La Russie a envoyé son premier robot humanoïde dans l’espace

Entreprises & Start-upLa Russie a lancé, jeudi pour la première fois dans l’espace, un robot humanoïde. Son nom : Fiodor qui devra séjourner dans la Station spatiale internationale (ISS) qui doit servir de tests avant des missions plus risquées et plus lointaines. 

Fiodor, qui porte le numéro d’identification Skybot F850, a décollé à bord d’une fusée Soyouz à cette nuit depuis le cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan. Il doit arriver sur l’ISS samedi et y rester dix jours, jusqu’au 7 septembre. 

 » C’est parti, c’est parti« , a lancé le robot au moment du lancement, selon la séquence retransmise à la télévision, reprenant les mots prononcés par Youri Gagarine lors de son départ pour le premier vol d’un homme dans l’espace en 1961. Une autre vidéo diffusée par l’agence spatiale Roskosmos l’a montré à bord de la capsule Soyouz tenant un petit drapeau russe dans la main. 

Le robot au corps anthropomorphe argenté mesure 1,80 m de haut et pèse 160 kg. Fiodor est un prénom russe mais sa transcription anglaise, Fedor, correspond également à l’acronyme de « Final Experimental Demonstration Object Research ». Fiodor dispose de comptes sur les réseaux sociaux Instagram et Twitter, qui détaillent sa vie quotidienne, par exemple lorsqu’il apprend à ouvrir une bouteille d’eau.

 » Je m’en vais accomplir la mission qui m’a été confiée. Que cache encore l’espace?« , peut-on lire sur l’un des messages. 

Une fois arrivé à bord de l’ISS, le robot testera ses capacités en conditions de gravité très basse, sous la supervision du cosmonaute russe Alexandre Skvortsov. 

Parmi ses principaux savoir-faire figure notamment celui d’imiter les mouvements humains, ce qui veut dire qu’il pourrait aider les astronautes à réaliser leurs tâches. 

Ses opérations l’amèneront à manier un tournevis ou encore des clés, a précisé Alexandre Blochenko, directeur des programmes prometteurs chez l’Agence spatiale russe (Roskosmos), dans un entretien au journal Rossiïskaïa Gazeta. 

Première pour les Russes, mais pas une première mondiale

Fiodor n’est pas le premier robot à s’envoler vers le cosmos. 

En 2011, la Nasa a envoyé dans l’espace un robot humanoïde baptisé Robonaut 2, développé en coopération avec General Motors, avec le même objectif de le faire travailler dans un environnement à haut risque. Il est revenu sur Terre en 2018 en raison de problèmes techniques. 

En 2013, le Japon a expédié dans l’espace un petit robot appelé Kirobo, en même temps que le premier commandant japonais de l’ISS, Koichi Wakata. 

Développé avec Toyota, Kirobo était capable de parler, mais uniquement en japonais. 

Bien au delà de cette seule mission, les autorités russes, qui considèrent la conquête spatiale comme une question stratégique, ne cachent pas leurs ambitions pour Fiodor et ses futurs petits frères. 

Malgré les promesses récentes très ambitieuses du Kremlin dans le domaine spatial, le secteur a enchaîné ces dernières années d’humiliants accidents et scandales de corruption. 

La Russie reste malgré tout à ce jour le seul pays en mesure d’envoyer des humains vers l’ISS