ISSÂ : Sophie Adenot communiquera-t-elle avec le public cinq ans après Thomas Pesquet ?
Sophie Adenot a quitté la Terre il y a trois semaines et partage des nouvelles de son quotidien dans la Station spatiale internationale (ISS) sur ses réseaux sociaux. À l’heure actuelle, elle est suivie par 195.000 personnes sur Instagram et 38.700 sur X.
Sophie Adenot a quitté la Terre depuis trois semaines. L’astronaute française, deuxième après Claudie Haigneré, a donné des nouvelles et partagé des éléments de son quotidien à bord de la Station spatiale internationale (ISS) sur ses réseaux sociaux. Instagram, X et d’autres canaux constituent les principaux moyens de communication des astronautes vers le grand public, qui attend avec impatience anecdotes et récits provenant de l’espace.

Les Français ont déjà vécu cette expérience avec Thomas Pesquet, le premier astronaute français de l’ère des réseaux sociaux. Son parcours est gravé dans les mémoires : le Normand a marqué les esprits lors de ses deux missions spatiales, Proxima en 2016-2017 et Alpha en 2021, grâce à ses superbes photos de la Terre prises depuis l’ISS. Chez 20 Minutes, nous nous sommes donc interrogés : quelle sera la stratégie de communication de Sophie Adenot pour capter l’attention du grand public, notamment après le succès de Thomas Pesquet ?
Une communication plutôt régulière
L’Agence spatiale européenne n’a pas répondu à nos questions sur le sujet. Néanmoins, il est clair que la Française, relativement active sur ses réseaux sociaux pendant son entraînement (un post tous les quelques jours), s’est acclimatée à l’ISS et nous donne depuis un aperçu de ce que pourrait être sa communication dans les mois à venir.
L’astronaute a publié plusieurs photos et vidéos, chacune accompagnée d’une description débutant par le nombre de jours depuis son départ et le nombre d’orbites réalisées autour de la Terre – « jour 005, orbite 0081 » pour son premier post –, suivie d’un récit de son quotidien et des missions qu’elle a menées. Ces publications rappellent son « journal de bord d’une astronaute », un format qui l’avait déjà fait parler de son entraînement. Sophie Adenot a ainsi mentionné ses premières semaines dans l’ISS, tout en exprimant son soutien aux victimes des récentes inondations en France.
Thomas Pesquet était inconnu en 2016
Actuellement, Sophie Adenot compte 195.000 abonnés sur Instagram et 38.700 sur X. Ces chiffres peuvent sembler faibles comparés à ceux de Thomas Pesquet, qui récolte 2,4 millions d’abonnés sur Instagram et 1,3 million sur X. Il est important de rappeler qu’avant sa première mission, Thomas Pesquet était peu connu du grand public. « Il était en entraînement, mais il n’était pas beaucoup médiatisé ! Avant sa mission, tout le monde me parlait de lui, mais je ne savais pas qui c’était », rapporte Marion Montaigne, illustratrice et scénariste de la BD Dans la combi de Thomas Pesquet (éditions Dargaud), qui a beaucoup échangé avec l’astronaute et ses équipes avant, pendant et après sa mission pour préparer le livre.
« Avant, c’est moi qui avais plus d’abonnés que lui ! », se rappelle avec amusement l’autrice. Juste avant son départ, en novembre 2016, Thomas Pesquet comptait « seulement » 57.000 abonnés sur Twitter et 63.300 sur Facebook, selon Ici Normandie. C’est pendant sa mission que son nombre d’abonnés a véritablement explosé : à son retour, son compte Twitter atteignait 551.000 abonnés, son compte Instagram 277.000 et son compte Facebook atteignait 1,4 million d abonnés, selon Ouest-France. « Il s’est passé avec Thomas [Pesquet] un phénomène que je n’explique pas, il a pris une envergure que je n’avais pas du tout anticipée », se souvient Marion Montaigne, qui raconte les coulisses de sa BD et son immersion dans le monde du spatial dans son nouvel ouvrage, Space Montaigne (éditions Charivari), à paraître le 22 mai.
Faut-il faire du Pesquet ?
Sophie Adenot doit-elle, elle aussi, publier des photos de la Terre pour toucher le grand public ? Pascale Baumeister, formatrice professionnelle et experte en communication personnelle et personal branding, ne le pense pas : « Personne n’est identique, donc on ne peut pas reproduire des choses qui ont marché pour quelqu’un avec une autre personnalité. » Pour l’astronaute française, l’enjeu est de « trouver le moyen de communiquer sur ce qui est réellement important pour elle, sur son point de vue, ses valeurs, sa vision du monde, en accord avec ses talents et compétences ».
Les personnes découvrant les publications de l’astronaute, qui étaient peut-être de fervents admirateurs des photos de Thomas Pesquet, pourront aussi réagir à d’autres aspects. « Il y a ceux qui vont être attachés au fait que c’est une Française, d’autres parce que c’est une femme, ou encore ceux qui réaliseront qu’il n’y a pas des millions de gens qui font ce qu’elle fait », explique Pascale Baumeister. S’il n’existe « pas de recette magique applicable à tout le monde », selon la spécialiste, l’essentiel demeure d’être « totalement authentique », de « parler de cœur à cœur » et de « trouver le moyen d’exprimer ce qui nous touche profondément ».
Notre dossier sur Sophie Adenot
Il est vrai que « on ne peut jamais toucher tout le monde », admet la formatrice. Cependant, en parlant de ce qui nous touche vraiment, une connexion s’établira naturellement avec certaines personnes. Pour l’heure, il est difficile de déterminer quelle sera la « spécialité » de Sophie Adenot dans l’espace, mais l’astronaute est déjà la vedette de plusieurs événements inscrits à son agenda : elle va, par exemple, lancer depuis l’ISS le Cercle Festival, un événement de trois jours consacré à la musique électronique, se déroulant du 22 au 24 mai 2026 au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget (Seine-Saint-Denis). Un événement qu’elle ne manquera certainement pas de mentionner dans un post : « Jour 098… » (nous n’avons pas eu le courage de compter les orbites).

