Le patronat opposé à une hausse du salaire minimum à 14 euros de l’heure

Le relèvement du salaire minimum à 14 euros de l’heure (soit 2.300 euros par mois) « équivaudrait à du chômage organisé », estiment les organisations patronales FEB, UNIZO, Boerenbond et UCM, alors qu’une proposition de loi était discutée en ce sens hier mercredi en commission des Affaires sociales à la Chambre.

« Cette proposition est inacceptable et économiquement destructrice », s’insurgent les quatre organisations, selon lesquelles la mesure représenterait une « hausse de 40% par rapport aux salaires minimums actuels ». 

Pour étayer leurs propos, elles citent les travaux de l’économiste américain David Neumark qui révèle « que pas moins de 85% de toutes les études sur le salaire minimum pointent un effet négatif sur l’emploi privé ».

Les organisations patronales jugent l’initiative inacceptable, « dans la mesure où la concertation sociale bat actuellement son plein, en exécution de l’accord interprofessionnel ». 

Elles rappellent à ce titre qu’un accord pour augmenter le salaire minimum d’1,1% existe entre les partenaires sociaux, à l’exception de la FGTB. Faute de soutien du syndicat socialiste, ce dossier reste cependant bloqué. 

Pour les patrons, la proposition de loi émanant du PS – un texte similaire a également été déposé par le PTB – serait par ailleurs « économiquement destructrice ». Augmenter « de manière aussi spectaculaire » le coût des emplois rémunérés à un salaire compris entre le salaire minimum et 2.300 EUR par mois « entraînera inévitablement de lourdes pertes d’emplois », qui toucheraient principalement des « travailleurs peu qualifiés et vulnérables », estiment-ils. 

La FEB, l’UNIZO, le Boerenbond et l’UCM ajoutent encore que la mesure aura un effet néfaste sur la sécurité sociale et ne contribuera pas à assainir les finances de l’Etat comme le prétendent les auteurs de la proposition. Les organisations patronales concluent en appelant les parlementaires à renvoyer ce dossier aux partenaires sociaux en vue de son traitement ultérieur.