview accordée à MIT Technology Review. Pour chaque point de localisation, Niantic Spatial dispose de « plusieurs milliers d’images prises à des endroits similaires, mais sous différents angles, à des moments variés de la journée et dans des conditions météorologiques diverses », peut-on lire dans l’article. Chaque image est également accompagnée de métadonnées précises indiquant la position de l’appareil, son altitude, ainsi que son mouvement ou non, etc.
Livraisons par robots
Le système de « positionnement visuel » n’est pas une nouveauté, selon Konrad Wenzel d’ESRI, une entreprise spécialisée dans les logiciels de cartographie numérique et d’analyse géospatiale, dans une déclaration à MIT Technology Review. Cependant, pour Coco, la société de livraison par robots, c’est une opportunité remarquable.
Soutenue par Sam Altman, PDG d’OpenAI, la start-up américaine a déployé un réseau de plus de 1 000 robots. De la taille d’une glacière de 90 litres, ces derniers transportent des marchandises et des commandes de restaurants. Bien qu’ils ne soient pas encore visibles en France, Coco a déjà mis en place son système à Los Angeles, Miami, Chicago et à Helsinki, en Finlande. Selon Zach Rash, le PDG de la start-up, cela devrait permettre aux robots de naviguer en toute sécurité dans leur environnement et d’être plus précis, notamment en s’arrêtant aux bons endroits et en évitant les piétons ou les obstacles sur les trottoirs. Cité dans Le Figaro, l’entrepreneur déclare : « Notre meilleure façon de bien faire notre travail est d’arriver exactement à l’heure prévue ».
Créer une carte dynamique
Pour Niantic Spatial, l’objectif n’est pas uniquement d’assister des entreprises comme Coco. Son ambition est de concevoir la carte la plus précise et actuelle possible, une sorte de carte dynamique du monde qui évoluerait au rythme de celui-ci.
Les données recueillies grâce aux images de Pokémon GO permettent notamment d’éviter les problèmes liés au GPS. En effet, en milieu urbain, la multitude de bâtiments entraîne des rebonds des signaux radio, ce qui complique leur transmission vers les smartphones. « Si vous regardez le point bleu sur votre téléphone, vous constaterez souvent qu’il dérive de 50 mètres », explique Brian Clendon à MIT Technology Review. Cela pourra également permettre à des machines, y compris l’IA, de recevoir des consignes plus précises et de mieux s’orienter.

