Jeff Bezos est soupçonné d’avoir menti sous serment lors d’une audition à la Chambre

Jeff Bezos, fondateur et ex-CEO d’Amazon, aurait-il menti sous serment le 29 juillet 2020 ? C’est en tout cas ce qu soupçonnent cinq représentants américains qui demandent désormais des comptes à son successeur Andy Jassy.

En cause : une nouvelle enquête de Reuters publiée la semaine dernière. Elle dénonce les pratiques potentiellement anticoncurrentielles du géant de l’e-commerce Amazon. L’entreprise aurait utilisé les données de recherche et de vente de vendeurs individuels sur sa plateforme afin d’aider à développer les produits de sa propre marque. Une pratique à laquelle le patron de l’entreprise Jeff Bezos avait pourtant nié s’adonner lorsqu’il a témoigné sous serment devant le Congrès en 2020…

Citant le rapport de Reuters, un groupe de membres du Congrès a envoyé ce dimanche une lettre à l’actuel PDG d’Amazon, Andy Jassy, menaçant de demander au ministère de la Justice d’ouvrir une enquête criminelle.

« Au mieux, ce rapport confirme que les représentants d’Amazon ont trompé le Comité », écrivent les législateurs dans une copie de la lettre partagée avec le journal New York Post. « Au pire, il démontre qu’ils ont peut-être menti au Congrès en violation possible du droit pénal fédéral. »

Amazon nie en bloc

A la suite de ces accusations, un porte-parole d’Amazon a démenti, et déclaré que les rapports des médias étaient inexacts. « Amazon et ses dirigeants n’ont pas induit le comité en erreur, et nous avons nié et cherché à corriger le dossier sur les articles de presse inexacts, écrit le porte-parole dans un email au New York Post. Comme nous l’avons déjà déclaré, nous avons une politique interne, qui va au-delà de celle de tout autre détaillant dont nous avons connaissance, qui interdit l’utilisation des données individuelles des vendeurs pour développer des produits de marque privée Amazon. »

Dans la lettre des législateurs, l’avocat général associé d’Amazon Nate Sutton, qui a témoigné en 2019, l’avocat général David Zapolsky et le vice-président de la politique publique Brian Huseman sont également cités.

Amazon est actuellement confronté aux régulateurs antitrust des États-Unis, de l’Union européenne et de l’Inde, qui enquêtent tous sur la société pour avoir prétendument utilisé sa taille pour écraser la concurrence.

« Ce sont les vendeurs tiers qui supportent les coûts initiaux et les incertitudes lors de l’introduction de nouveaux produits ; en se contentant de les repérer, Amazon parvient à vendre des produits une fois que leur succès a été testé, écrivait la responsable de la Federal Trade Commission, Lina Khan, en 2017. Les implications anticoncurrentielles ici semblent claires ».