High-tech

La voix française d’Harrison Ford ne soutient pas l’IA

Françoise Cadol et Richard Darbois ont annoncé s’attaquer aux plateformes VoiceDub et Fish Audio afin que leurs voix exploitées illégalement soient retirées. Huit comédiens ont mis en demeure les entreprises VoiceDub et Fish Audio en les sommant de retirer tous les « modèles de clonage exploitant [leur] voix » sous huit jours.

Figures emblématiques du paysage francophone, Françoise Cadol et Richard Darbois ont annoncé leur intention d’attaquer les plateformes VoiceDub et Fish Audio pour obtenir le retrait de l’utilisation illégale de leurs voix.

Un nouveau chapitre s’ouvre dans la lutte contre l’IA générative. Après avoir tenté d’alerter le public et les autorités sur les dangers que cette technologie représente pour leur profession, notamment à travers l’initiative #TouchePasAMaVF, certains comédiens ont choisi de passer à l’action.

Selon des informations de l’AFP et de nos confrères du Monde, huit comédiens ont mis en demeure les sociétés VoiceDub et Fish Audio, leur demandant de retirer de leurs plateformes tous les « modèles de clonage exploitant [leur] voix » dans un délai de huit jours.

Une exploitation non autorisée

Parmi ces acteurs figure Françoise Cadol, voix française d’Angelina Jolie, qui avait déjà saisi les tribunaux pour des raisons similaires après avoir découvert que sa voix avait été utilisée sans autorisation dans une récente compilation de jeux Tomb Raider. Elle exprime sa consternation face à cette nouvelle situation. « Tout se passe sans notre autorisation, on parasite notre interprétation, on est néantisé, piraté. C’est notre métier, on vit de notre voix », déclare-t-elle à l’AFP.

Quant à Richard Darbois, voix française emblématique d’Harrison Ford et de Buzz l’éclair, il souligne que cette pratique prive l’acteur de son consentement : « On prend ma voix pour faire dire n’importe quoi à n’importe qui et ils se font payer sans même que j’aie le moindre droit de regard ».

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Les entreprises concernées ont désormais huit jours pour répondre aux demandes des comédiens, qui réclament le retrait de leurs voix ainsi que 20 000 euros de dommages et intérêts. En l’absence de réponse, ces sociétés seront poursuivies en justice.

Une exaspération croissante

Ce phénomène ne se limite pas à la France, des comédiens du monde entier se mobilisent pour défendre leurs droits. Aux États-Unis, la SAG-AFTRA, le syndicat représentant les acteurs de la télévision, du cinéma et de la radio, a mené une grève d’un an avant de parvenir à un accord pour réglementer ces pratiques. D’autres acteurs, comme Matthew McConaughey, ont choisi des méthodes moins conventionnelles en faisant enregistrer leur voix comme une marque afin de bénéficier d’une protection juridique.