La batterie sans nickel, oubliée il y a 5 ans, envahit le marché.
Les batteries LFP représentent désormais plus de 50 % du marché mondial des voitures électriques, après avoir surpassé les 10 % en 2020. Sur les onze premiers mois de 2025, plus de 80 % des véhicules électriques vendus en Chine étaient équipés d’une batterie LFP.

Au fil des ans, les voitures électriques ont considérablement évolué, grâce aux innovations et à la demande des consommateurs. Un élément clé de cette évolution est la batterie, qui joue un rôle essentiel aussi bien dans le coût que dans les performances des véhicules électriques.
L’essor du LFP
Rappelons que l’accumulateur représente en moyenne 40 % du coût total d’un véhicule électrique. C’est également lui qui détermine l’autonomie et la vitesse de charge, influençant ainsi l’expérience utilisateur. Les fabricants ne peuvent donc pas le négliger. Actuellement, deux grandes technologies dominent le marché : l’LFP (lithium – fer – phosphate) et le NMC (nickel – manganèse – cobalt).
La technologie LFP connaît actuellement une dynamique favorable, comme le montre une étude réalisée par Benchmark Minerals et publiée par EV Magazine. Selon cette étude, la chimie LFP a été la plus vendue sur le marché en 2025, dépassement des batteries au nickel. Alors qu’elle ne représentait pas plus de 10 % en 2020, sa part de marché est désormais supérieure à 50 % dans le monde, bien qu’elle varie selon les régions. Sans surprise, c’est en Chine que cette technologie est la plus courante.

Au cours des onze premiers mois de 2025, plus de 80 % des voitures électriques vendues en Chine étaient équipées d’une batterie LFP. Dans le reste du monde, cette technologie a également gagné en popularité. Sur la même période, sa croissance a été de 66 % en dehors de la Chine. En Europe et en Asie, la demande a été particulièrement forte, ces régions représentant plus de 75 % de l’adoption de cette chimie hors de la Chine.
Cependant, la situation est différente aux États-Unis, le seul marché où le LFP a enregistré une baisse. Cette diminution, d’environ 40 % entre janvier et novembre 2025, s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, Tesla a arrêté la production de son modèle Model 3 d’entrée de gamme avec batterie LFP au deuxième trimestre 2024, car il n’était plus éligible au crédit d’impôt du gouvernement américain. Par ailleurs, les droits de douane sur les véhicules électriques chinois ont également entravé le marché du LFP aux États-Unis.
De nombreux avantages
De plus, le gouvernement Trump a annulé ces crédits d’impôt, ce qui a réduit davantage la demande déjà en légère reprise. En outre, plusieurs constructeurs, tels que Stellantis et General Motors, ont décidé de diminuer leurs investissements dans l’électrique. Dans le reste du monde, cependant, le LFP continue de se développer, séduisant de plus en plus de marques non chinoises. L’adoption de cette technologie par ces dernières a ainsi augmenté de 47 % durant les onze premiers mois de 2025.
Qu’est-ce qui explique ce succès ? L’attrait majeur de cette chimie réside dans son coût, qui est inférieur à celui du NMC, et cela devrait continuer à être vrai alors que le prix du lithium diminue. De plus, de nouveaux gisements sont régulièrement découverts, éliminant le risque de pénurie. En revanche, cette technologie possède une densité énergétique inférieure à celle des batteries au nickel, mais cet écart tend à se réduire au fil des années.

La part de marché croissante du LFP est également due à l’expansion des ventes de véhicules par BYD. Le leader mondial de la voiture électrique équipe tous ses modèles avec des batteries utilisant cette technologie.
Ce qui contribue logiquement à accroître leur présence sur le marché. D’ailleurs, depuis 2028, plus de 95 % des véhicules électriques équipés d’une batterie LFP ont été fabriqués en Chine. Cela pourrait changer prochainement, car le géant chinois prévoit de produire ses véhicules en Europe grâce à une usine en Hongrie.

