La Ligue 1 a enfin trouvé des diffuseurs pour les trois saisons à venir

Amazon, géant américain de la distribution, a fait irruption vendredi dans le football français en se partageant avec Canal+ la diffusion de la Ligue 1, avec un montant annuel de 663 millions d’euros pour les clubs jusqu’en 2024, a appris l’AFP de source proche des délibérations.

Selon la répartition adoptée vendredi par le Conseil d’administration de la Ligue de football professionnel (LFP), Canal+ versera 332 millions d’euros chaque saison sur la période 2021-2024, contre 250 millions d’euros annuels pour Amazon, qui ajoutera une rallonge pour se partager aussi la L2 avec beIN Sports.

La chaîne qatarienne, qui était en lice pour 80 % des matches de Ligue 1 et 100 % des matches de Ligue 2, se contentera pour sa part de deux matches par journée de L2 (30 millions d’euros), le reste allant à Amazon pour 9 millions d’euros.

L’opérateur Free conservera lui le lot des extraits en « quasi-direct » pour 42 millions d’euros.

Au total, les clubs professionnels se partageront moitié moins que ce qu’ils pensaient percevoir (1,2 milliard d’euros) au moment du choix de Mediapro, diffuseur défaillant dont l’incursion en France a tourné au fiasco.

Mais ce retour en arrière, proche des montants obtenus lors du cycle 2016-2020, a des airs de soulagement pour le football français, très ébranlé par la pandémie de Covid-19.

Un partenariat en or

C’est surtout une entrée en grande pompe dans le paysage du foot hexagonal pour Amazon, qui s’est invité ces dernières années sur le marché des droits sportifs via sa plateforme Prime Video, acquérant par exemple certains droits TV du foot en Angleterre, en Allemagne et en Italie, ou encore des matches de tennis à Roland-Garros pour le marché français.

La stratégie du géant de la distribution en ligne vise principalement à favoriser les abonnements à sa plateforme Prime, service qui regroupe musique, films, séries, documentaires et coûte actuellement 49 euros par an ou 5,99 euros par mois.

Le choix de Canal+ (filiale de Vivendi) et d’Amazon, partenaires aux reins financiers très solides, devrait être en mesure de redonner un peu de visibilité et de stabilité aux clubs, vu l’urgence de la situation.

A moins de deux mois de la reprise de la saison 2021-2022 début août, les clubs doivent désormais présenter un budget cohérent le 14 juin devant la DNCG, gendarme financier du football français.