« La transition climatique offre de nombreuses opportunités aux entreprises »

Cette semaine, les Nations Unies organisent leur sommet climat. Les dirigeants d’entreprises devront prendre des mesures indispensables, mais dont l’impact se fera sentir dans 10-15 ans, pour répondre aux conséquences du réchauffement climatique plus grave que prévu, et qui constitue un risque grandissant pour leurs activités.

Néanmoins, les bonnes informations arrivent difficilement aux bons interlocuteurs qui doivent prendre les décisions pour capter les opportunités de croissance, d’innovation ou de résilience.

Il y a certainement cinq domaines dans lesquels les entreprises peuvent pousser le développement durable dans la bonne direction :

Énergies renouvelables : l’éolien, le solaire et d’autres sources d’énergie sont de plus en plus viables et nous rapprochent de la parité réseau. L’Union Européenne est ambitieuse dans sa lutte contre le réchauffement, même si plusieurs de ses membres rechignent à s’y engager.

En Belgique, fin 2020, 8 parcs éoliens off-shore seront installés en mer du Nord, totalisant 2.300 MW. Cet écosystème de savoir-faire et d’emplois pourra être dupliqué dans une seconde zone en Belgique et ailleurs en Europe.

Complémentairement à ceci, Google Belgique a passé un contrat avec Engie pour couvrir une grande partie de ses besoins électriques générés par son Data Center Montois en utilisant de l’électricité verte en provenance du Parc Norther en mer du Nord.

Moins circuler en attendant de mieux circuler

Innovation dans la mobilité, en particulier pour réduire les embouteillages et la pollution dans les villes. Des start-up en Europe et chez nous développent des offres de mobilité et de multi-modalité, leurs apps permettent de payer différents moyens de transport en un clic. Les entreprises pourraient transformer les cartes de carburant de leurs employés en cartes de mobilité.

De même un télétravail plus généralisé permettrait de moins circuler, et ceci en attendant que les technologies permettent d’utiliser des navettes électriques autonomes partagées à grande échelle. De plus les villes se transforment en smart cities grâce au développement de l’Internet des objets. La connectivité accrue entre software et hardware (capteurs, feux tricolores…) permettra de fluidifier les processus.

L’économie circulaire : les anciens modèles industriels de «prendre, fabriquer, disposer» sont perturbés. De plus en plus de modèles créent de la valeur et préservent l’environnement en améliorant la gestion des ressources, en éliminant les déchets par un meilleur design en amont et en maximisant la circulation des produits, des composants et des matériaux utilisés.

L’économie circulaire a déjà généré 262.000 emplois en Belgique, surtout en Flandre, et les entreprises doivent réfléchir à réduire les coûts de leurs matières et la gestion de leurs ressources, ce qui augmentera d’autant l’emploi par des nouvelles fonctions circulaires et par des rôles de support (ingénierie, numérique).

La mode et le prêt-à-porter (confection) par exemple, sont des activités très polluantes et fortement consommatrices de ressources naturelles. L’une des réponses à cet état de fait se trouve dans le recyclage des fibres textiles – grâce à des programmes tels que le recyclage et la remise des vêtements usagés – de manière à éviter au maximum la production de déchets.

Conscientisation 

Investissement durable : dans ce modèle, les actionnaires trouvent de la valeur non seulement dans la croissance de l’entreprise, mais également dans l’engagement de celle-ci à respecter trois critères: environnemental, social et de gouvernance (ESG). Par exemple en Belgique le Groupe Colruyt l’a inscrit dans son ADN ; De plus en plus d’investisseurs veulent savoir si les dirigeants dirigent leur entreprise en tenant compte de ces facteurs. Toutefois, selon un sondage récent mené par McKinsey, les investisseurs ont déclaré que le manque d’uniformité dans les informations fournies par les entreprises en matière de développement durable rend difficile leur utilisation pour prendre des décisions d’investissement, ce qui laisse à penser que des améliorations pourraient être apportées.

Agriculture durable résiliente au changement climatique: la viande est la principale source de protéines sur les marchés développés depuis des années et, sur les marchés en développement, l’appétit pour les protéines traditionnelles a récemment augmenté. Mais notre système alimentaire industriel n’est plus viable dans un contexte de hausse de population ; les préoccupations concernant la santé, le bien-être des animaux et l’environnement entraînent ainsi des changements dans le comportement des consommateurs et accélèrent la montée en puissance de protéines alternatives, dérivées du soja, des pois, et même des insectes et dans la diversité des cultures. Ainsi selon une récente étude les entreprises du secteur alimentaire mondial devraient pouvoir investir 320 milliards de dollars par an dans le durable avec des espoirs de rendement 7 fois plus élevés et la création d’emplois à la clé.

Le message doit être que la transition climatique offre de nombreuses opportunités aux entreprises, paralèlement les pouvoirs publics veilleraient à un marché du carbone présentant des prix stables et suffisants pour décourager la production de CO2 et les énergies fossiles .