La Commission européenne souligne les avantages budgétaires de l’appartenance à l’UE

Le simple fait d’appartenir au marché intérieur de l’Union européenne rapporte aux États membres bien plus qu’ils ne l’imaginent lorsqu’ils font valoir leur contribution au budget européen, a affirmé mardi la Commission européenne, chiffres à la clé, à l’approche des négociations finales sur la prochaine programmation budgétaire 2021-2027.

Le prochain budget pluriannuel doit tenir compte à la fois du départ du Royaume-Uni, un contributeur net, et de nouvelles priorités (sécurité, migration, numérique), au risque de procéder à des coupes sèches dans les politiques historiques de l’UE que sont la cohésion et l’agriculture. 

Comme toujours pour cet exercice, chaque État membre scrute avec suspicion s’il ressortira gagnant de la négociation. Certains pays, du fait de leur économie plus faible, reçoivent plus d’aide européenne que leur contribution. 

Ainsi, les quatre pays d’Europe centrale post-communiste membres du groupe dit de Visegrad (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovakie) critiquent les projets de réduction de fonds européens de solidarité dont leur région est bénéficiaire. Ils pointent du doigt les pays les plus riches. 

D’un autre côté, cinq pays qui, en théorie, contribuent plus qu’ils ne reçoivent (Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Suède, Autriche) veulent freiner les dépenses en exigeant que le budget de l’UE reste limité à 1% du revenu national brut (RNB) de l’ensemble des pays de l’UE. 

La Commission, elle, défend un taux de 1,11% pour l’UE-27 tandis que, traditionnellement plus ambitieux, le Parlement européen réclame 1,3%. « Je ne suis pas sûr que les États membres servent vraiment les intérêts économiques de leurs citoyens s’ils s’en tiennent à leur perspective comptable ou veulent montrer qu’ils sont des négociateurs rudes« , a commenté le directeur général Budget de la Commission, Gert Jan Koopman, en présentant les chiffres à la presse. Il souligne les avantages économiques de la simple appartenance au marché unique. 

La Belgique, par exemple, a versé au budget européen, sur la programmation qui se termine, une contribution annuelle d’en moyenne 0,86% de son RNB, soit 3,84 milliards d’euros (sur base des prix de 2018). 

Cette facture devrait s’élever à 4,36 milliards d’euros pour la période 2021-2027, ou 0,91% du RNB. Mais sur cette même période, le pays irait chercher chaque année l’équivalent de 56,49 milliards d’euros (10,89% de son RNB) de sa seule participation au marché intérieur, affirme la Commission sur base de trois études. 

Il est certes possible, ajoute l’exécutif européen, de comparer ce qu’un État reçoit en fonds de cohésion (Feder, FSE, etc) ou en aides agricoles (PAC), mais il est impossible d’évaluer avec précision une série d’autres retombées venues des programmes de défense européenne, de numérisation, ou encore les retombées d’Erasmus (échanges d’étudiants), de Galileo (géolocalisation par satellite) ou de Copernicus (surveillance de la Terre). 

En outre, les dépenses administratives des institutions européennes dans les pays qui les accueillent – comme la Belgique – n’est pas pris en compte non plus dans ce calcul, selon ce directeur.